UGANDA/LIBYE:QUAND YOWERI MUSEVENI CRACHE SUR KADDAFI

Posté par Adolphe Habimana le 26 avril 2011

Kaddafi et moi

Yoweri Museveni (en gris) et Mouammar Kaddafi, à Kampala en 2010.

Yoweri Museveni (en gris) et Mouammar Kaddafi, à Kampala en 2010. © AFP

Président de la République d’Ouganda depuis 1986.

Quand Mouammar Kaddafi a pris le pouvoir, en 1969, j’étais étudiant en troisième année à l’université de Dar es-Salaam. Nous avons salué l’arrivée de cet homme qui se plaçait dans la tradition nationaliste et panarabe du colonel égyptien Gamal Abdel Nasser. Mais Kaddafi a vite commencé à poser problème à l’Ouganda et à l’Afrique noire.

Il a soutenu Idi Amin Dada. Idi Amin Dada a pris le pouvoir en Ouganda avec l’aide d’Israël et du Royaume-Uni. Ces deux pays pensaient que, parce qu’il était peu éduqué, il serait facilement manipulable. Mais Amin s’est retourné contre ses anciens alliés et c’est à ce moment-là que le colonel Kaddafi a décidé de lui apporter son soutien. Simplement parce qu’Amin était un « musulman » et que l’Ouganda était un « pays musulman », où les croyants étaient « opprimés » par les chrétiens. Amin a tué beaucoup de gens sans aucune forme de procès et Kaddafi a été associé à ces erreurs.

Il a brusqué l’Union africaine (UA). Sa deuxième erreur a été de vouloir imposer rapidement un gouvernement continental à l’Union africaine – un point de vue qu’il défend depuis 1999. Les Africains sont toujours polis. Ils ne cherchent pas à offenser les autres peuples et s’adressent avec attention et respect aux étrangers. C’est ce que l’on appelle chez nous l’obufura (en runyankore), le mwolo (en luo). Nous avons essayé d’expliquer poliment au colonel Kaddafi que les États-Unis d’Afrique n’étaient pas réalisables, ni à court ni à moyen terme. Nous avons préféré soutenir l’idée d’une communauté économique d’Afrique et, lorsque cela était possible, de fédérations régionales. Kaddafi n’a pas cédé. Il n’a pas respecté les règles de l’Union.

Il a voulu doubler les autres chefs d’État. Sa troisième erreur a été d’utiliser l’argent de la Libye pour interférer dans les affaires internes de nombreux pays africains. Un exemple : son implication auprès des chefs traditionnels d’Afrique noire. Parce que les dirigeants politiques avaient refusé de soutenir son idée d’États-Unis d’Afrique, Kaddafi a cru pouvoir les doubler et travailler avec ces rois pour parvenir à ses fins. Je l’ai prévenu, à Addis-Abeba, que tout roi ougandais qui s’impliquerait en politique aurait à répondre de ses actes, parce que notre Constitution l’interdit. En Éthiopie, j’ai insisté pour supprimer toute référence aux chefs traditionnels qui s’étaient exprimés au sein de l’UA, après y avoir été invités illégalement par Kaddafi.

Il a sous-estimé le problème du Sud-Soudan. Kaddafi est comme la plupart des dirigeants arabes. Il a soit provoqué, soit ignoré les souffrances des Noirs du Sud-Soudan, même s’il a, par la suite, demandé à El-Béchir de reconnaître les résultats du référendum. Cette injustice a créé des tensions et des frictions entre nous et les Arabes.

Il n’a pas dit non au terrorisme. Encore une fois, Kaddafi est comme certains dirigeants du Moyen-Orient qui ne prennent pas suffisamment leurs distances par rapport au terrorisme, même quand ils se battent pour une juste cause. Le terrorisme, c’est utiliser la violence de manière indiscriminée, sans faire de distinction entre cible militaire et cible civile. Les radicaux du Moyen-Orient, assez différents des révolutionnaires d’Afrique noire en cela, semblent penser que tous les moyens sont bons tant qu’il s’agit de combattre l’ennemi. Ils détournent des avions, commettent des assassinats, placent des bombes dans des bars. Nous sommes aux côtés des Arabes pour combattre le colonialisme. Mais les mouvements de libération africains se sont développés différemment : nous avons fait usage des armes, combattu des soldats, saboté des infra­structures, mais jamais visé des civils.

Ceci étant dit, force est de constater que le colonel a parfois aussi agi de manière positive, notamment en faveur de l’Afrique, de la Libye et des pays en développement. Voici pourquoi.

C’est un vrai nationaliste. Le colonel Kaddafi a toujours mené ses politiques intérieure et extérieure de manière indépendante. Je ne comprends pas la position des dirigeants occidentaux qui supportent mal les dirigeants indépendants d’esprit et qui leur préfèrent des marionnettes. Une marionnette ne fait jamais de bien à un pays. La plupart des pays qui ont quitté le statut de pays du tiers-monde pour atteindre celui de pays développés depuis 1945 ont eu des responsables indépendants. Et en Afrique aussi, nous avons eu un certain nombre de dirigeants indépendants : Nasser en Égypte, Nyerere en Tanzanie, Samora Machel au Mozambique. C’est ainsi que l’Afrique du Sud a été libérée. C’est ainsi que nous nous sommes débarrassés d’Idi Amin Dada. La fin du génocide au Rwanda, le renversement de Mobutu… tout cela a été obtenu grâce aux efforts de dirigeants indépendants. Quelles que soient ses erreurs, Mouammar Kaddafi est un vrai nationaliste.

Il a fait monter les prix du pétrole. Avant que Kaddafi ne parvienne au pouvoir, en 1969, le baril de pétrole coûtait 40 cents américains. Il a lancé une campagne visant à stocker le pétrole arabe jusqu’à ce que l’Occident se décide à payer plus. Je crois savoir que le pétrole est alors monté à 20 dollars le baril. Quand la guerre israélo-arabe de 1973 a éclaté, le baril est monté à 40 dollars. Je suis, du coup, surpris d’entendre que de nombreux producteurs de pétrole dans le monde, y compris des pays du Golfe, n’apprécient pas le rôle historique de Kaddafi sur ce sujet. L’immense richesse dont jouissent certains de ces producteurs est due, au moins en partie, au colonel.

La Libye lui doit beaucoup. Je n’ai jamais pris le temps d’analyser les conditions socio-économiques qui prévalent en Libye. La dernière fois que j’y suis allé, j’ai pu voir de bonnes routes depuis le ciel. À la télévision, on voit des rebelles qui se déplacent dans des pick-up sur de très bonnes routes, accompagnés par des journalistes occidentaux. Qui les a construites ? Qui a construit la raffinerie de Brega et ces usines où l’on se bat aujourd’hui ? Ces équipements ont-ils été mis en place sous le règne du roi et de ses alliés américains et britanniques, ou bien par Kaddafi ? En Égypte et en Tunisie, des jeunes se sont immolés parce qu’ils n’avaient pas trouvé de travail. Et en Libye, le conflit est-il économique ou purement politique ? C’est là un sujet sur lequel seuls les Libyens sont à même de trancher.

Avec les pays occidentaux, il y a toujours deux poids, deux mesures. En Libye, ils ont très vite imposé une zone d’exclusion aérienne. À Bahreïn, comme dans d’autres pays pro-occidentaux, ils ont fermé les yeux sur des situations identiques. Nous avons demandé aux Nations unies d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Somalie, pour empêcher le déplacement des terroristes liés à Al-Qaïda, qui ont tué des Américains le 11 septembre 2001, des Ougandais en juillet dernier et qui ont causé tant de mal aux Somaliens. Sans succès. Pourquoi ? N’y a-t-il pas d’êtres humains en Somalie comme il y en a à Benghazi ? Ou bien est-ce parce qu’il n’y a pas de pétrole en Somalie ? 

 

Extraits d’une tribune publiée dans son intégralité par le quotidien ougandais New Vision.

  • source:jeune afrique
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    Kagamé en France : relance de la coopération en vue ?

    Posté par Adolphe Habimana le 26 avril 2011

    La venue du président rwandais Paul Kagamé en France, finalement prévue pour début juillet, pourrait relancer une coopération devenue atone entre les deux pays.

    Prévue en avril et repoussée à la suite de la nomination d’Alain Juppé au Quai d’Orsay (considéré avec méfiance à Kigali en raison de son « passé rwandais »), la visite de travail officielle du président Paul Kagamé à Paris devrait avoir lieu début juillet. Ce sera la première fois que le chef de l’État rwandais se rendra en France, dans un cadre bilatéral, depuis son accession au pouvoir. Cette visite permettra-t-elle de relancer une coopération franco-rwandaise atone ? On peut l’espérer.

    En dehors de Technip (gaz méthane du lac Kivu) et de quelques PME, aucun investisseur français ne semble intéressé par cette destination. Sur le plan culturel, et considérant sans doute que le Rwanda est devenu un pays anglophone, la France est aux abonnés absents. Pour des raisons budgétaires, l’ambassade de France à Kigali n’a accordé en 2010-2011 que dix bourses (sur sept mille demandes !) à des étudiants rwandais. Très active au Burundi voisin, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) brille par son absence sur le terrain, en dépit du nombre toujours très important de locuteurs français. Quant aux visites de hauts fonctionnaires venus de Paris, elles sont rarissimes, même si aucun obstacle politico-juridique ne subsiste depuis la levée, en décembre 2010, de tous les mandats d’arrêt émis par le juge Bruguière.

    Pendant ce temps, les États-Unis accordent des bourses à tour de bras et débloquent 30 millions de dollars par an rien que pour la formation des futurs cadres de l’armée rwandaise.

    source: jeune afrique

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    France/Rwanda:Nouveau report dans l’enquête sur le crash de l’avion du président rwandais, en 1994

    Posté par Adolphe Habimana le 25 avril 2011

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    Article publié le 22 Avril 2011
    Par Philippe Bernard

    Source : LE MONDE
    Taille de l’article : 646 mots

      Extrait :L’attentat qui visait M. Habyarimana avait donné le signal du génocide. D’où sont partis les tirs qui ont provoqué le crash mortel du Falcon 50, l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994 ? La réponse à cette question, qui doit déterminer le responsable politique du génocide, devait être fournie à la fin du mois de mars par les cinq experts commis par le juge d’instruction parisien Marc Trévidic, qui enquête sur le crash. En réalité, leur rapport, issu d’investigations diligentées à Kigali en septembre 2010, les premières depuis seize ans dans ce dossier, n’a pas encore pu être finalisé.

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    France – Rwanda : Juppé fait un geste envers Kigali

    Posté par Adolphe Habimana le 21 avril 2011

    Le mémorial du génocide rwandais, le 9 avril à Cluny.

    Le mémorial du génocide rwandais, le 9 avril à Cluny. © D.R.

    Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, mal vu au Rwanda pour avoir occupé le même poste pendant le génocide a adressé un message encourageant à Kigali à l’occasion des commémorations des massacres.

    Le premier mémorial du génocide des Tutsis du Rwanda érigé en France a été inauguré le 9 avril à Cluny, en Bourgogne, ville où a grandi Sonia Rolland, l’actrice et ex-Miss France, née de mère rwandaise et que l’on sait active dans l’humanitaire à Kigali, où elle a vu le jour.

    La commémoration du 17e anniversaire du génocide, à laquelle assistaient dans la capitale du Pays des Mille Collines les Français Bernard Kouchner (à titre privé) et François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l’homme, a par ailleurs permis un certain dégel des relations entre Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, et l’exécutif rwandais – lequel avait vivement critiqué le retour au Quai d’Orsay d’un homme qui occupait le même poste lors des massacres de 1994.

    Dans une lettre remise à son homologue Louise Mushikiwabo via l’ambassadeur Zimeray, Juppé souligne que « la France se tient aux côtés des Rwandais et partage leur souffrance », qu’elle est « engagée dans le devoir de justice, de mémoire et de vérité, qui doivent aller de pair » et invite le président Paul Kagamé à se rendre en visite officielle à Paris – un projet qui avait été repoussé sine die suite à la nomination… d’Alain Juppé. Un message plutôt encourageant, mais qui reste loin du ton de Barack Obama, qui s’est adressé à Kagamé à cette même occasion. Le président américain félicite le Rwanda pour avoir publiquement approuvé l’intervention alliée contre Kaddafi et ne tarit pas d’éloges concernant « les efforts » de ce pays « pour améliorer le bien-être de ses citoyens, renforcer l’esprit de responsabilité et promouvoir la paix, la stabilité et le développement ».

    source: jeune afrique

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    Afrique:Est si c’était la fin de la dictature en Afrique.

    Posté par Adolphe Habimana le 14 avril 2011

    Sans doute le peuple se réveille sous l’effet de la mondialisation mais beaucoup reste à faire au fond du continent africain. Hormis quelques Etats comme l’Afrique du sud, le Sénégal,… ailleur c’est la loi du plus fort qui fait main basse sur le peuple.

    Hier ces têtes qui tombent en ce moment étaient ovationées mais aujourd’hui, ces hommes sont réduits à néan. Tous ceux qui gouvernent pour se maintenir au chaud sans penser à la détresse de leur peuple sont dépourvus de raison et d’humanisme. Quand est ce que le peuple va décider en Afrique? Restez informés….nous sommes au 21ième siècle, les dirigeants ont l’obligation de servir le peuple et non le contraire.

    emoticoneUne pensée pour les départs forcés des trois premiers

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    Zine el-Abidine Ben Ali (arabe : زين العابدين بن علي), né le 3 septembre 1936 à Hammam Sousse, est un homme d’État tunisien, président de la République du 7 novembre 1987 au 14 janvier 2011.

    Après divers postes au sein de l’armée et de la sûreté nationale, il devient ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Rachid Sfar puis remplace ce dernier comme Premier ministre. Il finit par déposer le président Habib Bourguiba « pour raisons médicales » et lui succède en sa qualité de dauphin constitutionnel. Son accession au pouvoir intervient à une époque où le pays est en proie aux luttes de succession, dont il fait partie, aux tensions politiques et économiques et à la montée de l’intégrisme[3], et avec une opinion publique partagée, selon Michel Camau[4], entre « le soulagement et le regret ».

    Sous sa présidence, l’économie tunisienne était classée, en 2007, première en termes de compétitivité économique en Afrique, selon le Forum économique mondial[5]. Sur le plan des libertés, des organisations non gouvernementales et des médias étrangers dénoncent régulièrement sa politique sur les droits de l’homme, inclinant vers la dictature, notamment par la répression de ses opposants et les atteintes à la liberté de la presse. Son régime fut également caractérisé par une généralisation de la corruption dont bénéficia principalement la famille de sa deuxième épouse Leïla, les Trabelsi, qualifiée selon les observateurs de « clan quasi-mafieux »[6]. Sa fortune personnelle, estimée à cinq milliards d’euros placés sur des comptes à l’étranger ou investis dans l’immobilier, serait essentiellement le résultat des détournements de fonds opérés durant les 23 années de sa présidence[7].

    Un mouvement de protestation populaire le contraint à quitter le pays le 14 janvier 2011. Il abandonne ainsi son poste de président de la République pour se réfugier à Djeddah, en Arabie saoudite.

     

     

     

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    TristeMohammed Hosni Moubarak (arabe : محمد حسني سعيد مبارك), transcrit traditionnellement Muhammad Hosnī Sayyid Selaaem Mubārak par les arabisants, parfois orthographié Hosni Mubarak ( حسني مبارك) ou simplement Hosni Moubarak, né le 4 mai 1928, est un homme d’État égyptien.

    Vice-président de la République arabe d’Égypte (1975-1981) au moment de l’assassinat du président de la République Anouar el-Sadate, en octobre 1981, il lui succède au poste de chef de l’État et se présente à la présidence de la République, élection qu’il remporte le 14 octobre 1981. Il reste au pouvoir jusqu’à sa démission le 11 février 2011, conséquence de la Révolution populaire égyptienne.

     

     

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        laurent Gbagbo Président                                                   Gbagbo déchu

    CriLaurent Gbagbo, de son nom complet Laurent Koudou Gbagbo, né le 31 mai 1945 à Mama, près de Gagnoa (Côte d’Ivoire), est un homme d’État, historien et écrivain ivoirien.

    Longtemps opposant à Félix Houphouët-Boigny, il est élu pour un mandat de cinq ans en 2000, face à Robert Guéï, à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, fonction qu’il occupe du 26 octobre 2000 au 4 décembre 2010 (jusqu’au 11 avril 2011 selon ses partisans). Son mandat est notamment marqué pendant plusieurs années par une crise politico-militaire qui coupe le pays en deux. L’élection présidentielle de 2010, qu’il a repoussé à six reprises, l’oppose à Alassane Ouattara. À l’issue de ce scrutin, il est considéré comme battu par la Commission électorale indépendante et la quasi totalité de la communauté internationale, mais déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel. Il refuse alors de quitter le pouvoir, ce qui entraîne une crise de plusieurs mois. Il est finalement arrêté par les forces d’Alassane Ouattara le 11 avril 2011.

    A qui le tour?

     

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