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CPI/Rwanda(Génocide): CONFIRMATION DE LA LIBERARATION DE CALLIXTE MBARUSHIMANA

Posté par Adolphe Habimana le 26 décembre 2011

 

 

Le rebelle hutu rwandais Callixte Mbarushimana, le 28 janvier 2011 devant la CPI à La Haye.
Le rebelle hutu rwandais Callixte Mbarushimana, le 28  janvier 2011 devant la CPI à La Haye.© Jeremy  Lampen/AFP

La Cour pénale internationale (CPI) a refusé lundi de suspendre  l’ordonnance de remise en liberté accordée vendredi à  Callixte   Mbarushimana. La demande émanait du procureur Luis Moreno Campo qui  estime que  la libération de ce haut dirigeant des rebelles hutu  rwandais, accusé de crimes  contre l’humanité et crimes de guerre,  pourrait entraver l’enquête dont il fait  l’objet.

Le secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda  (FDLR) Callixte Mbarushimana va bientôt quitter La Haye. Après  avoir refusé de confirmer les charges de l’accusation et ordonné sa libération  vendredi, la Cour pénale internationale (CPI) a rejeté lundi la  demande du procureur de suspendre l’ordonnance de remise en liberté du haut  dirigeant des rebelles hutu rwandais.

« La chambre préliminaire (…) rejette la requête de l’accusation » qui « vise à obtenir un effet suspensif de la décision, une mesure (…) que ne peut  prendre que la chambre d’appel », a indiqué la CPI dans une décision publiée sur  internet.

La CPI avait ordonné vendredi la libération Callixte Mbarushimana, ce à quoi  le procureur Luis Moreno-Ocampo avait immédiatement réagi, demandant à la  chambre préliminaire la suspension de l’ordonnance de remise en liberté.  Avançant le risque que sa libération puisse entraver l’enquête, il avait  également annoncé son intention de faire appel de la décision de ne pas  confirmer les charges.

La CPI a également refusé de donner suite à une autre requête du procureur.  Luis Moreno Campo demandait qu’en cas de rejet de sa demande concernant sa  libération, le dirigeant hutu ne puisse pas quitter les Pays-Bas, où siège la  CPI. Là encore, les juges ont estimé qu’il n’y avait pas de « base juridique  pour confiner la libération de Callixte Mbarushimana au territoire des Pays-Bas ».

Poursuites en France

Cette décision confirme le refus de la CPI de donner suite aux accusations  contre Mbarushimana de crimes contre l’humanité (meurtre, torture, viols, actes  inhumains et persécutions) et crimes de guerre (meurtres, tortures, viols,  mutilations, traitements inhumains, destruction de biens, attaques contre la  population civile et pillages) dans les deux Kivus (en RDC) en 2009.

Arrêté le 11 octobre 2010 à Paris où il vivait depuis 2002, en vertu d’un  mandat d’arrêt de la CPI transféré à La Haye le 25 janvier, Callixte  Mbarushimana clame son innocence. L’accusation affirme quant à elle qu’il a  contribué à la commission des crimes commis par les FDLR sur les habitants des  Kivus, à l’est de la RDC, en menant notamment une campagne médiatique  internationale.

Le groupe rebelle hutu est considéré comme l’un des principaux fauteurs de  troubles dans la région des Grands lacs africains. Plus de 15 000 cas de  violences sexuelles ont ainsi été recensés en RDC en 2009, selon le procureur de  la CPI.
Callixte Mbarushimana est toujours mis en examen en France  depuis le 21 décembre 2010 pour crimes contre l’humanité pour son rôle dans le  génocide rwandais.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Génocide rwandais : la CPI confirme la libération de Mbarushimana | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

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Sondage:homme politique le plus sexy

Posté par Adolphe Habimana le 26 décembre 2011

Sondage:homme politique le plus sexy  dans ACTUALITE barack1-300x199

C’est un véritable plébiscite. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a été désigné
homme politique le plus sexy en étant cité par 53% des
femmes
interrogées. Le chef d’Etat sera sûrement heureux de constater
qu’il n’a rien perdu de son sex-appeal à moins d’un an des
prochaines élections présidentielles américaines

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Cesaria Evora : décédée à l’âge de 70 ans

Posté par Adolphe Habimana le 21 décembre 2011

Cesária Évora, née le 27 août 1941 à
Mindelo sur l’île de São
Vicente
au Cap-Vert et morte
dans cette même ville le 17 décembre 2011[1], est une chanteuse capverdienne. Elle est surnommée La Diva aux pieds nus, surnom dû à son habitude de se
produire pieds nus, en soutien aux sans-abri, femmes et enfants pauvres de son
pays.

De sa voix rauque, elle a popularisé la morna, musique du Cap-Vert, auprès du grand public mondial.

Cesaria Evora : décédée à l’âge de 70 ans

La diva aux pieds nus n’est plus

Cesaria Evora : décédée à l'âge de 70 ans

Cesaria Evora, la « diva aux pieds nus », est décédée à l’âge de 70 ans. Le label de Cesaria Evora, Lusafrica, vient d’annoncer que la chanteuse a rendu l’âme samedi dernier.

Cesaria Evora est morte ce samedi 17 décembre alors qu’elle était hospitalisée pour insuffisance respiratoire et œdème pulmonaire. L’année dernière, la chanteuse a déjà subi une opération à cœur ouvert. Affaiblie, celle que l’on surnomme la « diva aux pieds nus », du fait qu’elle chante pieds nus lors de ses spectacles, a annoncé en septembre qu’elle se retirait de la scène musicale pour des raisons de santé.

Cesaria Evora est morte à l’hôpital Baptista de Soussa à Mindelo, le même où elle a vu le jour en 1941. A titre de rappel, la chanteuse s’est faite un nom dans le paysage musical en 1988, quand elle avait 47 ans, alors qu’elle a commencé à chanter bien des années auparavant (à l’âge de 16 ans). En 1995, son succès s’étend dans le monde grâce à un album qui lui valu un Grammy Awards. En 2003, elle est nominée pour la seconde fois, dans la catégorie « Musique du monde ».

La « diva aux pieds nus » a laissé deux orphelins : une fille et un fils.

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Observations sur le livre de Jean Baptiste Nkuliyingoma : Inkundura

Posté par Adolphe Habimana le 13 décembre 2011

Observations sur le livre de Jean Baptiste Nkuliyingoma : Inkundura

Le texte ci-après est tiré d’une longue note qu’Edouard Karemera a adressée aux journalistes Ally Yussuf Mugenzi de la BBC et Etienne Karekezi de la Voix de l’Amérique pour inviter les auteurs JB Nkuliyingoma, Enoch Ruhigira et Ferdinand Nahimana à un débat au sujet de leurs récentes publications.

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1. Ce n’est pas correct d’affirmer que les livres d’André Guichaoua[1] et d’Alison de Forges[2] sont une preuve solide de la planification du génocide (Inkundura, pages16-17).

Les deux auteurs ont comparu comme experts de l’Accusation dans plusieurs procès devant le TPIR. Leurs rapports d’experts ont fait l’objet d’évaluation par les juges, sur base des débats devant les Chambres du TPIR, entre eux et le Procureur d’une part et entre eux et les avocats des accusés, d’autre part. Aucune de ces Chambres saisies n’est arrivée à la conclusion que le Procureur avait apporté les éléments de preuve suffisants, permettant de conclure qu’il y a eu planification du génocide. Le livre d’Alison de Forges a été déposé dans plusieurs procédures comme une pièce à conviction et discuté comme telle. Aucun accusé du TPIR n’a été condamné pour génocide sur cette base. Le livre d’André Guichaoua est une reprise de son rapport d’expert dans l’affaire Karemera et al[3] disqualifié par la Chambre III dans sa décision du 25 octobre 2007. J’ai publiquement dénoncé les manipulations auxquelles s’est livré le Professeur André Guichaoua dans une lettre ouverte lui adressée, le 20 mai 2010, largement diffusée sur divers sites Internet[4] et, à toutes fins utiles, jointe comme annexe de la présente réflexion.

Pour peu que l’on se donne la peine de vérifier, on se rend vite compte que la référence aux livres d’André Guichaoua et d’Alison Des Forges pour soutenir la thèse du génocide des Tutsi rwandais, planifié de longue date, manque totalement de pertinence. Outre leur décision déjà citée du 25 octobre 2007, cet extrait de la décision du 16 novembre 2007 de ces mêmes juges sur demande en réexamen introduite par le Procureur, dans l’affaire Karemera et al, se passe de tout commentaire : « La Chambre reconnaît qu’André Guichaoua et Alison Des Forges ont probablement été d’une grande utilité au Procureur. Ils l’ont aidé à mettre au point son argumentation et à choisir les moyens de preuve pour l’étayer. Toutefois, le fait qu’ils lui aient accordé cette aide ne signifie pas que la Chambre a besoin de leurs dépositions pour statuer en l’espèce ». Les Juges ont estimé qu’André Guichaoua et Alison Des Forges avaient ouvertement pris partie contre les accusés et refusé de les entendre, en tant qu’experts.

Soumise à un contre interrogatoire serré par les avocats de la défense dans le procès « Militaires II », Alison Des Forges a fini par reconnaître qu’elle n’avait pas d’éléments de preuve lui permettant de soutenir qu’il y a eu planification du génocide au niveau national, par le gouvernement ou par l’armée. Quant à lui, André Guichaoua a ouvertement regretté que le Bureau du Procureur n’ait pas été capable de prouver sa thèse. Il l’écrit en ces termes au chapitre conclusif de Rwanda, de la guerre au génocide[5] : « En revanche, le Bureau du Procureur a continûment échoué à étayer la thèse centrale de l’entente entre les accusés – postulant une association et une organisation préalables, en vue de commettre le génocide – qu’il avait mise au cœur de sa stratégie de poursuite sur base de thèses défendues par des universitaires et des activistes des droits de l’homme[6]. Sauf deux jugements confirmés en degré d’appel[7], les preuves d’une entente fournies par la poursuite ont été jugées insuffisantes par la totalité des chambres quelle que soit la cause concernée ».

Sans doute qu’en lisant l’intégralité de ce chapitre 14 du livre pris comme référence à l’appui de ses affirmations, notre ami Nkuliyingoma comprendra pourquoi il faut être prudent avec les commentaires d’André Guichaoua. Car, dans le dossier rwandais, le professeur Guichaoua s’est avéré un partisan engagé, manipulateur et opportuniste[8]16. Suite au jugement du 18 décembre 2008 et après le colloque de Genève sur le bilan du TPIR dont André Guichaoua faisait partie du comité d’organisateurs, il était obligé de constater et reconnaître, avec beaucoup de regrets et à son corps défendant, que le Bureau du Procureur a été totalement incapable d’apporter la preuve de la planification du génocide. Il a ainsi écrit : « Les preuves fournies par le procureur dans 16 des 35 procès définitivement clôturés à la mi-2009 pour faire reconnaître par les juges la conspiration génocidaire ont, à cette occasion, à nouveau été jugées insuffisantes, alors qu’il en avait fait l’ axe central de son accusation pour ce procès phare[9]». Depuis cet aveu de Guichaoua, aucun nouvel élément de preuve n’a été fourni par le Bureau du Procureur et aucun des jugements intervenus depuis lors n’a conclu qu’il y aurait eu une quelconque planification du génocide des Tutsi rwandais.

2. Il n’est pas honnête de soutenir que la politique de Paix, d’Unité et de Développement suivie par le Président Habyarimana était une simple propagande politique, voire même un slogan vide de contenu (Inkundura, pages 24-25)

L’honnêteté intellectuelle devrait obliger Jean Baptiste Nkuriyingoma à reconnaître que, sous le régime Habyarimana, les Tutsi du Rwanda n’étaient pas les parias de la société, que la paix et l’unité nationale étaient des réalités vécues pour la grande majorité de la population rwandaise et que le développement pour tous était la priorité des priorités pour le Président Habyarimana.

C’est ici le lieu de renvoyer à l’approche suggérée par Ferdinand Nahimana et au témoignage de l’ancien directeur de cabinet de Habyarimana. Pour Nahimana, « les antagonismes entre Tutsi et Hutu, entre Nduga et Kiga se constatent chez les Rwandais Tutsi et Hutu, chez les ressortissants des régions Nduga et Kiga du niveau des élites »[10].

Pour Enoch Ruhigira, l’ethnisme et le régionalisme ont été deux problèmes mal gérés par le colonisateur, l’église et les différents acteurs politiques dans le pays. « Le dialogue inter-ethnique entretenu par les pouvoirs en place au Rwanda a toujours été compliqué par la stratégie de chaque ethnie de s’assurer la main mise sur le pouvoir. L’élite hutu, confiante en leur grand nombre, a toujours privilégié la gouvernance démocratique, mais l’élite tutsi croit qu’elle peut noyer l’avantage numérique du groupe hutu en refusant l’existence des ethnies au Rwanda »[11].

Ainsi donc, pour les deux auteurs, la responsabilité des divisions ethniques et régionales est à chercher au niveau des élites qui se battent pour accaparer le pouvoir et les avantages qu’il procure. A cet effet, le peuple dans ses différentes composantes est constamment instrumentalisé. Sans nul doute que, sans ces manipulations des élites, les Rwandais vivraient dans une totale symbiose.

Ainsi par exemple, les stratèges du FPR eux-mêmes ont été surpris par l’effectivité de cette symbiose nationale quand ils ont lancé leur agression contre le Rwanda, le 01 octobre 1990. Les élites hutu et tutsi de l’intérieure se sont mis ensemble et ont signé des pétitions dénonçant l’agression du Pays[12] tandis que la population dans toutes ses composantes ethniques et régionales se levait comme un seul homme pour soutenir son armée et repousser l’agresseur hors de nos frontières.

C’est ici le lieu de rappeler qu’après le débâcle du 30 octobre 1990, outre les appuis multiformes lui assurés par les nombreux et puissants parrains du FPR dont je ne parlerai pas ici, la nouvelle direction militaire a été obligée de changer la stratégie initiale et combiner la guerre classique avec le recours à la guérilla, au terrorisme et à la subversion[13] . C’est cette nouvelle stratégie que le général Kagame a utilisée pour briser la symbiose créée entre le peuple rwandais et son armée depuis 1973 et ainsi venir à bout de leur résistance.

Reconnaître la pertinence des choix politiques du Président Habyarimana et les résultats atteints dans les différents secteurs de la vie nationale ne revient pas du tout à nier les lacunes dans ces politiques et les échecs enregistrés dans leur mise en œuvre. Comme Ruhigira en a longuement témoigné, le Président Habyarimana avait pris conscience des insuffisances dans ses options politiques et des erreurs commises dans leur mise en œuvre. Il avait lui-même pris les devants pour tout corriger[14].

En lisant la note de bas de page no 150, pages 356-357 de son livre, j’ai cru y trouver la preuve que Jean Baptiste Nkuliyingoma reconnaissait, lui aussi, les effets positifs indéniables de la politique de développement pour tous privilégiée par le MRND, sous l’impulsion du Président Habyarimana. Personne n’est dupe du caractère ploutocratique et discriminatoire des options économiques du régime FPR , au vu de leurs effets néfastes sur le quotidien du peuple rwandais dans sa plus grande majorité.

3. Contrairement à la version des faits de Nkuliyingoma, des documents signés montrent que l’ancien Directeur général des Postes, Narcisse Munyambaraga, supervisait les activités d’encadrement des complices du FPR dans la ville de Kigali (Inkundura, page 52).

Jean Baptiste Nkuliyingoma comprend certainement qu’il n’est pas raisonnable de nier que le FPR avait des complices dans la ville de Kigali et ailleurs dans le pays, bien avant le déclenchement de son agression contre le Rwanda, le 01 octobre 1990. Mais le débat se situe au niveau de leur encadrement. Or, des documents attestant l’implication de Narcisse Munyambaraga dans les activités d’encadrement des complices du FPR dans la ville de Kigali existent bel et bien[15].

Il est fort possible que les personnes dont les noms figurent sur cette liste envoyée le 08 septembre 1992, à Narcisse Munyambaraga, par Mpambara Népo à partir de la capitale belge, n’étaient pas toutes liées aux activités du FPR dans le Pays. Cependant, il est significatif de constater que, depuis plus de quatre ans que le dit document a été publié, personne ne se soit manifesté pour contester, protester ou se féliciter de figurer sur cette liste. Je n’irai pas jusqu’à en conclure que « qui ne dit rien consent », mais tout de même !!!

4. La Commission nationale de Synthèse n’est pas à confondre avec la Commission de restructuration du MRND (Inkundura, pages 89-90).

Jean Baptiste Nkuliyingoma n’est pas fondé à soutenir que la Commission nationale de synthèse avait pour mission de réformer le MRND sans toucher à son statut de parti Etat, tel que défini à l’article 7 de la constitution du 20 décembre 1978. L’aggiornamento politique annoncé dans le discours programme du 15 janvier 1989 et relancé dans celui du 05 juillet 1990 est une idée longuement murie à partir des tournées présidentielles et des rencontres du Président avec les différentes catégories socio-professionnelles pendant la campagne pour sa réélection, étalée sur les années 1987 et 1988. La composition de la Commission et son mandat tels que renseignés dans la décision présidentielle no 01/90 du 24 septembre 1990 ne laissent pas de place à la suggestion spéculative avancée par Nkuliyingoma.

Pour éviter toute confusion, le Président avait anticipé sur les conclusions de la Commission nationale de synthèse et, en février 1991, créé la Commission de restructuration du MRND[16]. Le rapport de la Commission nationale de synthèse a porté essentiellement sur le projet qui donnera naissance à la nouvelle constitution du 10 juin 1991 avec la restauration du multipartisme. Le rapport de la Commission de restructuration du MRND a porté sur le projet des Statuts du MRND rénové, adoptés par le congrès constitutif du Mouvement Républicain National pour la Démocratie et le Développement, le 05 juillet 1991. Aujourd’hui, il n’y a aucun intérêt à amalgamer les choses, au point de confondre délibérément les deux commissions.

5. Dans son intervention au cours du Meeting du MRND à Ruhengeri, le 15 novembre 1992, le Président Habyarimana n’a pas qualifié de chiffons de papiers, les accords signés avec le FPR (Inkundura, page 111).

La propagande déjà virulente contre le Président Habyarimana s’est amplifiée avec la diffusion de la lettre lui adressée le 17/11/1992 par le Premier ministre Dismas Nsengiyaremye relativement à son intervention dans le meeting du MRND à Ruhengeri. Elle a atteint le sommet avec la sortie du rapport de la Commission internationale d’enquête sur les violations des droits de l’Homme commises aux Rwanda à partir du 01 octobre 1990.

Journaliste à l’époque et militant actif du parti MDR, Jean Baptiste n’a pas si facilement oublié le lobbying effectué dans toutes les ambassades, par les principaux dirigeants des partis d’opposition regroupés au sein des Forces Démocratiques pour le Changement, afin d’accréditer les fausses accusations contre Habyarimana contenues dans cette lettre. Car, comme confirmé par l’ancien ministre de l’Information Pascal Ndengejeho, dans son discours du 15 novembre 1992 à Ruhengeri, le Président Habyarimana n’a pas utilisé le vocable « Ibipapuro » ou de chiffons de papier[17]. C’est donc fort regrettable que Jean Baptiste Nkuliyingoma puisse écrire aujourd’hui que [Habyarimana]: « atangaza ko amasezerano atari ibipapuro ».

Répondant à l’avocat de Matthieu Ngirumpatse à ce sujet, Pascal Ndengejeho a reconnu avoir participé à la préparation de la lettre du 17/11/1992 à l’origine de la propagande mensongère contre Habyarimana. Il a textuellement déclaré : « Il avait dit : « La paix, ce n’est pas un papier. » « Amahoro si urupapuro… » – « urupapuro », ça s’épelle comme : U-R-U-P-A-P-U-R-O ; « urupapuro », qui veut dire « papier ». Nous, nous avons dit : « Amahoro si ibipapuro », ce qui pour quelqu’un qui n’est pas habitué à écouter la radio et à analyser (inaudible) la même chose – « ibipapuro », c’est : I-B-I-P-A-P-U-R-O. Donc, nous avons joué sur ces mots, et, par hasard, c’est passé, les gens qui avaient écouté, disons, en gros, le discours n’ont pas réalisé qu’on avait joué sur ces mots. Et nous avons conseillé le Premier Ministre, qui était aussi vice-président du parti d’opposition, nous lui avons conseillé d’intervenir en disant : « Mais comment peut-il dire que la paix, ce ne “sont” pas seulement de mauvais papiers, etc. Donc, nous avons joué sur ces suffixes et préfixes, etc., pour discréditer le MRND, c’est ce qui nous intéressait tout simplement »[18].

Si Nkuliyingoma croit que cette retranscription du témoignage de l’ancien ministre Ndengejeho n’est pas fidèle, je lui suggère de vérifier la teneur de sa déposition auprès de l’intéressé[19]. Il ne peut pas, 19 ans après les faits, continuer à relayer le mensonge inventé par Dismas Nsengiyaremye pour discréditer le Président Habyarimana et son parti.

6. Il n’y a pas eu de coup d’état ni de tentative de coup d’état par le colonel Bagosora après l’assassinat du Président Habyarimana. Bagosora n’a joué aucun rôle dans la formation du Gouvernement intérimaire. Jean Baptiste Nkuliyingoma s’est facilement fié aux mensonges d’André Guichaoua (Inkundura, pages 137-148).

Dans la troisième partie de son livre, Jean Baptiste Nkuliyingoma témoigne sur les conséquences tragiques de l’attentat terroriste du 06 avril 1994 qui emporta deux chefs d’Etats en cours de mandat et relève les graves responsabilités incombant à ses auteurs. A plusieurs endroits de son livre, Nkuliyingoma risque sa propre explication des événements en se fondant essentiellement sur sa compréhension de la situation et sur les documents auxquels il a eu accès. Les événements servant de base à son analyse sont pertinents et assez représentatifs pour donner une description significative de la situation.

Malheureusement, à plusieurs endroits de son récit, il n’a pas résisté à la tentation de relayer des présentations manipulées ou des interprétations volontairement faussées des événements. C’est particulièrement le cas dans les pages 137 à 148 où Nkuliyingoma résume au conditionnel, la version mensongère et manipulée par André Guichaoua avant de la publier dans son fameux livre « Rwanda, de la guerre au génocide 28»[20]. Dans ces pages, André Guichaoua livre à ses lecteurs une version arrangée du déroulement des événements depuis l’abattage de l’avion présidentielle, le 06/04/1994, jusqu’à la prestation de serment du gouvernement intérimaire, le 09 avril 1994.

Contrairement à cette fausse version empruntée par Nkuliyingoma à André Guichaoua, les archives du TPIR abritent une version confirmée, car suffisamment documentées[21], des séquences successives jusqu’à la mise en place du gouvernement intérimaire. Les principaux acteurs mis en cause devant le TPIR ont été entendus et leur emploi du temps a fait l’objet de vérification à travers les enquêtes menées par le Procureur. Les écrits publiés à chaud par Filip Reyntjens, André Guichaoua et Alison Des Forges à ce sujet ne font plus recette[22].

Je profite de cette opportunité pour contredire la suggestion hypothétique faite par Jean Baptiste Nkuliyingoma à la page 156 de son livre. Je lui demande fermement de retirer cette accusation infondée, reprise du livre déjà cité d’André Guichaoua[23]. Je conteste ces fausses accusations montées par Guichaoua, à partir des déclarations arrachées à Jean Kambanda pendant sa longue détention en isolement à Dodoma[24]. Je me demande pourquoi Nkuliyingoma ne tient pas compte de toutes les révélations faites par Jean Kambanda après sa condamnation à la perpétuité[25] et se contente de relayer les récits manipulés d’André Guichaoua.

7. Jean Baptiste Nkuliyingoma n’a aucune base pour impliquer les anciens dirigeants du MRND, Edouard Karemera, Matthieu Ngirumpatse et Joseph Nzirorera dans les assassinats d’Agathe Uwilingiyimana et Joseph Kavaruganda.( Inkundura, pages 348-349).

Il est vrai que les enquêtes pour tirer au clair les responsabilités dans les assassinats d’Agathe Uwilingiyimana et de Joseph Kavarunganda n’ont toujours pas été menées. Néanmoins, beaucoup a déjà été dit sur la négligence coupable et sur les responsabilités de la MINUAR dans l’assassinat de ces deux personnalités et celui des soldats belges envoyés incognito chez Agathe Uwilingiyimana par le général Dallaire, dans la nuit du 06 au 07 avril 1990, de retour d’une mission suspecte au Parc national Akagera.

Le procès jamais terminé du Colonel Luc Maréchal[26], probablement suite à la pression exercée par Kofi Annan sur le gouvernement belge, la mort inopinée du colonel Nubaha au moment où il s’apprêtait à déposer à décharge pour le Major Ntuyahaga ainsi que les jugements rendus par les Chambres du TPIR dans les affaires Bagosora et Ndindiliiyimana ne suggèrent nullement que les anciens dirigeants du MRND aient été impliqués dans ces assassinats. Au contraire, il est significatif de constater que dans aucune de ces procédures, il n’a jamais été question d’une quelconque implication des dirigeants du MRND dans l’assassinat d’Agathe Uwilingiyimana ou de Joseph Kavaruganda.

Le Procureur du TPIR lui-même n’a pas retenu ces allégations dans l’acte d’accusation monté contre eux. Dans ces conditions, sur quels éléments Jean Baptiste Nkuliyingoma se fonde-t-il pour insinuer qu’ils seraient impliqués dans ces assassinats ? Cette fois encore, il ne fait que relayer la version mensongère fabriquée par André Guichaoua[27], sur base de faux témoignages recueillis par le Procureur du TPIR auprès de Michel Bagaragaza[28], Epiphane Hanyurwimana[29] et Baltazar Ndengeyinka[30] pour ne citer que ces quelques cas à titre d’exemples. Seulement, le Procureur n’a fait comparaître aucun de ces témoins pour être confronté avec les accusés.

Edouard Karemera
24/11/2011.

Lire toute la note ci-dessous en fichier attaché

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[1] André Guichaoua, « Rwanda, de la guerre au génocide, les politiques criminelles au Rwanda (1990-1994) », paru aux Editions la Découverte,2010.

[2] Alison de Forges, « Aucun témoin ne doit survivre », paru aux Editions Karthala, 1999.

[3] André Guichaoua, Rapport d’expertise, Arusha (Tanzanie), février 2006

[4] Edouard Karemera critique le livre d’André Guichaoua, Arusha, mai 2010.

[5] André Guichaoua, op. cité, page.

[6] Ces universitaires et activistes des droits de l’homme dont parle Guichaoua sont notamment : lui-même, Filip Reyntjens, F.X. Nsanzuwera, Jean Pierre Chrétien, Jean François Dupaquier, José Kagabo, Alison Des Forges et Joseph Ngarambe.

[7] Ici, Guichaoua renvoie aux jugements de condamnations de Jean Kambanda et de Niyitegeka Eliezer. L’ancien premier ministre Kambanda a mis en cause l’Accord du 29 avril 1998 aux fins d’une plaidoirie de culpabilité dans deux importantes déclarations : Déclaration de Bamako datée du 23 septembre 2003 et Lettre du 01 novembre 2011 adressée à la Présidente du TPIR. Quant à Eliezer Niyitegeka, il a été condamné pour des faits survenus en préfecture Kibuye, postérieurement au 06 avril 1994 et, surtout, il est actuellement engagé dans une procédure de recours en révision de son jugement.

[8] Ainsi par exemple, Il n’a pas hésité à publier de larges extraits du Procès verbal d’audition de Gaspard Ruhumuliza du 24 février 2005, en taisant tout le débat devant la Chambre III du TPIR, à l’issue duquel le Procureur a avoué qu’il n’a pas voulu le faire comparaitre devant la Chambre pour subir le contre interrogatoire par la défense, parce qu’il avait des doutes sur sa crédibilité.

[9] André Guichaoua, op. cité, page 574.

[10] Ferdinand Nahimana, op. cité, page 104.

[11] Enoch Ruhigira, op. cité, page 70.

[12] Lettre ouverte adressée au Président Yoweri Museveni par les Universitaires rwandais et la lettre de soutien adressée au Président de la République, le 31/10/1991, par des hauts fonctionnaires d’origine ethnique tutsi.

[13] Lire à ce sujet : le Rapport du ministre de la justice du 27/08/1992 sur les attentats à la grenade et pose des mines ; le Rapport du ministre de l’intérieur du 05 septembre 1993 sur les cas d’attentats aux mines et explosifs ; le chapitre5 du livre d’Edouard Karemera «Drame rwandais. Les aveux accablants des chefs de la Minuar », consacré aux exactions des Brigades clandestines du FPR sur les populations innocentes, à travers tout le pays.

[14] Enoch Ruhigira, op.cité, page 42. Voir encore, les engagements explicites pris à partir de son message à la Nation du 05 juillet 1990, de lancer l’Aggiornamento politique.

[15] Lire dans « Drame rwandais. Les aveux accablants des chefs de la MINUAR », Annexe 7.

[16] La Commission nationale de synthèse était présidée par Edouard Karemera tandis que la Commission de restructuration du MRND était présidée par Faustin Munyazesa.

[17]Le discours du Président tel qu’intégralement enregistré, a été versé comme pièce à conviction dans l’affaire Karemera et consorts et peut être consulté dans les archives du TPIR.

[18] Affaire Karemera et al, ICTR 98-44-T, Transcrit d’audience du 21/09/2010, page 11.

[19] Les archives du TPIR abritent la traduction officielle de ce discours faite par le professeur Eugène Shimamungu entendu comme expert dans plusieurs affaires.

[20] André Guichaoua « Rwanda, de la guerre au génocide », 2010, pages 241 à 353.

[21]Il suffisait de consulter les transcrits d’audience et les pièces à conviction versées au dossier dans l’affaire Bagosora, ICTR et dans l’affaire Karemera et al, ICTR 98-44-T.

[22]Les rapports confectionnés par ces trois experts de l’Accusation ont été largement débattus dans les affaires précitées, opposant le Procureur du TPIR au colonel Bagosora et aux trois anciens dirigeants du parti MRND.

[23] André Guichaoua « Rwanda, de la guerre au génocide », 2010, page 339.

[24] Nkuliyingoma semble avoir repris du livre d’André Guichaoua, l’extrait que l’intéressé a lui-même tiré de l’audition de Jean Kambanda par les fameux enquêteurs canadiens, Duclos et Desaulniers, spécialisés dans la fabrication des fausses pièces à conviction. Jean Kambanda n’a pas été cité par le Procureur contre Karemera pour ne pas être confronté aux aveux mensongers, lui arrachés par des enquêteurs véreux de l’Accusation.et consignés dans le fameux Accord du 29/04/1998.

[25] Voir notamment : lettre du 11/09/1998 sur la Commission de Maitre Olivier Michael Inglis, la lettre du 04 juin2003 au chef des poursuites devant le TPIR, Madame Mélanie Werrett ainsi que la Déclaration de Bamako du 23/09/2003 ainsi que la toute récente lettre du 01/11/2011 à la Présidente du TPIR, pour ne citer que ces trois exemples.

[26]A ma connaissance, il n’y a jamais eu de publication de l’Arrêt en bonne et due forme signée par les magistrats qui ont siégé dans cette affaire.

[27] André Guichaoua , « Rwanda, de la guerre au génocide, les politiques criminelles au Rwanda », 2010, page 279.

[28] Ibidem page 258-259.

[29] André Guichaoua , « Rwanda, de la guerre au génocide, les politiques criminelles au Rwanda », 2010, pages 264-266.

[30] Ibidem, page 269-271.

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RDC – Présidentielle : Kabila admet des « erreurs » qui ne nuisent pas à la « crédibilité » du scrutin Lire l’article sur Jeuneafrique.com : RDC – Présidentielle : Kabila admet des « erreurs » qui ne nuisent pas à la « crédibilité » du scrutin | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

Posté par Adolphe Habimana le 13 décembre 2011

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Des partisans du président sortant Joseph Kabila, le 10 décembre 2011 à Goma.© AFP

Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le président Joseph Kabila a reconnu que le scrutin présidentiel du 28 novembre n’avait pas été parfait « à 100% ». Mais selon lui, les « erreurs » qui se sont produites n’entachent pas sa victoire, annoncée vendredi par la Ceni selon des résultats provisoires.

Annoncé victorieux de la présidentielle par la Ceni vendredi dernier avec 48,95% des voix contre 32,33% pour l’opposant Étienne Tshisekedi, Joseph Kabila rejette les accusations de fraude étayées par la société civile congolaise et même par l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Monsengwo. « Y a-t-il eu des fautes, des erreurs ? Bien sûr, comme lors des autres élections sur le continent ou ailleurs. Mais cela jette-t-il un doute sur la crédibilité de ces élections ? Je ne pense pas », a-t-il déclaré lundi lors d’une conférence de presse.

« Nous avons voulu organiser des élections parfaites. Avons-nous atteint cette perfection ? Pas à 100%, je le reconnais parce que c’est un énorme défi, mais comparé aux élections de 2006, ces élections étaient bien meilleures », a-t-il ajouté.

Kamerhe veut saisir la CSJ

Interrogé sur les récentes déclarations du Centre Carter, dont les observateurs ont relevé de « graves irrégularités » lors du processus électoral – sans pour autant remettre en cause le résultat du scrutin -, Kabila a estimé que l’ONG « était allée au-delà de ce qu’on attendait d’elle. (…) Je n’ai pas lu le rapport mais on m’en a donné un résumé. Ce qu’on doit probablement noter est que la crédibilité de ces élections ne peut pas être mise en doute », a-t-il répété.

Étienne Tshisekedi a annoncé son refus de recourir à la Cour suprême de justice (CSJ) de RDC pour contester le résultat des élections. Mais l’opposant Vital Kamerhe, arrivé 3e de la présidentielle avec moins de 8% des suffrages et qui reconnu la victoire de Tshisekedi, devait saisir lundi la CSJ.

(Avec AFP)

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Rwanda : les réfugiés à l’heure du choix Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Rwanda : les réfugiés à l’heure du choix | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

Posté par Adolphe Habimana le 13 décembre 2011

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Des réfugiés fuyant Kigali, le 11 mai 1994.© Gérard Julien/AFP

Les 100 000 réfugiés rwandais qu’il reste dans le monde vont bientôt devoir dire s’ils veulent rentrer chez eux.

Ils sont encore près de 100 000 dans le monde. La majorité d’entre eux (environ 63 500) vit en République démocratique du Congo (RDC), selon les chiffres fournis par Kinshasa au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L’Ouganda en héberge plus de 12 500, le Congo-Brazzaville 7 800, la Zambie 5 700, le Malawi 2 200, le Kenya 1 600, la France 2 200, le Royaume-Uni 1 300… Ils ont jusqu’au 30 juin 2012 pour décider librement de leur sort dans le cadre de la clause de cessation du statut de réfugié du HCR. Trois possibilités s’offrent à eux : le retour volontaire au Rwanda, l’intégration dans le pays d’accueil par naturalisation ou comme résident, ou bénéficier de l’exemption de la clause de cessation du statut de réfugié. Cette dernière disposition concerne essentiellement les personnes ayant subi « des traumatismes graves » et qui, bien qu’étant en sécurité, peuvent se sentir menacées.

Depuis 2009, la division Afrique du HCR « s’est penchée sur la situation des réfugiés de longue date et en fin de cycle pour clore leur statut en fonction des circonstances », explique Fatoumata Lejeune-Kaba, porte-parole de l’agence onusienne. Trois groupes de réfugiés sont concernés par cette démarche : des Rwandais, des Angolais et des Libériens. En ce qui concerne les Rwandais, le HCR estime que « les conditions qui ont prévalu à l’époque, c’est-à-dire le génocide de 1994, n’existent plus. Aujourd’hui, le Rwanda est capable de protéger sa population », ajoute Fatoumata Lejeune-Kaba. La clause de cessation du statut de réfugiés leur est donc applicable. « Ceux qui demandent l’exemption ont le droit de voir leur dossier étudié de façon équitable, sans limitation de date », poursuit la porte-parole.

Le HCR estime par ailleurs que 3 millions de Rwandais sont déjà rentrés volontairement dans leur pays. Ce chiffre comprend ceux qui ont fui le Rwanda lors du génocide de 1994, et ceux qui sont partis lors des violences de 1959 et 1972. Selon Fatoumata Lejeune-Kaba, Kigali souhaite voir tous les réfugiés revenir dans le cadre de la réconciliation nationale

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Côte d’Ivoire – CPI : Gbagbo comparaît lundi, le FPI rejette toute réconciliation nationale Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Côte d’Ivoire – CPI : Gbagbo comparaît lundi, le FPI rejette toute réconciliation nationale | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

Posté par Adolphe Habimana le 1 décembre 2011

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Laurent Gbagbo devant son dernier combat : celui de sa défense à la CPI.© AFP

Suite au transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye, le tribunal de la CPI va procéder à la comparution initiale de l’ancien président lundi prochain. Le FPI, parti pro-Gbagbo, annonce quant à lui qu’il se retire de tout processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire, à quelques jous des législatives prévues pour le 11 décembre.

Inculpé depuis le 23 novembre et incarcéré depuis mercredi dans le centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye (Pays-Bas), Laurent Gbagbo doit être présenté à ses juges « lundi 5 décembre à 14 heures ». Lors de cette « comparution initiale » l’identité de l’ancien président sera vérifiée et les charges qui lui sont reprochées lui seront signifiées.

Âgé de 66 ans, Gbagbo est soupçonné de crimes contre l’humanité lors des violences postélectorales de la crise ivoirienne de 2010-2011 : meurtre, viol, actes inhumains et persécution commis entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril, au lendemain de sa chute. « À l’issue de cette première comparution, la chambre préliminaire fixera la date de l’audience de confirmation des charges, étape suivante dans la procédure préliminaire », précise un communiqué de la CPI. « Ceci est le premier dossier en Côte d’Ivoire. Ce ne sera pas le dernier, ce n’est que le début », a commenté Luis Moreno-Ocampo, dont il s’agit certainement du dernier dossier en tant que procureur de la CPI.

Le départ de Gbagbo pour une justice perçue comme européenne n’en reste pas moins un choc pour la majorité des Ivoiriens, en particulier pour les derniers et irréductibles fidèles de l’ancien président au sein de son parti, le Front populaire ivoirien (FPI). Ce dernier a réagi très violemment en qualifiant le transfèrement de l’ancien président « d’enlèvement politique ».

« Victoire de la corruption »

C’est un événement qui consacre « la victoire de la corruption » et de « la magouille », a notamment dénoncé l’ancien porte-parole du président déchu, Justin Koné Katina. Surtout, le FPI annonce dans un communiqué qu’il « suspend sa participation à tout processus de réconciliation » nationale. Et donc, en tout état de cause, aux travaux de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par Charles Konan Banny.

L’opération de la CPI « n’est que la manifestation suprême d’une haine qu’ils vouent au président Laurent Gbagbo pour sa vision politique ancrée sur la souveraineté nationale. Elle finit de convaincre le FPI et ses alliés ainsi que l’opinion nationale et internationale sur le refus définitif de M. Alassane Ouattara de voir une Côte d’Ivoire réconciliée », ajoute le FPI.

En visite à Abidjan, Moreno-Ocampo avait promis le 15 octobre une enquête « impartiale » qui ciblerait « trois à six personnes ». On est encore loin du compte, malgré ses assurances. De fait, la plupart des militaires soutenant Ouattara ont été nommés à des postes stratégiques dans la nouvelle armée ivorienne. « La décision de poursuivre seulement le président déchu à ce stade risque d’être explosive sur le terrain », commente dans un communiqué Francis Dako, coordinateur pour l’Afrique de l’ONG Coalition pour la Cour pénale internationale, en mettant en garde contre une « justice des vainqueurs ».

« Absence de repentance » du camp Gbagbo, selon Soro

La procédure qui vise Gbagbo a été déclenchée le 3 mai dernier, lorsque Alassane Ouattara a demandé à la CPI d’enquêter sur les « crimes les plus graves » commis pendant la crise. Les juges avaient finalement autorisé début octobre le procureur à enquêter en Côte d’Ivoire, estimant qu’il y avait « une base raisonnable » de croire que des attaques avaient été commises contre la population civile à la fois par le camp de Laurent Gbagbo et par celui d’Allassane Ouattara, entre le 25 février et le 6 mai.

Autre réaction, celle du Premier ministre Guillaume Soro. « L’absence de repentance et le manque d’humilité du FPI ont conduit M. Laurent Gbagbo à la CPI », a-t-il déclaré mercredi lors d’une intervention au conseil des ministres. « Le FPI a rejeté la main tendue du président Alassane Ouattara par son refus de participer au gouvernement, son refus de prendre part aux prochaines élections législatives du 11 décembre, manquant ainsi de concourir à l’apaisement général et à la réconciliation nationale », accuse-t-il. Poursuivant : « Durant sa détention à Korhogo (nord), depuis le mois d’avril jusqu’au mardi 29 novembre, M. Gbagbo n’a entrepris aucune démarche en vue de nouer le dialogue avec vous. Bien au contraire, des mots d’ordre extrémistes ont été donnés par avocats interposés pour entraver la normalisation en cours ».

Troisième président poursuivi par la CPI

« Dans mon intime conviction, si le FPI était représenté au gouvernement, participait aux législatives et s’engageait dans la vraie réconciliation, ce serait autant d’espace et d’arguments qui auraient peut-être permis de tracer un tout autre destin pour leur dirigeant, » a conclu Soro.

Gbgbo n’est pas le premier ancien président à être jugé par la CPI : celui de l’ex-Yougoslavie, Slobodan Milosevic, était décédé dans sa cellule à La Haye, en mars 2006, avant même la fin de son procès devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Quant à l’ancien président du Liberia Charles Taylor, il est quant à lui dans l’attente d’un jugement dans son procès devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), à La Haye

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