Rwanda/TPIR : perpétuité pour la première femme reconnue coupable de génocide

Posté par Adolphe Habimana le 29 juin 2011

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Pauline Nyimarasuhuko

DR

Par RFI

C’est un verdict qui s’est fait attendre pendant dix ans dans le procès Butare au Tribunal pénal international pour le Rwanda qui siège à Arusha, en Tanzanie. A la barre, six accusés de génocide et crimes contre l’humanité.Deux anciens maires, deux anciens préfets, et Pauline Nyimarasuhuko, l’ancienne ministre de la Famille, seule femme détenue par un tribunal international poursuivie pour génocide et incitation au viol, ainsi que son fils, Shalom Ntahobali. Ces deux derniers ont été condamnés ce vendredi 24 juin 2011 à la prison à vie.

Avec notre correspondante à Nairobi

C’est la première femme condamnée par un tribunal international pour génocide et incitations aux viols. Pauline Nyiramasuhuko, ministre de la Famille pendant le génocide de 1994 au Rwanda, a été condamnée à la prison à vie, tout comme son fils Shalom Ntahobali, accusé dans le même procès, et qui selon l’accusation, a violé des femmes tutsi sous les encouragements de sa mère.

 

 

 

Les deux sont les accusés phare de ce procès. Ils ont été arrêtés en 1997 à Nairobi. Pauline Nyiramasuhuko a été mise en cause très peu de temps après la fin du génocide par les organisations des droits de l’homme, alors qu’elle avait pris la fuite à l’est du Congo avant de rejoindre le Kenya. Elle était devenue une des premières femmes ministres dans les années 90. Farouche antitutsi, elle était une des plus fidèles au parti au pouvoir de l’époque.

Le procès Butare a débuté en juin 2001. Il aura fallu attendre dix ans pour connaître le verdict. C’est le procès le plus long et le plus coûteux de l’histoire du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

source: rfi

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RDC : cinquante ans après, les Lumumba attaquent l’État belge

Posté par Adolphe Habimana le 28 juin 2011

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Patrice Lumumba salue les photographes alors qu'il quitte l'aéroport d'Idlewild, le 2 août 1960.

Patrice Lumumba salue les photographes alors qu’il quitte l’aéroport d’Idlewild, le 2 août 1960.© AFP

Cinquante ans après l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, le 17 janvier 1961 en RDC, sa famille a déposé une plainte contre l’État belge, avec l’espoir que la justice soit rendue à l’ancien Premier ministre congolais.

Le meurtre de Patrice Émery Lumumba sera-t-il un jour reconnu devant la justice ? Sa famille l’espère, qui a déposé une plainte contre l’État belge, le 23 juin, avec constitution de partie civile, devant le tribunal de première instance de Bruxelles. Cinquante ans après l’assassinat du Premier ministre congolais, le 17 janvier 1961 à Élisabethville (aujourd’hui Lubumbashi), chef-lieu de la province méridionale du Katanga alors en sécession, les plaignants souhaitent accéder aux archives secrètes de l’ancien colonisateur afin de savoir exactement quel rôle la Belgique a joué dans la disparition de Lumumba.

Trophés macabres

Les détails de l’assassinat de Lumumba sont connus depuis 1961. Tout le monde savait que son corps, après l’exécution, avait été dissous dans de l’acide pour, peut-être, effacer à jamais toute trace de son passage sur Terre. Dans un documentaire réalisé au début des années 2000, un de ses bourreaux belges déclarait, sans le moindre remords, lui avoir arraché quelques dents qu’il avait gardées comme de véritables trophées.

Des promesses belges… non tenues

En 2001, soucieuse de redorer son blason, la Belgique crée une commission d’enquête sénatoriale. Celle-ci aboutit à la reconnaissance par le royaume de sa responsabilité morale dans la mort de Lumumba et, surtout, à la mise au jour d’un élément nouveau, et de taille : l’implication personnelle du roi Baudouin, qui n’avait jamais pardonné à l’éphémère chef du gouvernement congolais son discours « iconoclaste » du 30 juin 1960. Beaux joueurs, les Belges iront jusqu’à présenter des excuses officielles à la RDC. Une promesse est même faite : financer une fondation destinée à promouvoir la démocratie. Elle n’a pas encore vu le jour…

Dix personnes encore vivantes sont visées

La plainte déposée à Bruxelles veut aller au-delà de la simple responsabilité morale. Elle vise en particulier dix Belges encore vivants (anciens policiers, militaires et responsables administratifs) liés, de près ou de loin, à l’exécution de Lumumba. Ils pourraient être poursuivis pour crimes de guerre. Mais étant donné que les principaux acteurs de cette tragédie sont morts, la bataille juridique, si elle a lieu, risque d’être longue.

L’assassinat de Lumumba, survenu en pleine guerre froide, a eu beaucoup de conséquences sur le destin de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC). Les plus graves sont les rébellions menées dans l’ouest, puis dans l’est du pays, par des gens se réclamant de celui que Mobutu, pourtant acteur majeur de son élimination, proclama héros national en 1966. L’épilogue sera l’arrivée au pouvoir, en 1997, de Laurent-Désiré Kabila. Il était déjà dans les maquis lumumbistes en 1965

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Rwanda/belgique:Ce que Kigali reproche au héros d’ »Hotel Rwanda »

Posté par Adolphe Habimana le 28 juin 2011

28/06/2011 à 17h:12 Par Jeune Afrique

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Le héros de 'Hotel Rwanda' a été entendu par la justice belge à la demande de Kigali.

Le héros de « Hotel Rwanda » a été entendu par la justice belge à la demande de Kigali.© AFP

Paul Rusesabagina, directeur adjoint de l’hôtel des Mille Collines au Rwanda, dont le parcours avait inspiré Hollywood pour le film « Hotel Rwanda » a été interrogé par le parquet fédéral belge à Bruxelles sur sa complicité présumée avec les rebelles hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Entendu le 20 juin à Bruxelles par le parquet fédéral belge en présence d’une commission rogatoire rwandaise, Paul Rusesabagina, directeur adjoint de l’hôtel des Mille Collines pendant le génocide de 1994, a été interrogé sur sa complicité présumée avec les rebelles hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) basées dans l’est de la République Démocratique du Congo.

« Nous avons toutes les preuves matérielles »

Rusesabagina, dont l’histoire personnelle – très controversée à Kigali – avait inspiré Hollywood pour le film Hotel Rwanda (2004), est accusé par la justice rwandaise d’avoir contribué au financement des FDLR via des transferts depuis les États-Unis. « Nous avons toutes les preuves matérielles, affirme à J.A. le procureur général Martin Ngoga – qui se refuse à établir un lien direct avec le cas de l’opposante Victoire Ingabire, dont le procès devrait s’ouvrir début septembre à Kigali –, mais ils sont l’un et l’autre clairement dans le même camp. » Ce sont deux officiers des FDLR arrêtés en 2010 au Burundi et extradés depuis au Rwanda qui auraient, documents à l’appui, « vendu la mèche »…

À noter que Rusesabagina, qui a quitté son pays en 1996, est particulièrement actif au sein de l’opposition à l’étranger et que les autorités rwandaises ont déposé auprès de la justice américaine une seconde demande de commission rogatoire

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Libye : la CPI lance un mandat d’arrêt contre Kaddafi

Posté par Adolphe Habimana le 27 juin 2011

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Mouammar Kaddafi à Tripoli le 2 Mars 2011.

Mouammar Kaddafi à Tripoli le 2 Mars 2011.© Mahmud Turkia/AFP

La Cour pénale internationale a lancé ce lundi un mandat d’arrêt contre Mouammar Kaddafi, accusé de « crimes contre l’humanité », mais aussi contre son fils Seif el-Islam et le chef des services de renseignements libyens, Abdallah el-Senoussi.

Il est le deuxième chef d’état contre lequel la Cour pénale internationale (CPI) a lancé un mandat d’arrêt, après le Soudanais Omar el-Bachir. Mouammar Kaddafi, au pouvoir depuis 42 ans en Libye, est désormais susceptible d’être arrêté à tout moment dès qu’il se rendra à l’étranger.

Le procureur Luis Moreno-Ocampo avait demandé aux juges de la CPI un mandat d’arrêt à l’encontre du « Guide » libyen dès le 16 mai, au motif de « crimes contre l’humanité ». M. Moreno-Ocampo avait alors annoncé la responsabilité de Mouammar Kaddafi dans les meurtres et persécutions qui ont cours dans le pays depuis l’éclatement de la révolte, le 15 février, laquelle a touché notamment les villes de Tripoli, Benghazi et Misrata.

Sont également concernés par des mandats d’arrêt le fils de Mouammar Kaddafi, Seif el-Islam, et le chef des services de renseignements libyens, Abdallah el-Senoussi, tout deux accusés des mêmes crimes que l’ex-n°1 libyen.

Le procureur a rappelé que la répression de la révolte avait provoqué la mort de milliers de personnes et entrainé le déplacement interne de 243 000 libyens, ainsi que la fuite à l’étranger de 650 000 autres personnes, selon les chiffres de l’ONU. (avec AFP)

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Rwanda:Afrique. La principale opposante à l’autocrate Paul Kagame est en prison. Un responsable de l’opposition parle.

Posté par Adolphe Habimana le 20 juin 2011

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Une résistante au Rwanda

 

Frédéric Pons le jeudi, 16/06/2011

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Victoire Ingabire Umuhoza Présidente depuis 2006 des Forces démocratiques unifiées (FDUInkingi), le principal mouvement d’opposition au régime auto cratique rwandais, Victoire Ingabire Umuhoza travaillait dans une multinationale aux Pays-Bas où cette économiste polyglotte (elle parle kinya rwanda, français, néerlandais, anglais) coordonnait les services comptables de vingt-cinq filiales.

En janvier 2010, elle décidait de revenir à Kigali pour « libérer le pays de l’emprise autoritaire et militaro-sectaire du FPR », le parti de Paul Kagame, président au pouvoir depuis 1994. Jetée en prison de façon arbitraire le 14 octobre 2010, d’abord mise au cachot dans des conditions déplorables, elle n’a pas pu recevoir la visite de son mari ni de ses trois enfants. Dans ce pays où les autorités continuent d’accuser des responsables français de “complicité avec le génocide de 1994”, Victoire est une opposante politique que Kigali voudrait faire taire définitivement. Le Dr Emmanuel Mwi seneza, un des responsables des FDU, nous explique son sort cruel, qui ne semble guère émouvoir les défenseurs autoproclamés des droits de l’homme

Quel est l’état de santé de Victoire Umuhoza ? L’ambassadeur des Pays-Bas au Rwanda, Frans Makken, lui a rendu visite le 1er avril. Son état physique et moral est plutôt bon. Elle reste déterminée, malgré une évidente détérioration de sa santé.

Que lui reproche le régime ? Victoire est une prisonnière politique et le pouvoir essaie de justifier son incarcération par des motifs criminels : terrorisme, atteinte à la sûreté de l’État, révisionnisme et idéologie génocidaire, divisionnisme et complicité dans des actes visant à renverser un gouvernement… Le gouvernement dit vouloir en finir avec cette « hooligan que les Occidentaux veulent placer à la tête du pays », et le parquet général requiert la perpétuité. Les journaux du pouvoir ne lésinent sur rien pour l’accabler. Tous ses dis cours ont été déformés, à commencer par celui au mémorial de Gisozi, où elle avait déclaré vouloir s’incliner devant les victimes du génocide tutsi de 1994, demandant aussi que les victimes hu tues puissent être commémorées.

Y a-t-il d’autres prisonniers politiques ? Beaucoup, mais certains ont disparu et personne ne sait où ils sont emprisonnés. Tous les présidents des partis d’opposition sont incarcérés et d’autres ont été assassinés, dont des journalistes.

La communauté internationale estelle indifférente ? Nous avons l’impression que, malgré quelques réserves çà et là, elle soutient toujours ce régime dictatorial, sans trop exiger en retour. L’opposition n’est pas suffisamment soutenue dans son combat pour l’État de droit et la démocratie. Réguliè rement accusée par le régime d’avoir soutenu l’ancien gouvernement, la France n’ose plus se montrer critique. Elle semble être aux abonnés absents. La Belgique, l’ancienne puissance de tutelle, semble elle aussi hantée par le retrait de ses militaires au début du génocide. Pour des intérêts de très court terme, d’autres puissances ne semblent pas avoir pris la mesure de la gravité de la situation.

Peut-on parler d’abandon ? Au moment où la communauté internationale se mobilise contre certains dictateurs, l’opposition rwandaise aurait aimé plus de soutien. Les condamnations des assassinats de journalistes ou d’hommes politiques restent très timides. Les crimes avérés contre l’humanité, révélés par le rapport d’enquête et d’évaluation du Haut Commissariat des droits de l’homme de l’Onu sur les violations graves perpétrées au Zaïre puis en RDC, entre mars 1993 et juin 2003, ne sont condamnés que du bout des lèvres. Ce régime conserve des soutiens inconditionnels qui, même devant l’évidence, refusent d’ouvrir les yeux.

Quelle peut être la suite ? Nous savons qu’il nous revient, à nous Rwandais, d’imposer le changement. Notre combat se poursuivra jusqu’à la libération de Victoire Ingabire. Nous continuerons aussi de demander l’enregistrement de notre formation, la reconnaissance de l’opposition, la révision de la Constitution, la définition claire de certaines accusations utilisées à tort et à travers pour museler l’opposition. Nous demandons le droit de mémoire pour tous, une justice équitable et la réconciliation nationale, qui doit commencer par un vrai dialogue inter-rwandais. Propos recueillis par Frédéric Pons

Photo © SIPA

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Rwanda/UNHCR(HCR):Fin du statut de réfugié pour les rwandais en 2011 : des associations s’offusquent

Posté par Adolphe Habimana le 20 juin 2011

13. juin | Par Ruhumuza Mbonyumutwa | Catégorie: A la une

Réfugiés rwandais fuyant l'avancée du FPR vers la Tanzanie 1996 © Martha Rial

Réfugiés rwandais fuyant l’avancée du FPR vers la Tanzanie 1996 © Martha Rial

C’est au cours d’une visite au Rwanda, au mois d’octobre 2009, que le gouvernement du FPR à Kigali avait demandé au Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, Monsieur Antonio Guterres, d’invoquer la clause de cessation prévue par la Convention de Genève de 1951 contre tous les réfugiés et demandeurs d’asile rwandais afin que ces derniers perdent leur statut au motif que le Rwanda serait devenu un pays sûr.
En réponse, le HCR a annoncé qu’il travaillerait avec toutes les parties concernées, dont le gouvernement rwandais et les pays d’accueil pour réfléchir à une possibilité d’application de la clause pour le mois de décembre 2011.
Lorsque la clause de cessation est invoquée, cela a en principe pour conséquence que la protection internationale accordée aux réfugiés n’est plus nécessaire. En pratique, cela se traduit par un retrait du statut de réfugié et la fin des droits et avantages liés à ce statut.
La clause de cessation peut être invoquée, pour des raisons « subjectives », c’est-à-dire liées à un individu comme par exemple un réfugié qui passe des vacances dans son pays d’origine ou pour des raisons « objectives », lorsqu’on estime que des changements fondamentaux durables et effectifs qui suppriment la crainte qu’avait le réfugié d’être persécuté se sont produits, c’est de cette dernière dont il est question dans le cas du Rwanda.
Mémorandum au HCR pour dénoncer cette éventualité

Face à cette possibilité d’invocation de cette clause, 28 associations d’Europe, d’Amérique et d’Afrique ont adressé un mémorandum au HCR dans lequel elles expriment « leurs profondes préoccupations » et ont lancé une pétition en ligne qu’elles invitent un maximum de rwandais et d’amis du Rwanda à signer.
Ces associations estiment que considérer la cessation de la protection pour les réfugiés rwandais est « extrêmement prématuré » car écrivent elles « les conditions qui ont envoyé tous ces rwandais en exil sont loin d’avoir cessé et dans certains domaines, elles se sont mêmes empirées » et elles donnent une liste non exhaustive de certains faits, qui appuient et justifient leur position.
Parmi ces faits, elles évoquent des discours haineux du président Paul Kagame à l’encontre des réfugiés dont celui du13 avril 2010 dans lequel il compare les rwandais qui fuyaient le pays à des « excréments » que le corps rejette automatiquement ou encore celui du 7 avril 2007 lors de la 13ème commémoration du génocide à Murambi, dans lequel Paul Kagame dit regretter ne pas avoir exterminé suffisamment de monde parmi ceux qui ont traversé la frontière en 1994 en fuyant ses troupes.
Ces associations évoquent également les crimes du FPR ainsi que leur impunité qui perdure encore à l’heure actuelle. En juillet 1996, les troupes du FPR ont pénétré au Congo ou elles ont massacré un nombre de réfugiés Hutu rwandais estimé à plus de 200 000, principalement des femmes et des enfants. Les associations soulignent que Paul Kagame lui-même a confirmé ces faits, quelques mois seulement après avoir rencontré le Haut Commissaire aux Réfugiés, dans son discours du 13 avril 2010 devant le Parlement du FPR, en ces termes« ceux qui devaient être rapatriés, on les a rapatrié, ceux qui devaient être tués, on les a tués » et il ajoute en anglais, « that’s what we did ».

Les associations rappellent que ces faits ont été confirmés dans un rapport du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies qui dit même que ces attaques systématiques contre des populations civiles, pourraient, si confirmées par un tribunal compétent, être qualifiées de génocide.
L’une des principales personnalités pointées du doigt dans le rapport est James Kabarebe, actuel ministre de la défense du Rwanda. Pour ces associations, la plupart des réfugiés que le FPR veut voir de retour, sont des survivants de ces massacres qui ont réussi à fuir.
Un des buts de cette manœuvre est de permettre au régime du FPR d’avoir un meilleur contrôle afin de pouvoir empêcher les survivants de cette hécatombe de pouvoir témoigner et ainsi confirmer ou apporter de nouvelles informations aux accusations contenues dans le rapport Mapping.
Parmi les autres crimes du régime du FPR pointés par ces associations, figure le massacre de Kibeho. Le 22 avril 1995 en effet, l’APR, la branche armée du mouvement a assassiné quelques 8000 déplacés internes en majorité des femmes et des enfants sous le regard de casques bleus et d’ONG internationales. Le général Fred Ibingira, qui commandait les troupes lors du massacre, n’a jamais été jugé et a même été promu au rang de lieutenant général le 22 avril 2010.

Situation des Droits de l’Homme toujours préoccupante
Après cette perspective historique, les associations dressent dans leur mémorandum un portrait du paysage politico-judiciaire du Rwanda d’aujourd’hui.
D’un point de vue judiciaire, alors que les Gacaca « avaient été applaudis par d’aucuns à leur création qui espéraient que ces juridictions allaient aider à révéler la vérité, punir les auteurs et aider à la réconciliation, elles ont été prises en otage par le régime » et utilisées par ce dernier comme un redoutable instrument de répression contre quiconque n’est pas apprécié par le régime pour une quelconque raison, ce qui a conduit à l’emprisonnement ou au confinent à l’isolation de dizaines de milliers d’innocents.
Les tribunaux ordinaires n’échappent pas à la critique des associations qui relèvent que des personnalités ont été kidnappées et détenues illégalement et elles concluent que si des personnalités peuvent être kidnappés et disparaître, cela doit être pire pour les citoyens ordinaires qui ne font pas les titres des médias.
Les associations dénoncent également la situation carcérale. Rwanda/UNHCR(HCR):Fin du statut de réfugié pour les rwandais en 2011 : des associations s’offusquent  dans ACTUALITE wpaudio-playLes prisons sont surpeuplées

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, par un nombre significatif de détenus qui, parfois n’ont jamais eu droit à un procès. Selon le Centre International pour les études sur les prisons, la prison de Gitarama est la deuxième plus surpeuplée au monde avec 6000 prisonniers dans un bâtiment prévu pour accueillir 500 personnes.

Prison de Kigali Photo d'Hervé Deguine

Prison de Kigali Photo d’Hervé Deguine

Le portait qu’elles dressent de la situation des Droits de l’homme n’est guère plus reluisant « les principales organisations de défense des Droits de l’Homme dont Amnesty, Human Rights Watch et Reporters Sans Frontières sont en première ligne pour dénoncer les abus du régime de Kigali sur ses propres citoyens » et elles ajoutent qu’il n’y a aucune liberté d’expression ou de la presse et encore moins d’espace politique au Rwanda, pays qui de facto, est un parti-Etat.
Victoire Ingabire, Déogratias Mushayidi, Bernard Ntaganda, les principaux leaders de l’opposition sont en effet incarcérés dans la prison 1930 de Kigali. Les journalistes sont encore moins bien lotis, le 24 juin 2010, Jean-Léaonard Rugambage, rédacteur en chef adjoint d’un des principaux médias indépendants, a été assassiné devant son domicile. En février 2011, ce sont deux femmes journalistes qui ont été condamnées à 7 et 17 ans de prison pour avoir critiqué le chef de l’Etat. Selon Reporters sans Frontières, « plusieurs journalistes rwandais, jugeant le climat irrespirable, fuient le pays chaque année ».
Rapatriement forcé des réfugiés : une priorité du régime depuis 1994
Dans la lettre d’introduction au mémorandum les associations trouvent très malheureux le fait que le président Paul Kagame, lui-même un ancien refugié, familier des dangers et problèmes de la vie de refugiés poursuive une politique qui aggrave les problèmes sociaux et politiques qui ont engendrés des réfugiés tout au cours de l’histoire du Rwanda plutôt que d’essayer de les résoudre.
Le rapatriement forcé des réfugiés est une des priorités du régime du FPR depuis 1994, comme l’explique Kayumba Nyamwasa dans une interview,à partir de la 50 ème seconde plusieurs survivants Hutus de la chasse à l’homme dans les forets du Congo, nous ont ainsi confié, qu’après ce qu’ils considèrent comme un génocide contre eux, ils ont été poursuivis, jusque dans les pays environnants.
C’est ainsi qu’une réfugiée qui est passé par des camps en Zambie nous a raconté que jusque dans ce pays, les soldats du FPR les ont poursuivis et enlevaient pendant la nuit des réfugiés, à majorité des hommes, qu’ils mettaient dans des camions en direction du Rwanda.
Pas plus tard qu’en juillet 2010 le même scénario de rafles de réfugiés s’est produit en Ouganda, ou près de 2000 réfugiés ont été rapatriés de force.
RFI rapporte que « dans l’immense camp de Nakivalé, dans le sud de l’Ouganda, les demandeurs d’asile rwandais ont été rassemblés au lieu-dit Base Camp, quand des véhicules de la police ougandaise sont arrivés, suivis par treize camions. Comme du bétail, sans bagages, sans eau ni nourriture, environ deux mille Rwandais ont dû prendre la direction du Rwanda.»
D’après Amnesty International, « cette opération a été menée en violation du droit international relatif aux réfugiés et aux droits humains. Les Rwandais, dont un certain nombre avaient obtenu le statut de réfugié, ont été contraints, sous la menace d’une arme, de monter à bord de camions. Plusieurs personnes, dont des femmes enceintes, ont été blessées au cours de l’opération. Un homme au moins est mort en sautant d’un camion. »
Selon Pascal Kalinganire, de l’organisation pour la paix, la justice et le développement au Rwanda qui a coordonné le mémorandum, seule une mobilisation massive afin de bloquer l’invocation de la clause de cessation permettrait d’éviter le même sort à des dizaines de milliers d’autres réfugiés dispersés partout dans le monde.

Ruhumuza Mbonyumutwa
Jambonews.net
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1. Cliquez ici pour signer la pétition
2. wpaudio-play dans actualité africaineCliquez ici pour écouter le témoignage d’une chercheuse de Human Rights Watch qui a écrit un livre sur les conditions carcérales au Rwanda

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3. wpaudio-playSi vous avez moins de temps, cliquez ici pour écouter un témoignage plus bref de la même chercheuse sur les conditions carcérales au Rwanda

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Rwanda/Politique:UN PROCES POLITIQUE CONTRE Mme VICTOIRE INGABIRE UMUHOZA

Posté par Adolphe Habimana le 20 juin 2011

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Ce lundi 20 juin 2011, s’ouvre à la Haute Cour de Kigali, le procès contre Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente des FDU-Inkingi, parti d’opposition que les autorités rwandaises refusent toujours de reconnaître. Officiellement, elle est accusée : d’idéologie du génocide, de collaboration avec un groupe terroriste, de divisionnisme, de propagation des rumeurs visant à soulever la population contre le pouvoir, de création d’une armée rebelle, de vouloir renverser le pouvoir par la force. Mais derrière ce maquillage judiciaire, se cachent en réalité des motifs politiques de la dictature du FPR comme nous allons le démontrer.

Mme Victoire Ingabire Umuhoza avait été présentée devant la même Cour, lundi 16 mai 2011, contre l’avis de ses avocats qui avaient demandé un délai de 3 mois pour être en possession de la traduction de plus de 2400 pages du dossier, afin de l’étudier avec leur cliente qu’ils n’ont jamais pu rencontrer sans la présence des éléments des services de renseignement rwandais. Elle avait été présentée à la cour avec quatre co-accusés: Tharcisse Nditurende, Jean Marie Vianney Karuta, Noël Habiyaremye et Vital Uwumuremyi. Ils étaient escortés par une multitude d’agents pénitenciers, de policiers et d’agents des services de renseignement (CID: Département des Investigations Criminelles). Cette équipe était dirigée par le chef de la police dans le district de Nyarugenge, M. Mutezintare, accompagné par le directeur de la prison centrale de Kigali, dite de « 1930 ».

a. Motifs politiques :

Depuis l’installation du pouvoir dirigé par le FPR-Inkontanyi, ses responsables ont instauré une tradition d’organiser des procès judiciaires dans le but d’écarter des opposants réels ou supposés. Dès l’entrée en fonction, le régime de Paul Kagame a jeté en prison des centaines des milliers de personnes accusées à tort ou à raison de participation au génocide. Si parmi ces prisonniers il y avait des personnes qui auraient pu participer au génocide, petit à petit, des personnes furent faussement accusées de ce crime dans le but de les exproprier de leurs biens ou pour les mettre hors jeu politiquement. C’est aussi ce que dit en substance le dernier communiqué de l’organisation Amnesty International[1].

Toutes les personnes qui ont, à un moment ou un autre, essayé de contredire les tenants du pouvoir, ont été poursuivies soit pour génocide, soit pour idéologie du génocide et ce, même après plusieurs années de bons et loyaux services envers ce régime. Les exemples ne manquent pas : l’ex-premier ministre Pierre Célestin Rwigema, l’ex-président du parlement Alfred Mukezamfura ou encore l’ancien sénateur Safari Stanley furent poursuivis et condamnés pour génocide, alors qu’ils avaient occupé ces hautes fonctions pendant plusieurs années. Tous ceux qui ont voulu se montrer critiques ou qui ont voulu quitter le FPR officiellement pour créer un parti d’opposition tels que l’ancien Président Pasteur Bizimungu, l’ancien ministre Charles Ntakirutinka, l’ex-candidat à l’élection présidentielle de 2003, le docteur Théoneste Niyitegeka, ont été poursuivis pour des crimes fabriqués de toutes pièces. La réalité est pourtant tout autre : les motifs politiques sont les principales raisons de ces procès.

Lorsque Mme Victoire Ingabire arrive au Rwanda le 16 janvier 2010, le régime est décontenancé devant la détermination de cette dame qui ne mâche pas les mots pour dénoncer le musèlement de la presse, les injustices sociales, des procès inéquitables et un deuil discriminatoire. Défier le général Paul Kagame et aspirer à être son challenger aux élections présidentielles, ne pouvait qu’attirer les foudres contre la Présidente des FDU-Inkingi. Le régime du FPR n’a pas lésiné de moyens pour trainer Mme Ingabire dans la boue tout en se cachant derrière les motifs judiciaires.

i. Persécution de Mme Victoire Ingabire Umuhoza dès son arrivée au Rwanda

Lorsque les FDU-Inkingi annoncèrent leur intention d’aller s’implanter au Rwanda en vue de participer aux élections présidentielles d’août 2010, les actes d’intimidation et autres menaces commencèrent pour dissuader les FDU-Inkingi de rentrer au Rwanda. Les premières tentatives furent évidemment le refus d’octroi des passeports aux candidats potentiels au retour au Rwanda en vue d’y implanter le parti. Ce refus n’entama en rien la détermination des FDU-Inkingi à rentrer au Rwanda pour y exercer les droits politiques reconnus par la Constitution en vigueur au Rwanda. Le gouvernement rwandais recourut alors aux médias qu’il contrôle pour diaboliser Mme Victoire Ingabire Umuhoza et au lobbying pour l’accuser d’avoir osé participer, avec des représentants des FDLR, à une réunion sur la réconciliation des Rwandais. Comble de l’ironie, le FPR avait été aussi convié et était représenté à cette réunion organisée à Barcelone par une ONG espagnole. Pourtant, tout le monde reconnaît que les FDLR font parti de l’équation à résoudre pour garantir une paix durable à la région des Grands Lacs en général et au Rwanda en particulier.

Les appels au lynchage de la Présidente des FDU-Inkingi furent lancés par les plus hautes autorités de l’Etat. L’unique quotidien rwandais, le pro-gouvernemental The New Times (TNT), se consacra à une série d’éditoriaux et d’articles, qui chaque jour, déformèrent, transformèrent les discours de Mme Ingabire, la dénigrèrent, la traitèrent de tous les noms d’oiseaux, l’accusèrent de défendre la thèse du double génocide, de propager l’idéologie génocidaire, de prêcher le divisionnisme, de porter atteinte à l’unité nationale, de collaborer avec les FDLR, etc. Les autres médias de l’Etat ou qui sont proches du pouvoir emboîtèrent le pas à TNT et relayèrent les appels au lynchage à son encontre. Son seul crime : avoir osé évoquer les poursuites contre les personnes responsables des massacres, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis contre les Hutus à l’instar des responsables du génocide contre les Tutsis. Elle est « coupable » d’avoir appelé à lutter contre l’impunité en pointant du doigt des crimes commis par l’armée du FPR. Or ces crimes ont été confirmés par ailleurs par le rapport de l’ONU « Mapping exercice » publié le 1 octobre 2010.

Le 3 février 2010, elle sera agressée dans l’enceinte du bureau administratif du Secteur Kinyinya. Comme cela ne suffisait pas pour décourager la présidente des FDU-Inkingi, la police prit le relais et commença à la convoquer quasi-quotidiennement pour des interrogatoires qui dureront des fois jusqu’à 10 heures par jour. L’épreuve d’usure psychologique entre alors en marche. Lorsqu’elle voulut prendre l’avion pour aller rendre visite à sa famille, la police l’en empêcha alors qu’aucun ordre de quitter le territoire ne lui avait été intimé précédemment. Le 22 avril 2010, elle est placée en résidence surveillée. En réalité, les torts majeurs reprochés à Madame Victoire Ingabire Umuhoza et son parti sont ceux d’avoir osé créer un parti d’opposition et d’avoir demandé que les personnalités politiques et militaires au sein du régime coupables présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité soient déférés devant la justice.

ii. Persécution des autres membres des FDU-Inkingi

En même temps que la campagne de diabolisation et d’agression contre Mme Ingabire s’intensifiait, les autres membres du parti qui ont osé s’affirmer comme tels ou soupçonnés de l’être, furent à leur tour persécutés, renvoyés de leur travail, battus et certains furent emprisonnés ou portés disparus. Alors qu’ils se préparaient à participer à une manifestation organisée par l’opposition[2] en date du 24 juin 2010, des centaines de membres des FDU- Inkingi ont été interpellés et battus par des policiers à Gishushu (Remera) ainsi que devant le ministère de la Justice à Kimihurura. Ils se rendaient à une manifestation pacifique devant le ministère pour demander au gouvernement de lever : le refus d’enregistrement des FDU-Inkingi ; les mesures restrictives et les fausses accusations contre leur présidente Mme Victoire Ingabire Umuhoza placé en résidence surveillée depuis le 22 avril 2010 et privée de ses droits publics élémentaires.

Deux membres du comité exécutif provisoire des FDU-Inkingi, M. SylvainSibomana, Secrétaire général, et Mme Alice Muhirwa, furent arrêtés et torturés par les éléments de la police nationale. Mme Alice Muhirwa sera hospitalisée plusieurs jours suite à ces maltraitances. D’autres responsables des FDU-Inkingi notamment ceux de la Ville de Kigali furent également battus, arrêtés et mis en cachot avec des membres du PS-Imberakuri dont leur président Me Bernard Ntaganda. Derrière les accusations criminelles portées à l’encontre de tous ces membres, se cachent des motifs politiques : aucun citoyen n’a le droit de manifester pacifiquement contre le régime et les lois liberticides taillées sur mesure afin de se maintenir indéfiniment au pouvoir.

iii. Refus d’enregistrement du parti FDU-Inkingi

Les FDU-Inkingi sont un parti d’opposition fondé en exil et qui a pris la décision de rentrer au Rwanda, y exercer ses droits politiques reconnus par la Constitution rwandaise et ce d’autant plus que les autorités rwandaises n’arrêtent pas de crier au monde entier que les portes sont ouvertes pour tous les réfugiés qui souhaitent rentrer dans leur pays. Lorsqu’elle arrive au Rwanda, Mme Ingabire entame directement les démarches administratives en vue de faire enregistrer les FDU-Inkingi, qui entre-temps avaient pu recruter les membres à l’intérieur du pays. Comme le prévoit la loi rwandaise sur les partis politiques[3], pour être agréé, chaque formation politique doit tenir une Assemblée Constituante, réunissant les représentants du parti de chaque district, selon une répartition imposée par cette loi.

Les FDU-Inkingi ont demandé à plusieurs reprises l’autorisation de tenir la Constituante, mais chaque fois cela leur fut refusé. Dans un premier temps, les autorités locales prétendirent qu’il fallait d’abord la permission de la police, ce que cette dernière rejeta, avant de se rabattre comme toujours sur des crimes supposés de Mme Ingabire, alors même que lors des premières demandes, elle ne faisait jusqu’alors l’objet d’aucune inculpation. Lorsque l’autorisation fut demandée par le premier vice-président du Comité Exécutif Provisoire, ce fut la même rengaine, alors que lui non plus, ne faisait l’objet d’aucune poursuite. L’évidence finit par s’imposer, le régime en place ne voulait d’aucune manière la reconnaissance d’un véritable parti d’opposition, mais pour tromper l’opinion, ce fut toujours les motifs criminels supposés de la présidente de Mme Ingabire qui furent mis en exergue.

b. Transformations des motifs politiques en raisons criminelles

Ce que tout le monde redoutait depuis un certain temps, notamment depuis l’entrée en scène du Président Kagame, arriva. Répondant à une énième convocation de la police anti-criminelle (CID), Mme Ingabire fût arrêtée le 21 avril 2010 vers 9 h GMT. Stupeur et consternation s’installèrent parmi ceux qui luttent pour la démocratie et qui rêvaient d’une amorce d’un changement démocratique et pacifique. Le même jour, elle fut présentée au parquet pour lui signifier qu’elle était inculpée pour idéologie du génocide, divisionnisme et collaboration avec un mouvement terroriste, les FDLR. Sa maison fut fouillée de fond en comble, ses ordinateurs, téléphones portables, flashs disc, SIM cards, CD’s, documents divers furent emportés par la police et elle fut emmenée au cachot où elle passa la nuit. Par ces documents la police a pu se procurer tout le fonctionnement des FDU-Inkingi, les noms de leurs membres qu’elle a commencé à intimider et à harceler. Le 22 avril 2010, Mme Ingabire sera mise en liberté sous contrôle judiciaire. Les harcèlements vont cependant continuer jusqu’à sa seconde arrestation le 14 octobre 2010 après une semaine de siège. Elle fut d’abord détenue à la station de police de Kicukiro avant d’être transférée à la prison centrale de Kigali, appelée « 1930 », où elle est détenue jusqu’aujourd’hui.

c. Les chefs d’accusation :

i. L’idéologie du génocide :

« Moi et ma formation politique FDU-Inkingi, fondée en 2006, reconnaissons qu’en 1994 il y a eu au Rwanda un génocide contre les Tutsi. Nous reconnaissons aussi qu’avant 1994, en 1994 et après 1994, il y a eu au Rwanda des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ayant visé les autres composantes de la population rwandaise. Ce sont des faits concrets auxquels nous avons assisté et qui ont été reconnus par l’Organisation des Nations Unies dans sa Résolution 955 du 08 novembre 1994. Nous affirmons aussi sans ambages que toute personne ayant une responsabilité dans ces crimes, qu’elle ait fait partie de l’ancien régime ou qu’elle fasse partie du régime actuel, doive répondre de ses actes devant la justice. Tous ces deux crimes sont graves et sont imprescriptibles mais nous n’avons jamais cherché à les comparer ni à exonérer les responsabilités des uns par les responsabilités des autres. Nous reconnaissons aussi que le crime de génocide est le degré le plus haut de l’inhumanité. Nous militons pour que la souffrance de tous les rescapés soit suffisamment reconnue et qu’une indemnisation spéciale leur soit accordée », Mme Victoire Ingabire Umuhoza, Communiqué des FDU-Inkingi du 03 mai 2010.

Cette déclaration est on ne peut plus claire et reprend ce que les FDU-Inkingi et sa présidente ont toujours dit publiquement. Il n’y a aucun doute sur la reconnaissance du génocide par les FDU-Inkingi et par sa présidente. Elle est donc victime de la délation mensongère du FPR qui veut liquider tout leader d’opinion en se servant de la loi n°18/2008 du 23/07/2008 sur l’idéologie génocidaire. Cette loi a été conçue d’une façon voulue vague et ambigüe comme outil de chantage, pour la faire peser comme l’épée de Damoclès, sur toute personne qui ne partage pas la pensée unique du FPR ou qui se hasarde à affirmer que le FPR a commis des crimes contre l’humanité, voire même des actes qui pourraient être qualifiés de génocide contre les hutus (Procès Peter Erlinder, V. Ingabire Umuhoza, Deo Mushayidi, Paul Rusesabagina, Ntaganda Bernard, etc. ).

Toute différence de point de vue sur les faits avérés de notre histoire récente, toute évocation des crimes et des victimes du FPR pendant le conflit de 1990 à 1994 et après, peut être assimilé à l’idéologie du génocide. Le ministre rwandais de la justice Tharcisse Kagarurama avait lui-même reconnu que cette loi posait problème, cela après que les organisations de défense des droits de l’homme telle que l’organisation Amnesty International avaient émis des réserves fortes dans ce sens, mais depuis lors rien n’a changé[4].

ii. Divisionnisme :

Les FDU-Inkingi sont une formation d’opposition. Cela n’est nullement un mystère que sur le plan de la gouvernance du pays et de la cohésion nationale les FDU-Inkingi sont en opposition totale avec le régime. Notre formation ne peut pas accepter de se ranger derrière le parti qui dirige actuellement le pays sous prétexte que ne pas avoir la même vision que le FPR est volontairement assimilé à du divisionnisme. La Constitution de notre pays, que le régime du FPR a mise en place lui-même, reconnaît le multipartisme, les citoyens ont en principe le droit d’avoir des projets politiques concurrents de ceux du parti au pouvoir. Dire au monde entier que les Rwandais sont sous le joug de la peur et d’un totalitarisme politique d’un autre âge, dénoncer une justice qui est sous la coupole de l’exécutif et des tribunaux populaires “gacaca“ qui ne permettent pas l’assistance par un conseil, dénoncer la famine criante dans les campagnes rwandaises et les bidonvilles, regretter que les soins de santé de base fassent défaut malgré l’affiliation obligatoire à une mutuelle de santé, et que l’accès aux écoles secondaires et supérieures soit soumis à des critères discriminatoires, condamner les violations graves du droit humanitaire et le pillage massif des ressources naturelles du Congo et demander que les auteurs de tels crimes soient poursuivis; c‘est cela que le régime appelle le divisionnisme et qui est reproché à la présidente des FDU-Inkingi.

iii. Collaboration avec un groupe terroriste :

La décision de rentrer pacifiquement faire la politique au Rwanda et contre un régime que nous savions dictatorial et irrespectueux des droits fondamentaux des citoyens n’a pas été simple et n’a pas été prise à la légère. Tous les scenarii pour résoudre les problèmes politiques du Rwanda ont été examinés avec leurs conséquences, et bien que nous trouvions la voie pacifique semée de beaucoup d’embûches, elle nous est parue la meilleure solution à long terme, car elle est la seule capable de garantir une alternance sans nouvelle effusion de sang et en préservant le tissu social rwandais.

En tant que politique, Mme Ingabire a effectivement rencontré un délégué des FDLR, à Barcelone en Espagne ; la rencontre était facilitée par des Organisations Non-Gouvernementales de ce pays. Beaucoup de participants ont pris part à cette rencontre, parmi lesquels une délégation venue du Rwanda dont un parmi eux s’est déclaré ouvertement d’appartenance FPR[5]. Les FDLR sont des Rwandais comme les autres, elles ont besoin d’être rassurées pour regagner le bercail sans avoir peur d’être accusées arbitrairement, et il n’y a rien d’anormal à ce qu’ils participent à une réunion ayant pour objet la réconciliation.

Les FDU-Inkingi sont en désaccord total avec la politique du gouvernement de « débauchage » de quelques dirigeants des FDLR, tout en privilégiant l’usage de la force contre tous les autres, comme si le gouvernement n’avait aucun intérêt à ce que le problème des FDLR soit résolu une fois pour toutes. Nous savons par expérience, que jamais le seul usage de la force n’a contribué à résoudre les problèmes ayant des origines politiques. C’est cette position politique qui vaut à la présidente des FDU-Inkingi d’être accusée de collaboration avec un mouvement « terroriste ».

iv. Propagation des rumeurs visant à soulever la population contre le pouvoir :

Les FDU-Inkingi sont une formation qui s’intéresse d’abord à la population. Lorsqu’ elles montrent tous les problèmes auxquels la population est confrontée, ce n’est pas elles qui doivent être accusées de soulever la population contre le pouvoir. C’est au contraire ce même pouvoir qui est à l’origine du mécontentement de la population, qui doit être dénoncé, à cause de sa politique qui privilégie les intérêts d’un groupe d’individus au détriment du reste de la population, exerce une justice politique qui fait la chasse aux sorcières, développe la délation pour semer la haine et les rancœurs entre les citoyens pour continuer à régner sur les divisions, ravage les cultures des agriculteurs pour les affamer et les maintenir dans la dépendance. Ce n’est donc pas un crime pour une formation d’opposition de pointer du doigt les problèmes majeurs auxquels la population fait face et auxquels le parti veut proposer des solutions alternatives.

v. Création d’une armée rebelle pour renverser le pouvoir par la force :

Connaissant les antécédents qu’il a créés lui-même, contrairement à l’assertion prétendant qu’il se soucie de l’intérêt de la sécurité du peuple rwandais, le FPR cherche à protéger à tout prix son système, et crie au loup chaque fois qu’un opposant ose se déclarer ouvertement contre son totalitarisme. En effet, ce régime, parce qu’il ne croit pas du tout en l’alternance politique par des voies pacifiques et démocratiques, a peur qu’une autre organisation ne cherche à rééditer ses exploits de conquête du pouvoir par les armes. Le Général Paul Kagame, à cause de sa gouvernance dictatoriale et des graves crimes contre l’humanité qu’il est soupçonné d’avoir personnellement ou par délégation commis, sait pertinemment qu’il ne peut pas gagner des élections libres et transparentes.

Les accusations selon lesquelles la présidente des FDU-Inkingi serait impliquée dans des actions militaires et dans la formation de groupes terroristes sont mensongères et des pures affabulations. Le procureur de la République appuie toute son accusation sur les déclarations d’un autre accusé devenu témoin clé, un certain Vital Uwumuremyi, qui affirme qu’il aurait proposé à madame Victoire Ingabire la création d’un mouvement rebelle CDF, et qu’elle aurait accepté le plan, et payé quelques milliers de dollars pour une étude de faisabilité. Personne dans la région n’est au courant de ce mouvement. Le même témoin clé a fourni une liste de complices, eux aussi ex-membres des FDLR, qui par hasard étaient déjà en prison avant le retour de l’accusée principale au Rwanda.

Autour des déclarations de ces accusés-témoins, le ministère public a construit une double accusation de création d’une rébellion, d’actes terroristes pour tenter de renverser le régime par la force. Heureusement que le ridicule ne tue pas ! Le parquet rwandais a même prétendu que le puits perdu de sa maison de location destiné à collecter des eaux de pluies serait une tranchée militaire. Aussi, ces délations soutenues par des prisonniers qui se rachètent ou sont payés aux gros sous par les services secrets, sont-elles dénuées de tout fondement et sont devenues monnaies courantes pour neutraliser ou emprisonner tous les opposants au régime du Général Kagame[6]. C’est ainsi que Déo Mushayidi, Bernard Ntaganda, Paul Rusesabagina, et caetera font tous l’objet du même chef d’accusation que Mme Victoire Ingabire Umuhoza.

vi. Complicité dans les actes visant à renverser le pouvoir par la force :

Toute formation d’opposition s’inscrit dans la ligne de remplacement du pouvoir auquel il est opposé. En choisissant de rentrer au Rwanda pour y faire la politique, les FDU-Inkingi ont annoncé clairement leur intention de remplacer le pouvoir du FPR par un pouvoir issu des urnes, c’est-à-dire issu du choix du peuple. Pour des raisons que nous avons expliquées, les FDU-Inkingi ont cependant exclu l’usage de la force et ont choisi la voie pacifique, la seule nous semble être la meilleure solution à long terme. Les FDU-Inkingi n’ont donc rien avoir avec ceux qui prépareraient le renversement du pouvoir par la force. C’est de nouveau un crime fabriqué de toutes pièces pour empêcher les FDU-Inkingi d’être en compétition pour le pouvoir.

d. Ingérences de l’exécutif et des autorités politiques dans le dossier judiciaire

Dans un Etat de droit digne de ce nom, le système exécutif est garant du respect de la Constitution. La Constitution rwandaise reconnaît l’indépendance du système judiciaire et l’égalité de tous les citoyens devant la loi. La présomption d’innocence est par ailleurs reconnue par la loi aussi longtemps qu’il n’y a pas eu de condamnation par un tribunal compétent.

Même si l’indépendance de la justice rwandaise est sujette à caution, les plus hautes autorités rwandaises, à commencer par la première d’entre-elles, le Président de la République, le Général Paul Kagame, n’ont pas attendu que la justice se prononce dans le dossier de Mme Ingabire pour l’accuser sans nuance aucune des crimes inventés de toutes pièces.

Le ballet des attaques fut initié dès le lendemain de son arrivée au Rwanda par le ministre de la sécurité intérieure et président du Parti Démocratique Idéal, un parti-satellite du FPR, Sheikh Mussa Fazil Harerimana. Dans son interview dans le quotidien indépendant pro-gouvernemental, The New Times[7], le ministre Harerimana charge Mme Ingabire et l’accusa de révisionniste et de négationniste et la menaça de poursuites pour la simple raison qu’elle avait osé dire que les victimes hutues du conflit rwandais devaient elles aussi à l’instar des victimes du génocide des Tutsis, être honorées dignement. Voilà la dialectique du FPR , évoquer les victimes hutues est assimilée à nier le génocide des Tutsis!

Dans le même ordre d’idées, le Secrétaire Exécutif de la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG), Jean de Dieu Mucyo s’en est pris violemment à Mme Ingabire qu’il accusa de divisionniste et en appela aux autorités pour trouver une suite appropriée. Le même discours fut poursuivi ensuite les partis satellites du FPR. M. Jean Damascène Ntawukuriryayo, président du Parti Social Démocratique (PSD) et porte-parole du Sénat d’alors, qui insinua que Mme Ingabire semait le doute sur l’existence du génocide commis contre les Tutsis., Ensuite M. Protais Mitali, président du Parti Libéral, qui accusa Mme Ingabire de jouer la carte ethnique[8].

A tout seigneur tout honneur, la palme d’or revient enfin au Président Paul Kagame lui-même. Dans un discours très remonté prononcé le 07 avril 2010, à l’occasion de la commémoration du génocide, le président Paul Kagame traita publiquement Mme Victoire Ingabire Umuhoza de « hooligan que les Occidentaux veulent placer à la tête du pays »[9].

Dans plusieurs sorties publiques, le président de la République se prit à elle, allant jusqu’à déclarer que Mme Ingabire allait se heurter à un « mur de lois » qui l’empêchera de se présenter à l’élection présidentielle. Il n’hésita pas à déclarer que « nous nous sommes battus et ce que nous [le FPR, ndlr] avons obtenu par les armes, ils ne nous le prendront pas par les urnes ». Dans un autre discours, il déclara que l’espace politique au Rwanda était pleine. Dès lors que le Président de la République parle en ces termes, on comprend aisément le lien entre la politique et la justice ainsi que la marge de manœuvre qui reste à cette dernière, qui désormais peut se mettre au travail pour exécuter les ordres venus de la présidence de la République.

e. Conclusion

Comme nous venons de le montrer tout au long de ce document, le procès intenté à Mme Victoire Ingabire Umuhoza est un procès politique destiné à écarter un concurrent politique dans le but de pérenniser la dictature du parti-Etat, le FPR. Dès que les FDU-Inkingi ont annoncé leur intention de rentrer faire la politique au Rwanda, les attaques de toutes sortes ont commencé et aucune initiative n’a été laissée de côté pour dissuader les FDU-Inkingi de rentrer au Rwanda. Du refus des passeports aux membres du parti qui souhaitaient rentrer au Rwanda avec la présidente pour implanter le parti, aux accusations sans fondement de collaboration avec les rebelles des FDLR opérant à l’Est de la République Démocratique du Congo, rien n’a été laissé au hasard. Voyant la détermination toujours intacte de la Présidente des FDU-Inkingi, les stratèges du régime ont opté pour la transformation sournoise des motifs politiques en raisons criminelles pour barrer la route aux FDU-Inkingi et à Mme Ingabire, leur présidente. La transformation de son discours au mémorial de Gisozi, la campagne médiatique haineuse menée par une presse du régime partisane, l’ingérence des autorités dans le dossier judiciaire, les attaques physiques dirigées contre Mme Ingabire dans les locaux administratifs du secteur Kinyinya, alors qu’elle y avait été invitée par les autorités pour des démarches administratives, le changement permanent des charges portées contre elles, la fabrication des témoins et des preuves par le procureur et les services secrets, le refus de laisser Mme Ingabire s’entretenir avec ses avocats en toute liberté, etc. sont autant d’éléments qui nous permettent de conclure que ce procès est politique et que sa solution ne peut être que politique.

Comme l’a dit le professeur Filip Reyntjens (chronique politique du Rwanda 2009-2010, Anvers, mai 2010), Mme Ingabire est en fin de compte victime d’avoir publiquement mis en cause les fondements même du pouvoir en s’attaquant à trois monopoles du FPR: a) le statut du FPR comme “autorité morale”, b) le statut des Tutsis comme “seuls victimes” du génocide rwandais, c) le statut des Hutus comme “criminels”. Ces trois piliers constituent en fait la base de la légitimité interne et internationale du FPR. Son régime a donc vu l’émergence d’une réelle opposition à l’intérieur du pays, qui revendique l’ouverture de l’espace politique, comme une menace d’une situation que le FPR considérait comme acquise, à savoir : le contrôle total de la politique et de la société rwandaise.

Mais alors, un pouvoir qui s’est imposée par la force et par conséquent illégitime, peut-il rendre justice ? Un pouvoir totalitaire usé, présumé criminel, népotiste, clientéliste, incapable de résoudre l’épineux problème de la réconciliation nationale et la plupart des problèmes auxquels sont confrontés nos concitoyens, ne mérite-t-il pas plutôt d’être remplacé par un pouvoir choisi par le peuple ? Nous tenterons prochainement d’apporter une esquisse de réponse à toutes ces interrogations

Fait à Paris, le 19 juin 2011

Pour le Comité de coordination

Dr Emmanuel Mwiseneza (sé)

Délégué à l’Information et à la Communication



[1] Amnesty International on Saturday called on Rwanda to stop using a law aimed preventing « genocide ideology » to stifle dissent and charge critics and journalists, in http://news.yahoo.com/s/afp/20110618/wl_africa_afp/rwandapoliticsrightsmedia_20110618152919

[2] Cette manifestation dont l’autorisation avait été demandée par le Parti PS-Imberakuri fondé par Me Bernard Ntaganda, aujourd’hui lui-même en prison, fut réprimée sauvagement par la police avant même qu’elle n’ait lieu.

[3] Loi organique n° 19/2007 du 04/05/2007, complétant la loi organique n° 16/2003 du 27/06/2003 : même si cette loi est conçue sur mesure pour dissuader les autres partis politiques de voir le jour, les FDU-Inkingi avaient décidé de la respecter et avaient réussi à remplir les conditions draconiennes imposée par cette loi.

[4] « Réagissant à ce texte, le ministre rwandais de la Justice Tharcisse Karugarama a estimé que ces lois ont été votées dans l’intérêt du Rwanda pour éviter la réédition du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. « Comme d’autres pays à travers le monde, le Rwanda a des lois sur l’idéologie du génocide pour que nous ne retournions jamais à la haine et au divisionnisme du passé », a expliqué M. Karugarama, dans un communiqué officiel dénonçant un rapport « inexact et partisan ». « Toutefois, dans le processus de reconstruction de notre pays et de développement de notre système de justice, nous sommes en train d’amender tous nos textes de loi », a-t-il expliqué. « Ainsi, les lois sur l’idéologie du génocide et le divisionnisme sont actuellement en cours de révision et nous les amenderons dans l’intérêt du Rwanda », a ajouté ce responsable, sans préciser la nature de cette révision. », (http://www.challenges.fr/actualites/medias/20110603.AFP3584/rwanda_amnesty_demande_la_revision_des_lois_sur_lideolo.html)

[5] http://www.veritasrwandaforum.org/dialeg/COMMUNIQUE_FINAL_DIALOGUE_INTRA.pdf

[6] http://www.hrw.org/en/news/2010/06/26/rwanda-stop-attacks-journalists-opponents

[7] The New Times, Monday 18th January 2010

[8] Idem

[9] http://www.rnanews.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3115:qforeigners-imposing-hooligans-like-ingabire-on-rwandaq&catid=17:politics&Itemid=36

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Rwanda/Génocide:Carla Del Ponte règle ses comptes avec la communauté internationale

Posté par Adolphe Habimana le 3 juin 2011

Rwanda/Génocide:Carla Del Ponte règle ses comptes avec la communauté internationale  dans ACTUALITE user_images_file_name_4178

Carla Del Ponte

| L’ex-procureure générale du TPIY a donné hier soir à Genève une conférence pleine de piment. Et d’humour
Andrés Allemand | 31.05.2011 | 23:10Elle rayonne, Carla Del Ponte. Elle fanfaronne, même, faisant rire les 400 personnes venues hier soir l’écouter à Uni Bastions, lors d’une conférence organisée par l’Association des diplômés de l’université. C’est que l’ancienne procureure générale du Tribunal pénal international pour l’ex- Yougoslavie (TPIY) sait que Ratko Mladic vient d’être transféré à La Haye. Cet homme que la Tessinoise a traqué durant ses huit ans de mandat va enfin être jugé. Ses efforts sont enfin récompensés.

Justement. Où a-t-elle trouvé la force de traquer les grands criminels tout au long de sa vie, s’interroge la journaliste Romaine Jean, chargée de canaliser les questions du public. D’où vient cette vocation? Carla Del Ponte éclate de rire. «J’ai choisi le droit au lieu de la médecine, parce que c’était seulement quatre ans. Et j’ai opté pour l’Uni de Genève, ça paraissait moins rébarbatif. Si je suis devenue pénaliste, c’est parce que ce n’était pas trop technique, il y avait du contact humain. C’est de là que vient ma motivation: en rencontrant des victimes qui réclament justice.»

Pour autant, il a fallu des années pour attraper Ratko Mladic. Qui faisait obstacle? «Dès le départ, Radovan Karadzic, Ratko Mladic et Slobodan Milosevic étaient les principaux suspects recherchés. Mais le troisième était président de la Serbie, donc intouchable. Par contre, le président des Serbes bosniaques et son chef militaire vivaient dans une Bosnie contrôlée par l’OTAN. L’ennui, c’est que la communauté internationale avait peur de créer du désordre. L’Alliance atlantique n’avait pas reçu mandat de collaborer avec le TPIY. Et quand elle a commencé, Karadzic et Mladic s’étaient déjà réfugiés en Serbie.»

«Même après la défaite politique de Milosevic en 2000 et son arrestation en 2001, son successeur Vojislav Kostunica refusait de m’aider à les traquer, rappelle Carla Del Ponte. Il me convoquait pour m’engueuler. Alors comme nous n’arrivions à rien, nous avons tenté de convaincre les pays de l’Union européenne de faire barrage à une adhésion de la Serbie. C’était difficile, il a fallu démarcher chaque capitale. Et Kofi Annan m’a écrit en me priant de ne pas mêler justice et politique. Je lui ai rappelé l’indépendance du procureur général.»

Et pourquoi juge-t-on les criminels serbes et non pas les kosovars? «Un procureur travaille avec le matériel qu’il peut avoir. Les crimes serbes, on en avait les preuves et les témoignages. Mais sur l’UCK (ndlr: l’armée de libération du Kosovo), nous avons ouvert trois enquêtes qui n’ont rien donné parce que les témoins se sont retirés. Je les comprends: le Kosovo est le seul endroit où j’ai vu des témoins assassinés après avoir participé à des procès.»

Que répond-elle à Bernard Kouchner, ancien administrateur du Kosovo, quand il affirme que les accusations de trafic d’organes sous l’UCK, c’est du n’importe quoi? «C’est lui qui dit n’importe quoi! Il n’a pas vu le rapport. Moi je n’y croyais pas mais j’ai ouvert l’enquête, c’était mon job. Et j’ai découvert qu’il y avait bien des indices concrets. Mais on n’a jamais
eu l’autorisation de se rendre en Albanie voir les fosses communes. La communauté internationale n’a pas voulu nous aider.»

Son grand regret, c’est le Rwanda. «Comme je voulais enquêter sur le génocide mais aussi les accusations pesant sur des hommes du président Kagame, j’ai été convoquée à Washington et on m’a annoncé que la justice rwandaise s’en occuperait. Puis Londres a proposé que le Tribunal pénal international sur le Rwanda ait désormais un procureur général différent de celui sur l’ex-Yougoslavie. J’ai été écartée. Et ces enquêtes n’ont jamais eu lieu.»

source:http://www.tdg.ch/carla-del-ponte-regle-comptes-communaute-internationale-2011-05-31

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