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Avant de mourir, le témoin Ruzibiza avait parlé au juge. Il a de nouveau dénoncé Kagame

Posté par Adolphe Habimana le 26 septembre 2010

La mort du témoin Abdoul Ruzibiza ne sera pas la bonne nouvelle escomptée pour Kigali. Avant de succomber, ce dernier a expliqué qu’il avait subi les pressions et les menaces des hommes de Kagame.

Le régime de Paul Kagame aurait bien aimé l’envoyer au septième ciel mais les tueurs du dictateur rwandais n’auront même pas à se salir les mains : Abdoul Ruzibiza a succombé à une maladie du foie à Oslo où il était réfugié. Ce nom ne dit évidemment rien à ceux qui ne sont pas familiers avec tous les rebondissements de l’interminable feuilleton rwandais. Et pourtant le défunt aura joué un rôle décisif dans la rupture des relations diplomatiques entre la France et Kigali à l’automne 2006 : c’est lui qui accusa ses anciens compagnons du Front patriotique rwandais (FPR), le mouvement de guérilla de Kagame, d’avoir organisé l’attentat contre l’avion du président hutu Juvénal Habyarimana, événement déclencheur du génocide de 1994.

Du coup, Ruzibiza se trouvait au cœur de la procédure de l’ancien juge Jean-Louis Bruguière, chargé de l’enquête ouverte après la plainte déposée par les familles de l’équipage français du Falcon 50 d’Habyarimana. Sans se soucier des conséquences diplomatiques, le magistrat anti-terroriste n’avait alors pas hésité à délivrer dix mandats d’arrêt contre de hauts responsables rwandais. Une offense inacceptable pour Kagame qui snoba et mobilisa contre la France pendant plus de trois ans avant de renouer récemment le fil à la demande pressante de son « ami » Bernard Kouchner.

Double revirement

Pendant cette période, une partie de la presse française (Libération et le Nouvel Observateur notamment) et internationale n’eut de cesse de dénoncer le parti pris supposé de Bruguière, la fragilité, voire l’absurdité des témoignages dont il disposait. Ils exultèrent quand, en novembre 2008, Abdoul Ruzibiza effectua un revirement inattendu, qualifiant « d’invention » ses précédentes dépositions, notamment l’existence d’un Network Commando chargé de l’attentat contre Habyarimana. Plus grave, il accusa Bruguière d’avoir voulu l’instrumentaliser.

Le 22 septembre, relatant le décès  dans le quotidien belge Le Soir, Colette Braeckman, figure de proue des journalistes convaincus que l’enquête de Bruguière n’était qu’une machination dénuée de tout fondement, semble presque soulagée. Elle note que la disparition de Ruzibiza intervient alors qu’une récente mission à Kigali des juges d’instruction français Marc Trevidic et Nathalie Poux, les successeurs de Bruguière a « pulvérisé certaines constructions intellectuelles… ». Il manque juste au grand reporter du Soir une information capitale : au mois de juin dernier, entendu par le juge Trevidic, Abdoul Ruzibiza a confirmé l’intégralité de ses toutes premières dépositions sur l’implication de plusieurs membres du FPR dans l’attentat.

Pourquoi s’être alors parjuré en 2008 ? « La peur, la trouille d’être supprimé, explique Pierre Péan, l’auteur de « Noires fureurs, blancs menteurs » qui fût l’un des tous premiers à prendre au sérieux les déclarations de Ruzibiza. Le journaliste a eu accès au verbatim du défunt. Il est on ne peut plus clair : « Pourquoi êtes vous revenu au cours de diverses entrevues sur le contenu de vos auditions en France », interroge le juge. « La réponse générale est liée à ma sécurité personnelle et à celle de certains témoins. » Hélas pour Colette Braeckman et quelques autres, la mort d’Abdoul Ruzibiza n’est pas une fin. La bataille pour la vérité continue. Quelle qu’elle soit.
Alain Léauthier – Marianne 
jeudi 23 Septembre 2010

Source : www.marianne2.fr

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Rwanda : Adbul Ruzibiza serait mort

Posté par Adolphe Habimana le 23 septembre 2010

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Lt Abdul Ruzibiza

D’après nos informations, Abdul Ruzibiza, ancien lieutenant rwandais de l’APR  et témoin clé de l’attentat contre le président Juvénal Habyarimana serait décédé en Norvège. Une information à prendre avec la plus grande prudence puisqu’elle n’a pas encore été confirmé officiellement.

Abdul Ruzibiza avait déclaré faire partie du commando qui avait abattu l’avion présidentiel le 6 avril 1994 mettant en cause Paul Kagame. Il s’était brutalement rétracté en 2008 affirmant que son témoignage était une invention. Ironie du sort, Ruzibiza venait de d’être réinterrogé par le juge Trévidic dans le cadre d’une nouvelle enquête sur l’attentat sans révéler qui se cachait derrière son faux témoignage. Si l’information est confirmée, ce décès intervient dans un contexte très particulier. L’enquête de Marc Trévidic  semble en effet mettre à mal la thèse du juge Bruguière qui imputait la responsabilité de l’attentat au FPR de Paul Kagame… le témoignage d’Abul Ruzibiza était donc très attendu sur la question. Pour l’heure le décès d’Abdul Ruzibiza n’a pas été officiellement confirmé.

Plus d’infos sur www.afrikarabia.com

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Le général Kayumba Nyamwasa s’apprêterait-il à lancer une attaque contre le Rwanda ?

Posté par Adolphe Habimana le 22 septembre 2010

Kris Berwouts, Directeur de l’ONG Eurac, vient d’effectuer une mission dans la région des Grands Lacs. Il est d’avis que le général Kayumba Nyamwasa, avec l’aide active de Museveni, essaye de forger des alliances avec des groupes qui pourraient être mobilisés contre le régime rwandais.

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Kagame  et Nyamwasa

Pas d’Opération Umoja Wetu II, ouverte  ou cachée.

L’année 2010 est pleine d’émotions et d’événements en Afrique Centrale. Les élections burundaises ont confirmé le Président Nkurunziza dans son mandat, mais en cours de route on a perdu l’opposition. Ceci crée un risque que le pays retombe dans le conflit et dans le monopartisme, qui écarteront le pays du défi principal : mettre en place une lutte effective contre la pauvreté, gérée par la bonne gouvernance.

La RDC a fêté son Cinquantenaire. Le Chef d’Etat l’a capitalisé comme plate-forme de lancement de sa réélection qu’il désire organiser dans un environnement politique aussi contrôlé que possible. Mais les institutions de la Troisième République n’ont toujours pas atteint leur rythme de croisière et le gouvernement n’arrive pas à renverser la dynamique de désintégration à l’Est.

Au Rwanda, la réélection de Kagame a pris des tournures inattendues. La formalité festive à laquelle il s’attendait a été troublée non seulement par une opposition réellement antagoniste mais surtout par le fait que des personnes qui ont longtemps fait partie du cercle intime du pouvoir se sont tournées contre lui. La fuite du Général Kayumba a créé un pôle autour duquel les différentes formes de mécontentement pourraient se cristalliser. Du coup, l’armée rwandaise n’est plus l’épine dorsale du régime, mais son tendon d’Achille.

Dans les trois pays nous observons au même moment une perte de crédibilité du processus de démocratisation avec des répercussions graves sur la sécurité. En août, j’ai fait une mission pour mieux comprendre dans quelle mesure l’opposition des généraux dissidents contre Kagame a des répercussions sur le paysage politico-militaire à l’Est du Congo. J’ai parlé avec beaucoup d’acteurs sur la scène politico-militaire, des amis de la société civile et des personnalités occupant des postes-clé dans les institutions internationales. Je conclus que Kayumba, avec l’aide active de Museveni, essaye de forger des alliances avec des groupes qui pourraient être mobilisés contre le régime rwandais. La partie du CNDP qui est restée fidèle à Nkunda par exemple, et qui n’a jamais digéré son arrestation. Ou le FRF. Le FPLC, de toute évidence. Certains groupes Mai Mai. Une partie même des FDLR. Aussi les personnes qu’Agathon Rwasa essaye de mobiliser, non seulement dans les milieux FNL mais aussi dans des cercles d’ex-FAB mécontents, sont ciblés comme des alliés potentiels. Mais je constate aussi qu’on n’est pas encore très loin dans la démarche et que c’est très peu probable qu’une alliance anti-Kagame soit opérationnelle à court terme. J’ai plutôt l’impression que Kayumba essaye de s’établir une base arrière sur le territoire congolais à moyen terme.

Dans ce contexte, une nouvelle opération militaire conjointe entre le Rwanda et le Congo, ouverte ou cachée, appelée Umoja Wetu ou sous un autre nom, n’apportera rien à la stabilité régionale. Elle aura le même impact négatif que toutes les autres opérations militaires depuis janvier 2009 : elle dispersera et radicalisera les acteurs armés sur le terrain. Elle fera des dégâts dans la population civile et elle annihilera l’espace pour des voies négociées vers une démobilisation volontaire. Elle ne contribuera en rien à la paix durable. Il s’agira d’une démarche machiavélique où Kagame aidera Kabila à établir un certain contrôle sur l’Est du Congo pendant que Kabila permettra à Kagame de démanteler tout ce qui s’organise sur le territoire kivutien contre lui. Le levier n’est pas dans les opérations militaires mais dans le dialogue et dans l’inclusivité.                                                              

Kris Berwouts 
Directeur Eurac
21/9/2010

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Paul Kagame aura-t-il le temps de préparer sa succession ?

Posté par Adolphe Habimana le 22 septembre 2010

 

Par AD Kagyire

kgm2.bmp Les despotes dictateurs du monde, de tous les temps et de tous les lieux ont un point en commun, malgré le grand écart de temps et d’espace qui peuvent les séparer : lorsqu’ils tombent, ils s’écroulent avec tout leur échafaudage. Est-il nécessaire de citer les noms ? Les régimes nazis et fascistes du 20ème siècle en occident, Nicolae Ceusescu de Roumanie, Amini Dada d’Uganda, Juvénal Habyalimana du Rwanda, Mubutu Sese Seko du Zaïre, Sadam Hussein d’Iraq, et beaucoup d’autres tyrans tombés dans les oubliettes de l’histoire.

Tous, le jour où ils sont tombés, il leur est arrivé des malheurs qu’ils n’avaient jamais eux-mêmes imaginé même dans leurs pires cauchemars : tout ce qui peut représenter ou perpétuer leur souvenir et leur mémoire est détruit et foulé au pied, leur héritage est dispersé et réduit à néant, leur succession est une suite de guerres, de meurtres et d’anéantissement. Leurs noms sont couverts d’insultes et de crachats. Leurs destins sont voués à l’errance, à l’oublie, au déshonneur et à la honte. Et leur passé finit par les rattraper quand ils se voient obligés d’affronter la fureur populaire et la justice implacable de leurs tombeurs.

Ça doit-être une loi divine que toutes les fins des régimes despotiques et tyranniques sont suivies de chaos, de destructions et de calamités.

Le Rwanda du FPR-Inkotanyi y échappera-t-il ?

Les rwandais rêvent des changements dans leurs pays, cela n’est plus un secret pour personne. Et ils font ce qu’ils peuvent pour y arriver, depuis la prise du pouvoir par le FPR-Inkotanyi et Kagame, à Kigali: les rebellions plus ou moins virtuelles qui virent au banditisme et à la criminalité, les partis politiques criards, sans efficacité, une société civile désordonnée centrée sur les petites personnes des présidents et beaucoup de désirs qui sont souvent pris pour des réalités.

Quant aux changements que tout le monde attend et pour lesquels chacun prétend se battre, l’on s’accroche à quelques scénarii improbables, en espérant trop fort que cela se réalise un jour. A défaut de se battre eux-mêmes pour provoquer et obtenir ces changements les rwandais ne manquent pas de s’imaginer avec délectation quelques événements hasardeux qui leur débarrasseraient le monstre du pays des mille collines et de la région des grands lacs. Comme par exemple :

-Kagame subit des pressions fortes par les occidentaux et lâche du lest

-Kagame est victime d’un coup d’état

-Kagame est rattrapé par la justice

Le désir de changement est trop fort, on le voit, on le sent, mais l’espoir de ce changement, est malheureusement toujours placé dans un événement ou une intervention extérieur, jamais dans la capacité intrinsèque des rwandais de se révolter contre leur propre lâcheté qui les oblige de tolérer et de porter au triomphe des régimes despotiques, totalitaires et tyranniques.

Mais la vie est un jeu tragi-comique qui aime se jouer des tours aux hommes en les ramenant à leur passé perpétuel. Voilà pourquoi, le régime du FPR-Inkotanyi et son président Kagame qui a sciemment scié la branche sur lequel il est assis, semble en bout de course et touche déjà à sa fin : le discrédit international dû à la découverte de la vrai nature de l’homme fort de Kigali et de son parti, les contestations internes au régime et l’opposition qui ne ratera sa montée, on l’espère, face au déclin du pouvoir ne sont pas pour assurer la pérennité de Kagame mais son achèvement.

Paul Kagame est affaibli et sa fin prochaine n’est plus qu’une issue hypothétique. La seule grande interrogation qui devrait inquiéter les rwandais est : qu’adviendra à notre pays après Kagame ? Car, Monsieur Kagame, comme tout tyran qui se respecte a pris soins de faucher toutes les têtes dépassant son épaule et émergeant de son propre parti. Il a étouffé l’opposition aussi bien interne qu’externe. Il a interdit toute initiative qui lui échappe. Bref, le général président a parfaitement préparé le chaos après lui.

La chute de Kagame et de son FPR-Inkotanyi pourrait venir de là où nul ne l’attendait.

Finalement, le grand problème n’est plus la chute du FPR-Inkotanyi et de Kagame car, « nta gahora gahanze » : Kagame lui-même a bien œuvré pour cette issue et il n’y a plus un seul jour qui passe sans qu’il ne soit désormais confronté à son passé cauchemardesque. Ce n’est pas la fin, c’est le début de la fin.

Alors, le grand problème posé à tous les acteurs et observateurs de la politique rwandaise aujourd’hui est celui d’une alternative crédible. L’opposition actuelle est nullissime. Elle sans idées ni perspective. Elle n’est absolument pas prête ni capable d’assumer le pouvoir même si on le lui déposait sur un plateau d’or comme un cadeau, dans la mesure où elle désorganisée et que nul ne voit vraiment qui, dans cette opposition peut empêcher notre pays de sombrer dans le chaos si Kagame disparaissait pour une raison ou pour une autre.

Or, la disparition de Monsieur Paul Kagame n’est plus éventualité : car, Kagame est un homme malade, atteint d’une maladie grave et incurable. La fatigue et la douleur physiques qui mangent et marquant son visage ne peuvent plus lui permettre de dissimuler son mal qui le ronge. Tout le monde aura remarqué qu’il n’a même plus la force de parler et qu’à chaque fois, il parait complètement épuisé après une prestation de quelques minutes seulement. C’est que notre président est en phase terminal. Et ces voyages mensuels aux USA pour aller recevoir ses traitements ? Les rwandais y ont-ils pensé ?

Alors, qui pour assurer la continuité de l’état sans connaitre un nouveau 1994 ? La dame courage des FDU-Inkingi ? Quelles sont, au fait, ses nouvelles idées pour le Rwanda ? On l’a entendu faire beaucoup de bruit pendant une semaine, puis plus rien. Nul ne sait vraiment le projet de société de son parti. Rêve-t-elle seulement de ravir le siège du pouvoir au FPR-Inkotanyi pour prendre la revanche au tutsi en faveur des hutu « opprimés ». Est-elle seulement le bras vengeur des hutu, prêt à continuer la même politique de discrimination, de persécution…en inversant seulement les victimes ?

Et les autres partis politiques au courage de poule mouillée ? Ont-ils envisagé l’éventualité d’une disparition inopinée de notre président ? Où leurs projets de sociétés ? Il y a juste cette impression que certains d’entre eux sont seulement des concurrents déloyaux de la dame et d’autres des aigris qui ont juste une dent contre le pouvoir qui les ont négligés.

Le chute du FPR-Inkotanyi et Kagame, c’est pour demain, qu’on le veuille ou non. Les rwandais attendent de leurs femmes et hommes politiques de se montrer dignes d’une alternative sérieuse au pouvoir qui chancelle actuellement.

source:rwanda iteka

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Quand Joseph Kabila accusait l’APR d’avoir « génocidé » des réfugiés Hutu et des citoyens congolais…

Posté par Adolphe Habimana le 21 septembre 2010

           Congo Indépendant (RDC)

kabila2.jpg 

Joseph Kabila Le Président de la RDC

Congo Indépendant (RDC)Kinshasa, RDC, 2010-09-19 (Congo Indépenda (RDC)

Quand Joseph Kabila accusait l’APR 

d’avoir « génocidé » des réfugiés Hutu

et des citoyens congolais…

Source: Congo Indépendant (RDC) 

Le rapport du Haut commissaire aux droits de l’Homme (HCDH) surles massacres commis par l’Armée patriotique rwandaise sur le solcongolais va-t-il sonner le glas de la « nouvelle amitié » entre l’homme

fort de Kigali et son « filleul » Joseph Kabila? Depuis la publication par

le quotidien français « Le Monde », daté du 27 août dernier, des extraits

de ce document explosif accusant l’armée patriotique rwandaise

d’avoir commis, sur le sol congolais, contre des Hutus, des massacres

« systématiques et généralisés » assimilables à des « crimes de

génocide », on assiste à une agitation tant à Kigali qu’à Kinshasa. Et

pour cause? Dans une interview accordée au « Soir » de Bruxelles, daté

7 mars 2001, le successeur de Mzee « dénonçait » déjà avec une

certaine candeur la cruauté des éléments de l’APR. Le quotidien kinois

« Le Potentiel » avait à l’époque publié un article à ce sujet. Le journal

avait retranscrit un entretien accordé à la Voix de l’Amérique (VOA)

par la journaliste Colette Braeckman qui commentait les révélations de

« Joseph ».

A moins qu’il se dédise – en prenant le risque de se faire prendre en

flagrant délit de mensonge -, Joseph Kabila a été un témoin oculaire et

peut-être un des acteurs des tueries massives imputées aux soldats de

l’APR. Kisangani, Tingi Tingi, Amisi, dans la Province Orientale,

Bokatola, Mbandaka, Wendji Secli (à l’Equateur) sont autant des noms

des lieux où des éléments de l’APR se sont livrés à des carnages en

ciblant non seulement des ex-FAR (Forces armées rwanadises) et les

miliciens Interahamwe mais aussi tout individu qui ressemblait à un

Hutu. Des femmes, des enfants et des vieillards ont ainsi été

« canardés ». La paisibles populations de lex-Cuvette centrale sont

restées à jamais traumatisées face à tant de cruauté à la limite de la

barbarie.

Cacophonie à KigaliDepuis la sortie du numéro 20401 du quotidien « Le Monde », lesdirigeants rwandais semblent avoir perdu leur superbe au point demener une « contre-attaque » plutôt cacophonique. Dans une déclaration

faite au quotidien bruxellois « Le Soir » daté du 1er septembre 2010, le

chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikwabo, ne nie guère les

faits contenus dans le rapport du HCDH. Elle joue la carte de la

justification : »Il faut être sérieux, dire toute la vérité. Comment

négliger le fait que les camps de réfugiés, établis au Kivu au

lendemain du génocide étaient devenus un véritable poudrière pour

toute la région. (…) ». Et d’ajouter : « Dans cette espèce de terrain

vague, les combattants hutus s’étaient réarmés, sous les yeux de

l’ONU et avec la complicité de toutes les Ong qui les assistaient. Bien

avant d’entamer les opérations militaires, le Rwanda avait dénoncé, à

plusieurs reprises, le danger que représentait ces camps où les auteurs

du génocide étaient melangés aux civils, mais n’avait pas été entendu.

Aujourd’hui, l’action du Rwanda est dénoncée par ces mêmes Ong

dont le passé est loin d’être clair ». Ancien ministre rwandais des

Affaires étrangères, Charles Murigande, actuellement en charge de

l’Education, dit autre chose : « Nous n’avons commis aucun crime de

guerre ». Selon lui, l’APR est intervenue « militairement pour obliger

les camps à se disperser en novembre 1996″. « La violence n’a pas été

nécessaire : il suffisait de tirer en l’air. Les forces génocidaires ont fui

et une majorité de réfugiés a pu rentrer au Rwanda. (…) », soutient-il

(voir J.A n°2592 du 12-18.9.2010 p. 37). Qui dit vrai?

Joseph Kabila, témoin ou un des acteurs des massacres?

Pour les Congolais, le rapport du HCDH est une occasion inespérée. D’abord pour savoir un peu plus sur « l’homme secret » qui dirige leurpays depuis bientôt dix ans. Ensuite, de cerner le rôle que ce même

homme, alors aide de camp du « colonel James » {Kabarebe}, chef des

Opérations du Front Nord, a pu jouer lors des massacres des réfugiés

Hutu rwandais mais aussi des Congolais perpétrés par des soldats de

l’armée patriotique rwandaise (APR) camouflés sous le label de

« rebelles zaïrois » de l’AFDL.

Dans une interview accordée au quotidien « Le Soir » daté 7 mars 2001,

le successeur Joseph Kabila fait littéralement des aveux. Il affirme in

tempore non suspecto d’avoir été « témoin » des massacres précités.

Simple témoin? « J’étais avec les Rwandais et lorsque j’ai vu comment

ils se comportent avec les réfugiés Hutus, j’ai pensé qu’un jour nous

aurions la guerre avec ces gens-là. Mais à l’époque, il était impossible

de parler de cela et par la suite, tout a été fait pour bloquer la

commission d’enquête de l’Onu par Bizima Karaha entre autres, qui

était le ministre des Affaires étrangères, raconte-t-il. Depuis lors, dans

la région, il y a eu d’autres victimes, congolaises celles-là. Une Ong

américaine a estimé que 2.500.000 civils congolais avaient péri au

cours de la guerre actuelle. Un chiffre aussi massif n’est pas le fait du

hasard : il y a bien eu l’intention de tuer la population. Cela aussi,

c’est un génocide contre les Congolais ».

B.A.W

Ci-après l’article publié par « Le Potentiel » en mars 2001:

Texto :

KABILA JUNIOR : une phrase de plus

L’interview accordée à notre consoeur belge Colette Brackman par le

général-major Joseph Kabila et parue dans le journal “Le Soir ” du 07

mars 2001 fait l’objet des commentaires en sens divers dans les

salons, et particulièrement dans les milieux politiques, à Kinshasa.

Avec raison, bien entendu. Dans la mesure où c’est pour la toute

première fois que le jeune président s’ouvre à l’opinion, par la presse

interposée, après sa prestation de serment et son discours d’investiture.

Cet entretien aura permis, une fois de plus, à l’opinion, singulièrement

nationale, de se faire une idée de ce que le président pense de

l’ouverture politique tant attendue, du Dialogue intercongolais et de

l’enquête en cours sur l’assassinat de son père. Sans oublier le rôle que

doit jouer la jeunesse dans l’édification du pays.

Pour ce qui est de la mise en place d’une nouvelle équipe

gouvernementale, celle-ci n’est pas liée à l’enquête sur la mort de feu

Laurent Désiré Kabila, un ministre pouvant toujours être invité à

témoigner si c’est nécessaire. Le chef de l’Etat se serait donné un

temps de d’observation, surtout pour les ministres hérités de son père,

afin d’apprécier les capacités d’un chacun.

S’agissant de la libéralisation des partis politiques dont l’abrogation du

décret 194 portant organisation et fonctionnement des partis politiques

en Rdc constituerait un signal fort, le chef de l’Etat n’aurait pas encore

une opinion exacte. “ il est tôt pour donner une réponse directe,

complète”, dit-il.

Mais comme son père et prédécesseur, il note : “Jadis, il y avait ici

450 partis politiques, et je ne veux plus que cela se reproduise. Par

ailleurs, pour moi, les partis doivent avoir un caractère national, et non

ethnique ou régional ”.

Faisant savoir que le pays est en partie sous occupation, Kabila junior

relève que ce n’est pas seulement le gouvernement qui doit libéraliser,

les partis politiques n’étant libres de se constituer sous les cieux

rebelles.

Quant au Dialogue intercongolais, à l’instar de son prédécesseur, il

souligne : “ A mes yeux, le dialogue, cela ne doit être une table ronde

où on se partage le gâteau. Ce qui compte, c’est de voir comment on

va donner au peuple congolais le pouvoir de décider, comment

préparer les élections qui, évidemment, auront lieu sur l’ensemble du

pays”.

Parlant de la commission d’enquête chargée de faire la lumière sur

l’assassinat de son père, Kabila Junior veut savoir la vérité totale sur

tout ce qui s’est passé. Ainsi, cette commission se doit de travailler,

d’interroger tout le monde et d’aller jusqu’au bout de ses

investigations. S’agissant des jeunes générations dont il apparaît

comme le porte-parole, le chef de l’Etat répond qu’il ne s’agit pas

uniquement d’une question de génération.” Certes, dit-il, les jeunes

doivent apporter leur contribution, mais l’expérience compte aussi”. Et

d’ajouter : “Je dois prendre le temps d’évaluer la situation”.

Mais c’est au sujet des Hutus assassinés au Congo lors de la guerre

dite de libération menée en son temps par l’Alliance des forces

démocratiques du Congo que Kabila Junior a prononcé une phrase de

trop, phrase ayant des implications sur les plans tant des droits de

l’homme, judiciaire que diplomatique ainsi que cela transparaît dans

l’entretien téléphonique ci-dessous entre Colette Braeckman et

Ferdinand Ferella sur la “Voix de l’Amérique” le jeudi 8 mars dans la

matinée. A la base, la question suivante de la journaliste belge au

président congolais.

Colette Braeckman :

M. le Président, on commence à vous connaîtresur la scène internationale. Mais humainement, vous demeurez un inconnu. Je me souviens cependant vous avoir vu de loin à Kisangani,en 1997………..

Kabila Junior :

C’est vrai, j’étais là lorsque la ville est tombée auxmains de l’Afdl (Alliance des forces pour la démocratie et la libération du Congo, qui visait à renverser Mobutu). J’étais avec les Rwandais etlorsque j’ai vu comment ils se comportaient avec les réfugiés Hutus,

j’ai pensé qu’un jour nous aurions la guerre avec ces gens-là. Mais à

l’époque, il était impossible de parler de cela et par la suite, tout a été

fait pour bloquer la commission d’enquête de l’Onu par Bizima

Kahara entre autres, qui était alors ministre des Affaires étrangères.

Aujourd’hui, bien sûr, si l’Onu voulait encore enquêter sur cette

affaire, elle serait la bienvenue. Depuis lors, dans la région, il y a eu

d’autres victimes, congolaises celles-là. Une Ong américaine a estimé

que 2.500.000 civils congolais avaient péri au cours de la guerre

actuelle. Un chiffre aussi massif n’est pas le fait du hasard : il y a bien

eu l’intention de tuer la population. Cela aussi, c’est un génocide,

contre les Congolais cette fois, mais nul ne s’en émeut. Il est vrai que

dans les forêts de l’Est, il n’y a pas les caméras de Cnn…..On a parlé

des massacres de Kasika, de Makobola, de Shabunda plus récemment,

mais qui s’y intéresse ? Lorsque les Maï-Maï révèlent ces atrocités, on

répond qu’il s’agit de la propagande des extrémistes

hutus…..Expliquez-moi comment la communauté internationale peut

considérer que tout le peuple congolais est devenu interhamwe (les

milices Hutus, Ndlr).

Et ainsi que le note bien notre consoeur dans l’entretien téléphonique,

c’est à se demander si Kabila Junior a jugé sincèrement les

implications diplomatiques de sa réponse. Et même au-delà. Car, non

seulement cela peut affecter les rapports entre Kigali et Kinshasa qui

sont au dégel, mais également et désormais, le chef de l’Etat congolais

est un témoin de premier plan dans l’affaire des massacres des Hutus

au Congo, une affaire qui sera, au terme du point 9.1a de l’annexe A

de l’Accord de cessez le feu de Lusaka, versée au Tribunal

international. Cela aussi a des répercussions sur le plan international,

surtout en matière des droits de l’homme. Cette phrase de trop du chef

de l’Etat congolais est une preuve, si besoin en était encore, qu’il n’est

entouré du tout. Comment ses conseillers, dans une interview qui n’est

pas en direct, n’ont pas réalisé que cette phrase peut être assassine,

même si d’autre part cela apparaît comme une façon de demander aux

Rwandais de quels Hutus ils parlent encore.

Ci-dessous, des larges extraits de l’entretien téléphonique entre Colette

Braeckman et Ferdinand Ferella retranscrits par Moïse Musangana

Entretien téléphonique entre Colette Braeckman et Ferdinand Ferella

Voa : Avez-vous été surprise par ces propos ?Colette Braeckman :

Je savais qu’il avait été témoin. Je lui ai posé laquestion en lui disant : je me rappelle que vous avez été à Kisangani cette année-là. J’étais surprise par la précision de sa réponse.L’information, elle-même, on l’avait déjà parce que son père avait dit

la même chose. La différence est que son père n’était pas sur le terrain.

Il était à Goma ou à Bukavu, tandis que le fils était intégré dans

l’armée, dans les troupes de libération qui avançaient à travers le

Congo. Donc, il est aussi un témoin de premier plan.

Voa : L’on sait aussi qu’il est proche de James Kabarebe qui, àl’époque – vous l’avez relaté dans votre livre sur le conflit congolais –dirigeait les opérations de l’armée rwandaise à Kisangani.Colette Braeckman :

Il était jeune. Il devait avoir 25 ou 26 ans.Kabila père avait confié son fils au commandant James pour avoir une formation militaire. Donc, ils étaient ensemble. Et Joseph Kabila medit qu’avant, il avait été aussi en Ouganda, il connaissait très bien

l’armée ougandaise (………).

Voa :

Est-ce que vous avez le sentiment, Colette, que Joseph Kabilaserait prêt à collaborer éventuellement avec une reprise éventuelle de cette enquête sur cette affaire? On sait bien que le 1er rapporteurspécial de l’Onu Roberto Garreton est attendu à Kinshasa dans les

prochains jours ?

Colette Braeckman :

Je ne sais pas s’il est prêt à témoignerpersonnellement. Ça, je ne lui ai pas posé la question (………..). Il a indiqué très clairement qu’aujourd’hui la commission d’enquête est labienvenue à Kinshasa. Si elle veut reprendre ses investigations, elle

aura toute la latitude de Kinshasa pour continuer à travailler.

Autrement dit, M. Garreton est le bienvenu à Kinshasa.

Voa :

Comment vous interprétez le fait que cette affaire fasse surfaceaujourd’hui, au moment où il y a dégel entre Kinshasa et Kigali ? Est-ce que tout cela ne va pas à nouveau empoisonner le climat?Colette Braeckman :

Je pense que le président Kabila n’a pas sincèrement pesé les implications diplomatiques lorsque je lui ai posé la question : était-il là à Kisangani à ce moment là? Il a seulementconfirmé. Je ne crois pas qu’au moment où il a répondu, il a pensé à ce

que tout cela pouvait entraîner sur le plan diplomatique (………). On

verra bien.

In Le Potentiel mars 2001

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Alexandre Kimenyi n’est plus

Posté par Adolphe Habimana le 20 septembre 2010

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Dr Alexendre Kimenyi 1948- juin 2010

Le Professeur Alexandre Kimenyi est décédé vendredi 11 juin 2010. D’après sa famille, il aurait succombé à une longue maladie. Cependant, sa mort fait couler beaucoup de salive au sein de la communauté tutsi. Les conjectures vont bon train et les réactions sont diverses.

Certains s’en réjouissent ; c’est de bonne guerre. En effet, pour les sympathisants de Kagame, le Professeur Kimenyi était devenu un pestiféré. Au début des années  2000, il a été qualifié d’Interahamwe et d’Igipinga. Il s’agit d’insultes et d’accusations graves proférées généralement contre les Hutu dont le régime de Kigali compte se débarrasser.

D’autres le pleurent comme on pleure un être cher. Et pour cause. Il a été l’un des idéologues de l’UNARAlexandre Kimenyi n’est plus dans ACTUALITE[1] en exil puis du RANU dans ACTUALITE[2] et, plus tard, du FPR[3]. Ses écrits, notamment à travers le journal Impuruza, ont fortement contribué à mobiliser les Tutsi et à entretenir l’espoir de reconquérir le pouvoir perdu en 1959.

Avec Alison Desforges, Roger Winter (ancien administrateur-adjoint de l’USAID[4] et barbouze de la CIA) et Tony Marley, Alexandre Kimenyi a été à la base de la création du RRWF (Ruandese Refugees Welfare Foundation). Officiellement, cette organisation était chargée de venir en aide aux réfugiés rwandais et particulièrement ceux qui étaient établis en Ouganda.

Toutefois, sous le couvert de l’aide humanitaire aux réfugiés rwandais, les puissances essentiellement sionistes et anglo-saxonnes qui préparaient l’invasion du Rwanda avaient leur propre agenda.

En effet, ces puissances voulaient une organisation via laquelle ils pouvaient mener leurs opérations en toute légalité. La conquête du Rwanda constituait une étape importante dans leur plan visant à mettre la main sur toute la région des Grands lacs. Les enjeux étaient essentiellement géostratégiques et économiques.

Ces différentes puissances ont injecté des fonds considérables dans les caisses de la RRWF. Ces fonds ont été utilisés, notamment, pour accorder des « bourses d’études », assurer le recrutement, l’hébergement, la formation idéologique et politique des futurs combattants ainsi que le renseignement.

Vers la fin des années 80, Kimenyi et ses parrains (Roger Winter, Tony Marley) ont décidé de passer à la vitesse supérieure: la création du FPR. La réunion qui a précédé l’invasion du Rwanda le 01/10/1990 avait été tenue aux USA (Sacramento). A cette occasion, les négociations furent très laborieuses. Trois tendances se dessinaient lors des débats. Il y avait ceux qui rejetaient toute forme de violence, les tenants de la conquête progressive et, enfin, les partisans d’une guerre totale.

Voici les arguments des Tutsi qui n’approuvaient pas la décision d’envahir le Rwanda. Ils redoutaient les représailles de la population contre leurs frères se trouvant à l’intérieur du Pays. Ils se rappelaient encore la réaction violente de la population hutu contre les collabos (réels ou supposés). En effet, lors des attaques des Inyenzi[5] dans les années 60, la population s’en prenait aux Tutsi. Il est vrai que certains Tutsi pactisaient avec les Inyenzi. Toutefois, les agissements de quelques individus attiraient la suspicion contre des citoyens innocents. Dans l’ensemble, ces derniers aspiraient à vivre tranquillement avec leurs compatriotes. Leurs véritables préoccupations étaient éloignées des intentions qui leur étaient prêtées.

Par ailleurs, ceux qui s’opposaient à la guerre arguaient que la lutte armée ne s’imposait plus. Ils estimaient que les négociations entre le gouvernement rwandais et le HCR sur le retour des réfugiés avaient abouti. Ils affirmaient également que l’évolution politique allait dans le sens d’une ouverture politique favorable à un combat pacifique. Ils furent mis en minorité.

Cette position était partagée par une partie de l’élite tutsi vivant au Rwanda. Ainsi, à peine une semaine après la première attaque du FPR, ceux-ci ont adressé un mémo aux dirigeants de ce mouvement  afin de les inciter à la retenue. Ils mettaient en cause le bien fondé de la guerre et attiraient l’attention sur le risque d’une conflagration qui pouvait découler de cette aventure. Parmi ces intellectuels, on retrouvait le Professeur Pierre Claver Karenzi, le Professeur Jean Gualbert Rumiya, le Professeur Charles Kalinijabo et Monsieur Antoine Ntamashamaje. Ils furent qualifiés de mous et de traitres par le clan des faucons. Plus tard, les « mous » et les « traitres » furent passés au fil de l’épée.  

A la réunion de Sacramento, d’autres participants plaidaient pour un processus permettant de réaliser le retour au statut quo ante 1959 par petits pas.

En effet, tout en approuvant la lutte armée, ils comptaient utiliser la force pour exiger du gouvernement rwandais de l’époque des avantages politiques.  Pour eux, le partage du pouvoir devait constituer un préalable au retour des réfugiés. Ils tablaient sur l’appui de leurs parrains pour amener la communauté Internationale à imposer un  accord qui leur serait favorable. Une fois à l’intérieur du Pays et bien établis dans les rouages de l’Etat (Armée, administration, etc.), ils comptaient passer à la phase finale : la prise et le contrôle sans partage du pouvoir par la force. D’après les tenants de cette option, cette stratégie s’avérait moins coûteuse en vies humaines (les Tutsi de l’intérieur).

Sous le couvert du retour des réfugiés, ils projetaient d’introduire dans le Pays de véritables réfugiés certes, mais aussi des centaines de milliers de combattants étrangers (ougandais, somaliens, éthiopiens) recrutés pour les besoins de la cause. Le partage du pouvoir devait permettre au FPR d’insérer ses combattants officiels dans l’armée, l’administration, les services de sécurité, etc. A terme, ces deux acquis devaient donner au FPR les moyens de lancer la reconquête finale du pouvoir mais de l’intérieur. Alexandre Kimenyi et Fred Rwigema Gisa comptaient parmi les tenants de cette stratégie.

Enfin, le groupe des radicaux voulaient une solution militaire rapide quel qu’en soit le prix. Deux facteurs majeurs animaient les tenants de cette option.

En effet, comme souligné supra, les négociations entre le régime de Habyalimana et le HCR (Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) avaient déjà abouti. Une commission composée des représentants des réfugiés devait visiter le Rwanda au mois de septembre 1990 afin de se prononcer sur les sites choisis pour accueillir les réfugiés. Beaucoup de réfugiés ne cachaient plus leur impatience de retrouver leur patrie. Leur impatience pouvait se comprendre. Certains d’entre eux vivaient dans des camps misérables depuis environ 30 ans. Leur retour pacifique aurait privé le FPR de sa légitimité ainsi que de sa base de recrutement[6].

En outre, l’évolution interne au Rwanda faisait poindre un espoir d’ouverture politique sous la pression des forces démocratiques.

La peur de perdre le contrôle sur les réfugiés ainsi que l’évolution de la situation politique à l’intérieur du Rwanda faisaient craindre aux faucons le risque de saper la légitimité de leur entreprise. Il fallait donc parer au plus pressé.

Afin de convaincre les réticents, les radicaux prétendaient disposer de tous les atouts:

  • l’appui des grands décideurs internationaux (principalement la Grande Bretagne, le Canada, les USA, Israël, etc)
  • le soutien des pays voisins du Rwanda : l’Ouganda, la Tanzanie et le Burundi
  • la surprise
  • le manque de préparation, les effectifs réduits, les dissensions réelles ou savamment orchestrées au sein des FAR (Forces Armées Rwandaises).

Ils se prétendaient en mesure de mener une opération éclaire de type blitzkrieg. Ce groupe était soutenu par les sponsors cités supra.

Après coup, compte tenu de l’hécatombe causée par la guerre initiée par le FPR, d’aucuns prétendent que les durs avaient mal estimé le coût  humain (la population tutsi) de l’opération. Peut-être. En revanche, les informations disponibles à ce jour prouvent plutôt que, dans cette entreprise, le coût humain ne constituait pas une préoccupation. Au contraire, il leur fallait des morts. Autant que possible ! La couverture médiatique aidant, ces morts devaient être mis au passif du camp adverse. Après la victoire, ces morts devaient offrir une certaine légitimité au pouvoir du Front. Celle d’avoir stoppé le génocide[7] et les massacres abominables. N’ayant pas d’assises solides au sein de la population, un bain de sang était le bien venu dans le but de positionner le FPR en sauveur. Voici, ci-après, quelques exemples qui illustrent la position des faucons à ce sujet.

En novembre 1991, Paul Kagame a dévoilé ses sentiments au sujet des Tutsi qui se trouvaient à l’intérieur du Rwanda avant le 01/10/1990. S’adressant à un groupe de combattants qui venaient de terminer leur formation, il a déclaré ceci en kinyarwanda:

« Nta nshuti, nta muvandimwe dufite i Rwanda ». Ce qui signifie: « nous n’avons aucun ami, nous n’avons aucun frère sur le territoire rwandais ».

En d’autres termes, tous ceux qui se trouvaient sur le sol rwandais devaient être considérés comme ennemis et traités comme tels.

Après son discours, le capitaine Kayitare[8] lui fit remarquer que beaucoup de Rwandais de l’intérieur avaient fortement contribué à l’effort de guerre[9] et qu’ils ne méritaient pas le sort qui leur était réservé. Kagame vit rouge. En réponse aux observations de son compagnon d’armes, il rétorqua :

« Ibyo ntibindeba. Kuki batahunze nkatwe ? Ninde wababujije ? Bahisemo. Bazimenye. That’s their business ».

Traduction :

« Je m’en fiche. Pourquoi ne nous ont-ils pas rejoints en exil ? Ils ont fait leur choix. Ils doivent l’assumerC’est leur affaire».

Plus tard (en 1994), Paul Kagame a tenté de justifier le choix de cette stratégie. Pour faire taire la grogne des combattants du FPR, il a clos le débat en ces termes en kiswahili: huwezi kula mayai bila kuvunja yai. Autrement dit, « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».   

Non, le FPR ne s’est pas trompé dans ses calculs. Il n’a pas non plus sacrifié les Tutsi. Il les a massacrés. En outre, Il a mis en œuvre une stratégie de tension (pose des mines, provocation des Hutu par le biais de ses organes de presse, des tracts, des chansons, ou ses partisans, etc) visant à faire croire que tous les Tutsi étaient acquis à sa cause. Ce qui, du reste, était totalement faux. Cependant, certains Hutu sont tombés dans le piège à pieds joints. Face à l’attitude criminelle des partisans du FPR agissant ouvertement à l’intérieur du pays, bien des Hutu furent convaincus, à tort, que Tutsi était synonyme de Inkotanyi et d’Inyenzi. C’est d’ailleurs le slogan que certaines têtes brûlées scandaient dans les rues de Kigali, dans des bistrots, au marché, dans des écoles, dans les services administratifs, etc.

Entre 1991 et 1994, des Tutsi bien comme il faut scandaient fièrement en public: « utanyise inyenzi twabipfa ». Ce qui signifie : « je t’en voudrais à mort si tu ne m’appelais pas Inyenzi ».

Par cette stratégie, le FPR visait à monter les Hutu contre les Tutsi en vue de provoquer des heurts interethniques. Les affrontements de la population à l’intérieur des lignes ennemies devaient obliger les FAR à dégarnir le front afin de ramener le calme à l’arrière. Le FPR entendait profiter de ce répit pour gagner du terrain, pour se ressourcer ou pour se réapprovisionner.

Enfin, un petit noyau au sein du clan des faucons se considérait comme véritable dépositaire de la « tutsité ». Il se caractérisait par son mépris et son aversion contre les Tutsi de l’intérieur. Il leur reprochait de s’être « soumis » au régime hutu depuis 1959 et, ce faisant d’avoir perdu toute prétention à la noblesse. Il les traitait de traîtres et de renégats. Ils devaient être punis pour cela. Ils devaient faire place à ceux qui avaient conservé la « pureté de la race ».

Revenons à la réunion préparatoire de Sacramento. Comme ses poulains n’arrivaient pas à s’entendre, Roger Winter a dû enfermer les délégués durant 24 heures afin de les obliger à aboutir à un « consensus ». Finalement sous la pression, la lutte armée fut décidée.

Cependant, l’accord ne précisait rien sur le calendrier ni la conduite des opérations sur le terrain et, notamment, le sort des Tutsi de l’intérieur.

Naïvement, Rwigema et ses fidèles lieutenants espéraient conduire les opérations selon leur propre agenda. Ainsi, ils auraient déclenché l’attaque du 01/10/1990 sans l’accord préalable de leurs parrains. Ils l’ont payé de leurs vies.

A en croire les confidents de Kimenyi, celui-ci aurait été fortement marqué par l’assassinat de Fred Rwigema Gisa et de toute son équipe. Beaucoup d’auteurs ont écrit sur la mort de Rwigema et de son staff. En ce qui concerne Rwigema en particulier, certaines sources prétendent que celui-ci aurait été tué par les FAR (Forces Armées Rwandaises). C’est également la version servie par Kagame à ceux qui lui demandent des comptes au sein du FPR.

En revanche, d’autres sources affirment qu’il aurait été assassiné par Kagame et ses hommes. On peut se permettre d’en douter. En effet, Kagame n’avait jamais exercé de commandement militaire. Par ailleurs, compte tenu de la popularité de Fred au sein du FPR, Paul Kagame n’avait aucune chance de réussir une telle opération.

Enfin, des sources proches de Kimenyi affirment que son fidèle ami Fred et son staff auraient été assassinés par des forces spéciales américaines.

En effet, lorsque Rwigema décide d’attaquer le Rwanda le 01/10/1990, il aurait pris ses patrons de court. Il voulait appliquer sa stratégie ; celle qui avait été rejetée lors de la réunion préparatoire de Sacramento. Cet acte fut considéré comme une insubordination et suscita le courroux en haut lieu. D’où la décision de remplacer Rwigema par Kagame, une personne sans état d’âme, susceptible d’obéir au doigt et à l’œil. Vantant les mérites de Kagame devant ses propres commanditaires[10], Roger Winter décrira celui-ci en ces termes :

« He is a killing machine. Just the right guy we need for that job”[11].

Problème. Kagame n’avait pas de prise sur les troupes[12]. Par ailleurs, il était honni des combattants du FPR. Qu’à cela ne tienne ! La solution sera rapidement trouvée.

Au moment où Fred  franchit la frontière rwando-ougandaise à la tête de ses hommes, Paul Kagame se trouvait aux USA où il peinait à suivre un stage à Fort Leventworth. Les parrains du FPR décidèrent d’interrompre le stage de Kagame. Ils dépêchèrent une équipe de « techniciens » chargé de reprendre la main dans la direction des opérations. L’équipe  débarqua dans le nord du Rwanda via Kampala avec le Major Paul Kagame dans ses valises. Elle procéda au nettoyage dans les rangs du FPR et imposa Kagame à la tête de l’APR (Armée Patriotique Rwandaise). Par la suite, l’équipe des « techniciens » fut renforcée par de nouveaux éléments. Ils étaient recrutés principalement en Amérique du Nord et en Europe. Ils étaient chargés, notamment, de la formation et de l’encadrement des troupes, du renseignement, des écoutes radios ainsi que des opérations coup de point.

Ces assertions sont-elles fondées ? Seul l’avenir nous le dira.

Bien des « spécialistes » prétendent tout savoir sur le drame rwandais. Pourtant, chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles révélations qui permettent de reconstituer le puzzle.

Un autre facteur explique les dissensions entre Kimenyi et Kagame. En effet, à l’instar de bien des Tutsi aujourd’hui, Kimenyi a fini par apprendre la vérité sur le génocide rwandais. Il a appris, après coup, la manière dont Kagame et ses « techniciens » avaient conduit les opérations sur le terrain et, particulièrement, durant la période d’avril à décembre 1994. Le massacre des populations civiles y compris des Tutsi, l’assassinat (prématuré) du Chef de l’Etat rwandais de l’époque, etc.

En effet, des proches parents ainsi que des membres du FPR ont rapporté à Alexandre Kimenyi le massacre systématique des populations (hutu et tutsi sans distinction) perpétré par les troupes du FPR. Ces dernières avaient reçu l’ordre de nettoyer[13] le terrain. Dans un premier temps, les tueries visaient essentiellement les Hutu. Ensuite, les tueries visaient quiconque se trouvant sur le sol rwandais avant le 01/10/1990. Beaucoup de Tutsi subirent donc le même sort que les Hutu. A plusieurs reprises, les tueurs de Kagame se faisaient passer pour des Interahamwe ou des FAR (Forces Armées Rwandaises). Ainsi, le Ministre Landouald Ndasingwa et toute sa famille, Shamukiga (ancien Consul du Luxembourg au Rwanda), Antoine Ntashamaje (Président du Conseil d’Etat), Emile Nyungura (membre du PSD), Rosalie Gicanda[14] (pour ne citer que ceux-là) furent assassinés par les combattants du FPR. La propagande aidant, ces meurtres furent attribués aux Interahamwe ou à la Garde présidentielle.

Même s’il n’était pas opposé à l’élimination des Hutu, Kimenyi a mal vécu l’élimination des siens (les Tutsi) aussi bien par les Interahamwe que par les troupes du FPR.

Comme Alexandre Kimenyi, de plus en plus de Tutsi découvrent aujourd’hui la véritable nature du FPR. Cette organisation ne militait pas pour le retour des réfugiés ni pour la cause des Tutsi. Le FPR était et reste le bras armé des puissances qui ont leurs propres visées sur la Région. Le sort des Tutsi est le cadet de leurs soucis. Par ailleurs, faisant preuve d’un machiavélisme sans égal, Kagame considérait les Tutsi de l’intérieur comme un obstacle dont il devait se débarrasser afin de conquérir et d’asseoir son pouvoir.

Pour Alexandre Kimenyi et certains Tutsi clairvoyants, la victoire du FPR le 04/07/1994 à Kigali fut donc très amère. Quelques mois seulement après la « libération » – dès janvier 1995 – Alexandre Kimenyi commença à prendre ses distances vis-à-vis du système Kagame et de ses sponsors. La rupture fut totale en 1997. Kigali expliqua cette rupture par la frustration. D’après les thuriféraires du FPR, Kimenyi convoitait le poste de Premier ministre et aurait mal réagi lorsque le poste a été confié à quelqu’un d’autre.

Au début des années 2000, il claqua la porte. En collaboration avec d’anciens membres ou sympathisants du FPR, Alexandre Kimenyi avait créé les partis politiques ARENA, puis  AMAHORO People’s Congress. Ces formations politiques étaient fort critiques à l’égard du régime de Kagame.

Ainsi, dans une lettre de 3 pages adressée à Madame Carla Del Ponte (à l’époque procureur du TPIR), il avait demandé à celle-ci d’engager des poursuites contre les membres du FPR pour les crimes commis au Rwanda !

Il est allé encore plus loin en soutenant que le FPR n’a pas stoppé le génocide, mais l’a plutôt étendu vers l’est du Congo (Zaïre) à partir de 1998 avec l’extermination des Tutsi congolais.

Comme le torchon brûlait de plus en plus, les patrons occidentaux du FPR tentèrent de réconcilier les protagonistes mais en vain. D’après Kimenyi, les premiers étaient tout aussi responsables de l’extermination des Tutsi.

Ces dernières années, face au parti pris manifeste de leurs parrains communs en faveur de Kagame, Alexandre s’était « assagi ».  A plusieurs reprises, ses « amis » d’hier lui avaient gentiment mais fermement conseillé de mettre la pédale douce. Il avait obtempéré et adopté un profil bas. Cependant, il parlait de temps en temps. Ainsi, d’après l’un de ses proches, il aurait déclaré que les Tutsi avaient été utilisés comme pions au service d’intérêts supérieurs étrangers.

Que sa mort fasse couler tant de salive aujourd’hui, cela paraît tout à fait logique. Que cette mort soit naturelle ou provoquée, on ne le saura peut-être jamais. On peut cependant regretter que Kimenyi n’ait pas eu le courage de continuer sur sa lancée. Il avait tant de choses à apprendre aux Rwandais et au monde sur les préparatifs de l’invasion du Rwanda le 01/10/1990. Il emporte ses secrets avec lui.

Somme toute, on peut comprendre l’émoi ainsi que les supputations provoquées par le décès du Professeur Kimenyi. Mort naturelle ou pas, cela importe peu. Toutefois, les admirateurs de Kagame devraient méditer les propos de feu Alexandre: « les Tutsi ont été utilisés comme pions au service d’intérêts supérieurs étrangers ».

Enfin, j’ose espérer que le professeur Kimenyi aura fait des adeptes au sein de la communauté tutsi. Y aura-t-il assez de Tutsi courageux pour s’opposer au système Kagame ? Dans le cas contraire, le Rwanda court à la catastrophe. L’ignorer serait suicidaire de la part des Tutsi.

Israël, les USA, la Grande-Bretagne, la Belgique, les sionistes, etc. ne pourront jamais garantir la sécurité des Tutsi dans la Région. Tous ceux qui, aujourd’hui, versent des larmes de crocodile sur le « génocide des Tutsi » poursuivent leurs propres intérêts. Où étaient-ils au printemps 1994 ? Qu’ont-ils fait pour empêcher l’hécatombe ? Ils avaient pourtant tous les moyens pour. Au lieu d’œuvrer pour l’arrêt des combats, ils ont poussé au retrait des troupes onusiennes. Ils n’ont ménagé aucun effort pour dissuader ceux qui ont tenté de voler au secours du Peuple rwandais en danger d’extermination. Parallèlement, ils renforçaient les capacités offensives de leur poulain en vue de lui permettre de parachever son entreprise macabre et de prendre le pouvoir. Alexandre Kimenyi l’avait compris. Les autres Tutsi finiront-ils par le comprendre ?

Ces prétendus défenseurs de la « cause tutsi » se servent de certains Tutsi et du « génocide des Tutsi » comme fonds de commerce en vue d’atteindre leurs propres objectifs. Comme ces puissances n’ont pas d’amis mais des intérêts, qu’adviendra-t-il des Tutsi lorsque celles-ci auront décidé de changer leur fusil d’épaule ou de chiens de garde ? Les Tutsi devraient se distancier de ceux qui les envoient à l’abattoir dans l’intérêt des multinationales ayant pignon sur rue à Londres, à Paris, à New York, à Washington, à Anvers, à Bruxelles, à Amsterdam ou à Tel-Aviv.

Les Tutsi devraient dénoncer les crimes abominables qui sont commis en leur nom dans toute la région des Grands lacs africains. Faute de quoi, ils risquent un jour de payer (une fois de plus) pour les autres.

La sécurité des Tutsi ne peut pas reposer sur la répression et la coercition permanentes contre leurs compatriotes et leurs voisins. Au Rwanda, au Congo comme partout ailleurs dans la région des Grands lacs, la sécurité des Tutsi devrait reposer sur des rapports harmonieux entre eux et les autres composantes des sociétés qui les hébergent. Encore faut-il qu’ils parviennent un jour à se convaincre qu’ils sont citoyens au même  titre que les autres et non des dieux devant lesquels le reste de la population doit se prosterner.

Enfin, il convient de rappeler aux courtisans de Kagame qu’ils ne seront jamais plus tutsi que le Professeur Kimenyi et le Général Rwigema. Aucun de ces flagorneurs n’aura jamais autant de mérite que ces deux hommes.

Aveuglés par la haine et les délices du pouvoir, ces frotte-manches finiront-ils par ouvrir les yeux ? Il serait plus que temps.

Fait à Montréal, le 20/06/2010

Chris Katoto

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Réaction à l’article de François Soudan de JA sur le rapport du HCDH sur les violations des droits de l’homme commis au Congo

Posté par Adolphe Habimana le 19 septembre 2010

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conférence à Bruxelles de Mme Victoire Umuhoza Ingabire à la veille du départ pour Kigali(photo Adhabi) 

Réaction du Comité de Soutien aux FDU-Inkingi à l’article de Mr François Soudan de Jeune Afrique (Article mis en ligne le 16 sept.-10), sur le Rapport du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDM), portant sur les violations des droits humains commis en République démocratique du Congo de 1993 à 2003.

Mr François Soudan,

Permettez-nous, en tant que Rwandais épris de paix et de justice d’émettre quelques commentaires sur votre article portant sur le Rapport que le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) s’apprête à publier le 1er octobre 2010.

Vous commencez votre article en disant que l’emploi du mot génocide dans ledit rapport est sujet à caution. Vous n’apportez malheureusement pas la moindre preuve pour démontrer que les massacres systématiques, méthodiques, ayant visé les réfugiés hutus rwandais en ex-Zaïre, par le seul fait qu’ils appartenaient à ce groupe ethnique de Hutu, ne puissent être qualifiés de génocide ou d’actes de génocide.

En effet, Mr Soudan, les réfugiés hutus massacrés en ex-Zaïre par centaines de milliers n’ont pas été tués par des balles perdues, ce ne sont pas des dommages collatéraux d’une guerre qui ne visait qu’à renverser feu le Président Mobutu. Ces réfugiés ont par contre, fait l’objet d’extermination programmée, traqués comme du gibier à travers toute la forêt équatoriale poursuivis sur plus de 2.500 km depuis Uvira, Bukavu et Goma jusqu’à Mbandaka en passant par Tingi-Tingi, Kisangani, et d’autres localités citées dans ce rapport et bien d’autres. Beaucoup de rapports existent à ce sujet, rapports longtemps étouffés pour des raisons d’intérêts géopolitiques et géostratégiques, comme celui du Chilien Roberto Garreton et que corrobore aujourd’hui ce rapport du HCDH portant sur les violations des droits humains commis en République démocratique du Congo de 1993 à 2003. Il est donc étonnant qu’un journaliste de votre calibre tente de minimiser ce crime au lieu d’œuvrer à sa reconnaissance, condition sine qua non d’une véritable éradication de l’impunité et d’une véritable réconciliation entre toutes les couches de la société rwandaise et au-delà pour montrer à l’humanité entière qu’aucun crime ne peut et ne doit rester impuni.

Vous avancez l’idée suivante : « En évoquant la possibilité d’une deuxième tragédie équivalente à la première, qui serait en quelque sorte la réplique de l’extermination planifiée des Tutsis du Rwanda, les auteurs du rapport confortent de facto la thèse négationniste des idéologues du Hutu Power selon lesquels il n’y a pas eu génocide, mais massacres spontanés et contre-massacres. Or cette interprétation est une falsification ». Ici, l’on est en droit de constater que vous vous lancez dans une théorie aveugle, avancée depuis bientôt 16 ans par les autorités rwandaises, théorie selon laquelle l’on ne peut évoquer les victimes hutus du conflit rwandais sans être négationniste ou révisionniste, théorie qui en réalité, sert non seulement à camoufler les forfaits commis par certains des responsables politiques et militaires actuels mais aussi à museler toute voix discordante qui ose montrer la vraie nature criminelle de ceux qui se sont présentés jusqu’aujourd’hui comme des libérateurs ayant arrêté le génocide. Et là où votre théorie bat en absurdité toutes celles qui l’ont précédée, c’est qu’il s’agit dans le cas qui nous occupe des massacres survenues entre 1996 et 1997, soit 2 à 3 ans après le génocide rwandais de 1994. D’où votre théorie est anachronique, puisque des massacres survenus chronologiquement après ceux de 1994, ne peuvent en aucun cas servir de justification à ceux qui leur sont antérieurs, en tout cas pas en ce qui concerne les Hutus impliqués dans le génocide contre les Tutsis. Tout au plus s’il y avait une logique dans cette histoire, elle voudrait que ce soit les présumés coupables des crimes commis au Congo qui évoquent la tragédie de 1994 pour expliquer celle de 1996-97 et pour nier l’existence du génocide. Dans cette logique c’est donc plutôt le régime actuel accusé d’avoir commis des actes de génocide sur les réfugiés hutus qui devrait nier le génocide de 1994, pour s’exonérer de celui de 1996-97. Or, vous savez qu’il n’en est rien et ce n’est pas ce que vous tentez d’expliquer. Votre logique est donc à l’envers lorsque vous avancez qu’on ne peut qualifier les événements de 1996-97 de génocide sans porter atteinte à la reconnaissance du génocide de 1994. Par contre, je comprends bien votre embarras et celui des gens auxquels vous tentez de venir au secours, car, il s’agit d’un fait singulier où ceux qui se sont présentés comme les victimes d’hier deviennent à leur tour des bourreaux.

Un autre point étonnant de votre défense est celui qui consiste à dire que puisque l’exode des Rwandais vers l’ex-Zaïre aurait été encouragé voire encadré, que cela pourrait en quelque sorte justifier la mise à mort de ces centaines de milliers de personnes. Cela a au moins le mérite de reconnaitre implicitement que ces personnes ont été massacrées, quitte à ce que vous cherchiez des circonstances atténuantes aux présumés responsables ce forfait. Nous autres Rwandais, savons les véritables raisons qui ont poussé des millions de Rwandais à fuir en masse vers l’ex-Zaïre, la Tanzanie ou le Burundi. Cette envie de fuir coûte que coûte l’arrivée de l’Armée Patriotique Rwandaise (APR) s’explique par les massacres à grande échelle commis par les éléments de l’APR partout où ils passaient sur leur route de la conquête du pouvoir. Les rescapés de ces massacres racontaient aux autres ce qu’ils avaient vu et vécu quand ils arrivaient dans des zones non encore conquises par l’APR et les gens choisissaient de fuir avant qu’ils ne subissent le même sort que celui qui leur était raconté. Qu’il y ait eu un appel des autorités à fuir dans certaines régions, c’est aussi un fait, de même que certaines autorités administratives ont tenté de maintenir un semblant d’organisation comme celle des lieux de provenance avant l’exode. Mais croire que des millions de personnes ont fui parce que les autorités les y ont forcées, c’est si ce n’est de la mauvaise foi, du moins de l’ignorance.

Par ailleurs, lorsque vous évoquez les responsabilités des autres protagonistes comme le HCR ou d’autres Etats, vous voulez de nouveau excuser les présumés responsables de ces massacres en disant qu’en quelque sorte ce n’est pas de leur faute, puisque les autres n’ont rien fait. Vous imaginez-vous un présumé génocidaire au TPIR d’Arusha entrain de plaider sa cause en disant « ce n’est pas de ma faute c’est celle des Belges qui ont retiré leur contingent de la MINUAR » ! Ici, je crois que le sadisme atteint son paroxysme. S’il y a d’autres responsabilités que celle de l’APR, elles ne diminuent en rien celle-ci, puisqu’il n’existe aucune norme internationale qui justifie le massacre des vieillards, des femmes, des enfants,…sous prétexte qu’ils sont ou étaient dans les mêmes camps que les militaires ou les miliciens. En outre, il est documenté que même lorsque des vieillards, des femmes et des enfants ont été regroupés à part, ils furent massacrés, sous le seul critère qu’ils étaient des réfugiés hutus.

S’il y a une responsabilité des organismes comme le HCR, ce n’est pas celle que vous pointez du doigt, mais celle d’avoir refusé d’assister les militaires et leurs dépendants dans des camps différents de ceux des autres civils, ce qui a obligé ces premiers à rejoindre les camps des autres civils pour leur survie. Or, un militaire vaincu et qui dépose les armes, mérite autant l’assistance internationale aussi longtemps qu’aucune juridiction indépendante de celle de son vainqueur ne l’a jugé et condamné. Et d’ailleurs si condamnation il y a, la peine doit être purgée dans les règles, la peine de mort elle-même suivant une certaine procédure dans les pays où elle est toujours d’application.

Rien ne peut donc justifier la mise à mort des centaines de milliers de personnes, sans aucun autre forme de procès, et la responsabilité des autres ne peut atténuer celle de l’APR qui a pratiqué la chasse à l’homme sous couvert d’une guerre de renversement de Mobutu. Chaque génocide est singulier de sa nature. Le génocide des tutsi en 1994 n’enlève en rien la réalité du génocide des réfugiés hutu deux ans plus tard, comme ce dernier n’enlève en rien à la réalité du génocide des tutsi. Ces faits sont graves et leur qualification doit être la plus rigoureuse qui soit pour rendre justice aux victimes et pour mettre fin à l’impunité une fois pout toutes. Toutes les questions que vous soulevez quant au nombre exact des victimes ou quant aux noms des commandants responsables des massacres pourraient trouver des réponses si un tribunal ad hoc était constitué avec des moyens conséquents, ce rapport du HCDH n’étant qu’une étape dans le recherche de la vérité, de toute la vérité, celle qu’on tente de nous cacher depuis plus d’une décennie, mais qui continue de réclamer d’être clamée haut et fort.

Fait à Paris, le 16 septembre 2010

Pour le Comité de Soutien aux FDU-Inkingi

Dr Emmanuel Mwiseneza, Conseiller à l’Information et à la Communication

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Afrique Centrale:Charles Onana – L’Afrique centrale pourrait connaître le scénario rwandais

Posté par Adolphe Habimana le 19 septembre 2010

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Entretien mené par Dorine Ekwè

16 Septembre 2010


 

interview

Kinshasa — A la suite de la conférence, très courue, qu’il a donnée le 10 septembre dernier à Yaoundé, le journaliste et essayiste franco-camerounais qui s’est illustré ces 10 dernières années sur ses enquêtes sur le Rwanda et les conflits dans les Grandes Lacs, met en exergue la «stratégie» mise sur pied pour déstabiliser la zone Afrique centrale en passant par le Rwanda.

Au moment où vous teniez votre conférence à Yaoundé, Paul Kagamé, le président rwandais, menaçait les Nations Unies de retirer ses troupes du Darfour si l’organisation mondiale venait à publier son rapport qui accuserait son armée de pires exactions au Congo. Etait-ce le prétexte de votre prestation à Yaoundé, ou un simple hasard de calendrier ?

Je peux dire que c’est juste une coïncidence de calendrier : lorsque j’ai été invité par le journal Mutations pour cette conférence au Cameroun, personne ne savait qu’on allait avoir des fuites dans le journal Le Monde sur le rapport de l’Onu en Rdc. La pression que fait Paul Kagamé de retirer ses troupes du Darfour si l’Onu publiait ce rapport est inacceptable ! Ce dont il est question, aujourd’hui, ce sont des millions de morts au Congo et le pillage des ressources dans ce pays.

Je suis ravi que le rapport des Nations Unies confirme mes investigations sur le Congo. M. Kagamé, s’il n’a rien à se reprocher, pourquoi fait-il du chantage à l’Onu ?

Quelle est la crédibilité des procès sur les génocidaires menés par le Tribunal pénal international d’Arusha sur le Rwanda ?

Pour avoir eu des confidences de Carla Del Ponte à l’intérieur de ce tribunal, je peux conclure aujourd’hui que ce tribunal est une véritable mascarade judiciaire. Il y a certes des juges qui sont honnêtes dans ce tribunal et qui essaient de faire leur travail.

Comment pouvez-vous expliquer que seuls les Hutus sont devant ce tribunal, et qu’aucun criminel Tutsi ne s’y retrouve ?

Les événements de 1994 impliquent à la fois l’armée rebelle Fpr et l’armée gouvernementale de Habyarimana, mais il n’y a que les Hutus dans ce tribunal. Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que dans la mission du Tpir, il y a la réconciliation nationale.

Comment pouvez-vous tendre à cela, si vous n’accusez qu’un groupe au détriment de l’autre ? Est-ce pour cette raison que vous considérez que le génocide est le plus grand mensonge sur l’Afrique ?

Tout à fait ! C’est l’un des plus grands mensonges et l’une des plus grandes manipulations de l’Afrique du XXème siècle. On nous a fait croire que le génocide du Rwanda avait été planifié par les Hutus. Au jour d’aujourd’hui, on constate qu’il n’y a personne, au Tpir, qui a été condamné pour avoir planifié le génocide. On constate en même temps qu’en 2005, il y a un rapport interne et confidentiel des Nations Unies qui montre qu’il n’y a aucun début de commencement de preuve sur la planification du génocide. Ce que l’on ne veut pas dire, c’est qu’il s’agit d’un coup d’Etat pour renverser le président en exercice, Juvénal Habyarimana, au profit de Paul Kagamé, qui a bénéficié de la mort du président Habyarimana.

C’était une façon de mettre en place une stratégie qui permette à Paul Kagamé de mettre sur pied une base arrière pour la conquête des minerais, notamment l’uranium et le coltan au Congo. Ce qui, aujourd’hui, démontre clairement que l’ensemble des multinationales qui travaillent sur le coltan, l’achètent à vil prix au Rwanda ; ce pays est devenu un exportateur du coltan et de l’or, alors qu’il n’a pas du tout ces minerais dans son sous-sol. Voilà la mission qui a été dévolue à M. Kagamé et à son gouvernement. Ceci est très dangereux pour l’Afrique centrale, parce que les pays pétroliers de la sous-région vont forcément être menacés comme le Congo, si leurs dirigeants ne font pas attention.

Certains estiment que les conflits, dans les Grands Lacs, c’est davantage une bataille géopolitique et géostratégique

C’est une bataille géopolitique intense dans laquelle vous avez des Français, des Anglais et des Américains. Ces derniers sont très nerveux, et veulent reprendre l’ancienne chasse gardée de la France. Vous avez également les Chinois, qui arrivent de façon très organisée et qui s’implantent solidement en Afrique. Tout cela fait que le gâteau va devenir petit, pour ceux-là qui avaient tout gratuitement et facilement. Il va donc falloir négocier.

Pour éviter de se retrouver dans des situations de négociations, on crée l’instabilité parce que, dans ce genre de situation, il n’y a pas d’Etat pour organiser le commerce des matières premières et, avec les guerres, on peut plutôt vendre des armes, faire des trafics empêcher des révoltes populaires parce que les gens sont plutôt attachés à leur sécurité.

Vos écrits sont très souvent axés sur le régime Kagamé. Ne craignez-vous pas qu’à un moment, votre opiniâtreté apparaisse comme un conflit de personnes avec le président rwandais ?

J’ai toujours dit que, si c’était le président Kagamé qui avait été victime d’un attentat le 6 avril 1994, j’aurais fait exactement la même enquête. Quand je commençais mon enquête, je ne savais pas que c’était le président Kagamé qui était responsable de cela. Je ne savais pas qu’il voulait, plus tard, piller les ressources du Congo. Les arguments que j’avance, ils sont les uns après les autres indestructibles. Dans cette histoire, je suis tout simplement attaché à ce que les Africains comprennent qu’il ne faut pas sous-estimer ce qui est en train de se passer.

Comment cela ?

En 2004, quand j’ai écrit mon livre, les Congolais avaient sous-estimé ce qui était en train de se passer dans leur pays avec l’armée rwandaise. Quelque 10 ans après, ils se retrouvent avec 6 millions de morts. Et ce n’est pas terminé. Aujourd’hui, par exemple, le Cameroun a de nombreux réfugiés hutus. Les réfugiés hutus, pour le Rwanda, ont été un prétexte pour attaquer militairement le Congo. Je ne veux pas que le Cameroun se retrouve dans la même situation que le Congo. Je ne veux pas que d’autres pays en Afrique centrale, à l’exemple du Congo Brazzaville, qui a également des réfugiés hutus, se retrouvent dans cette même situation.

Doit-on penser qu’il existe une stratégie de conquête de l’Afrique centrale, soigneusement préparée par le Rwanda ?

Je pense plutôt à une volonté de coloniser l’Afrique centrale sous le régime de Paul Kagamé, ou, en tout cas, sous le pouvoir qui lui ressemble. C’est sur cela que je veux attirer l’attention des gens dans la région pour leur dire : ce qui se passe a été réfléchi, pensé et la stratégie qui est sur le terrain vous le démontre tous les jours, y compris avec les voyages politiques. Vous ne voyez pas, par exemple, les mêmes voyages politiques faits vis-à-vis d’autres dirigeants africains qu’on menace plutôt d’emprisonner ou d’arrêter. Je veux tout simplement que les Africains comprennent le jeu qui est en train de se dérouler sur leurs têtes. C’est un jeu très complexe mais très efficace.

La France a récemment envoyé des juges pour enquêter sur l’attentat du 06 avril 1994

Les avocats des veuves françaises ont déposé une plainte en 1997, et cette plainte suit son cours. Les avocats veulent savoir la vérité, et M. Sarkozy est dans une situation où il veut, d’un côté, reprendre les relations diplomatiques avec le Rwanda, et de l’autre, il est obligé de se rendre compte que les juges français doivent quand même faire leur travail. Le départ du juge ne va pas, en ce qui me concerne, apporter des révélations sur la question. Mais j’ose simplement espérer que le fait d’aller voir le lieu de l’attentat, de faire une expertise balistique, permettrait tout simplement de confirmer un certain nombre de choses sur le plan technique que l’on sait déjà et de faire connaître la vérité.

Rappel:Charles Onana Présente son livre “Ces tueurs tutsi au cœur de la tragédie congolaise

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 Paris, 30 avril 2009, Charles Onana, journaliste d’investigation, a malgré les pressions présenté son livre qui fait du bruit au sein de la diaspora congolaise de par le monde. L’intitulé du livre est sans ambages : “Ces tueurs tutsi au cœur de la tragédie congolaise ». Pendant la cérémonie, Mr Albert Ntare, Président de la diaspora rwandaise de Bruxelles a demandé pardon aux congolais pour les crimes commis par le Rwanda au Congo. Il a été très ovationné par les congolais.

        Jusqu’en dernière minute, les pressions ont été exercées au près de sœurs de la Congrégation de la Légion de Marie sise au 43 rue Boileau dans le XVIème Arrondissement pour que la présentation de cet ouvrage n’ait pas lieu.

Charles Onana est arrivé serein saluant une bonne partie de la salle avant d’être présenté par Mr. Lilo Miango, modérateur de la manifestation.

Une foule immense des Congolais de la diaspora était présente dans la salle. Un échange fructueux s’est réalisé lors de la prise de paroles par les congolais mais surtout pendant la dédicace du livre par l’auteur.

Les sœurs catholiques de la légion de Marie ont dû intervenir pour que la salle soit libérée tellement les gens étaient scotchés à leur chaise, la réunion étant déjà finie et l’heure de la clôture largement dépassée.

Venu presque de la plupart des capitales européennes, le public constitué majoritairement des communautés congolaises et rwandaises, n’a pas regretté son déplacement. Encore une fois, le journaliste d’investigation a apporté avec pertinence, un plus dans son long combat qu’il mène depuis longtemps en faveur des victimes de la tragédie congolaise, en rétablissant la vérité sur les douloureux événements qui se sont passés au Rwanda. Dès sa prise de parole, il a tenu l’assistance en haleine expliquant durant deux heures dans un style mélancolique, le calvaire congolais dans son ensemble.

Charles Onana est journaliste d’investigation, auteur, entre autres, de : Les secrets du génocide rwandais (2002), Les secrets de la justice internationale (2005), Joséphine Baker contre Hitler(2006), Les voyous de l’Arche de Zoé (2008). Il s’est dit consterner par des contres vérités qui alimentent le génocide rwandais et a fustigé l’hypocrisie de la communauté internationale qui se mure dans un silence complice face à ce qui se passe à l’Est de la République démocratique du Congo.

« Avant toute chose, je voudrais d’abord avoir une pensée profonde pour les femmes congolaises qui endurent les souffrances, les viols et les crimes inacceptables. Et mes conclusions ont prouvé que Paul Kagame est le vrai auteur non seulement du génocide rwandais, mais également des crimes abominables qui se perpétuent dans la grande indifférence, dans la région des Grands Lacs. Il bénéficie dans cette entreprise macabre, de la complicité des dirigeants occidentaux et de l’aide de ses acolytes rwandais ». A –t- il annoncé.

Me Marie Thérèse Nlandu était présente dans la salle. Prenant la parole, elle a prôné la « dé-tutsisation des institutions congolaises et la libération rapide et sans condition du Congo ».

Affichés sur une couverture rouge, couleur du sang congolais qui amplifie le contenu sémantique, les trois personnages qui y figurent (Paul Kagamé, James Kabarebe et Laurent Nkunda), appartiennent tous à l’ethnie tutsi et sont reconnus comme des criminels, selon les investigations de l’auteur. Ces tueurs sont soutenus aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Belgique ainsi que par des multinationales et sont devenus les sous-traitants officiels d’une mondialisation sanguinaire en Afrique Noire.

L’auteur dénonce ce silence et s’indigne également du rôle des organisions internationales spécialisées dans la défense des droits de l’homme qui ne font pas assez dans la tragédie congolaise, alors qu’ils font beaucoup des bruits quand il s’agit des autres pays africains. C’est l’exemple du Zimbabwe. Pour le cas de la République démocratique du Congo, elles s’impliquent à géométrie variable dans leurs missions, minimisant si pas ignorant les crimes commis par le président rwandais, Paul Kagamé.

Ce livre se place dans le même contexte que ceux écrits par, Honoré Ngbanda (Crimes organisés en Afrique centrale), Carla DEL PONTE ou encore Koffi Atsu Amega (enquête sur les massacres de réfugiés hutu dans l’ex-Zaïre en 1996-1997) sur le génocide rwandais.

Cependant, bien que Charles Onana ne se soit pas rendu au Congo, attaque acerbe émise par ses adversaires, la préface de Cynthia McKinney, ancienne sénatrice américaine et envoyée spéciale de Bill Clinton en Afrique, rajoute une valeur refuge dans l’enquête de notre confrère. Hormis cela, les témoignages obtenus auprès des acteurs de cette tragédie, notamment Victor Mpoyo ou le Général Mofu, l’homme qui a tout fait pour la prise de Kinshasa lors de la conquête de l’AFDL en 1997 ou les documents confidentiels de l’union européenne créditent la thèse d’un travail de grande qualité.

Bénéficiant des exemplaires destinés à la presse, Réveil-FM qui a lu ce chef-d’œuvre, reprend ci-dessous quelques passages choisis pour aider ses lecteurs.

Instrumentalisant la mémoire de la Shoah, ils s’autoproclament victimes d’un génocide au Rwanda. Pourtant, en 1994, ils ont assassiné deux chefs d’Etat africains, des milliers de Rwandais ainsi que des témoins français, espagnols et canadiens.

Ils sont aussi soupçonnés d’avoir froidement abattu les parents du chanteur Corneille. En 1997, ils envahissent la République Démocratique du Congo (RDC) où ils exterminent des milliers de réfugiés hutus.

Bénéficiant de l’impunité, ils torturent et violent les femmes à l’Est de la RDC et massacrent plus de 6 millions de Congolais chez eux (…)

L’enquêteur qui a obtenu nombreux documents confidentiels de l’Union Européenne, révèle que depuis 2005, le président de la RDC, Joseph Kabila qui bénéficie les soutiens les plus actifs au sein de l’Union Européenne, serait disposé à partager les richesses de son pays avec le Rwanda; une curieuse idée émise également par le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy en 2009 et qui n’a pas été condamné par le chef de l’Etat Congolais.

Curieux silence de la part du garant de l’intégralité territoriale du Congo !

Le commissaire européen, Louis Michel dont le nom était chahuté chaque fois qu’il était cité, joue un rôle très décisif dans le malheur du peuple congolais. A l’instar du ministre français Bernard Kouchner qui soigne ses relations avec le régime tutsi de Kigali et de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, devenu « conseiller bénévole » du dictateur Paul Kagame, cet homme est le soutien indéfectible des tueurs tutsi.

En tout cas, certains chapitres de cet ouvrage, racontent exceptionnellement aussi comment l’uranium du Congo a servi à fabriquer la bombe atomique américaine en 1942 et comment le gouvernement américain a formé des extrémistes tutsi pour déstabiliser l’Afrique Centrale sous le regard complaisant de la communauté internationale et des grandes démocraties.

Appuyés par les témoignages de Victor Mpoyo, l’auteur démontre comment des puissances étrangères, pillent massivement les ressources minières de la RDC pour les vendre à Kigali et craint que les nations africaines ayant d’énormes réserves pétrolières, puissent être demain, victimes de la même méthode.

Pour l’assistance, où on a noté la présence remarquable des figures de la scène politique congolaise au sein de la diaspora comme de Me Marie Thèrese Nlandu (venue spécialement de Londres), Jean-Pierre Bolefa (proche de l’Apareco), M.José ode Tuba et M.Dekeke Tukemba, respectivement vice-président et président du Mouvement de Résistance de la diaspora Congolaise en France et bien d’autres. Même l’artiste musicien Felix Wazekwa était dans la salle. Il est clairement établit que la situation dans la quelle s’embourbe le pays est cillement voulue et il y pas de doute.

La République démocratique du Congo est victime de ses richesses. La présence de Joseph Kabila à la tête du pays marque le début de la balkanisation de ce pays.

Fait marquant, le représentant de la communauté rwandaise venu de Bruxelles a pris la parole en demandant pardon au peuple congolais. « Je viens ici pour demander pardon au peuple congolais qui nous a tellement aidé, dans notre malheur. Kagamé est l’un de plus grands criminels que l’humanité ait connu. Et nous continuerons toujours à le dire tant que nous serons vivant avec l’aide de Dieu.»

Le président de la société civile de la communauté rwandaise de Belgique, Albert Ntare qui sort d’une détention à Bruxelles pour avoir manifesté le jour de la commémoration du génocide rwandais, a insisté que la communauté internationale arrête de gratifier Paul Kagame de ses crimes. Il a été grandement ovationné par l’assistance qui le connaît pour ses prises de position à l’égard de tueurs tutsi.

Jean-Pierre Bolefa, proche de l’Apareco s’est indigné la complicité de Joseph Kabila et des Joséphistes sur les malheurs qui s’abattent sur les Congolais

Le départ de Mobutu est même évoqué dans plusieurs passages où on comprendra, les raisons invraisemblables de la coalition des armées étrangères qui se sont précipitées en se battant sur le sol zaïrois pour faire partir « le Grand Léopard » du pouvoir. Ces mercenaires de l’horreur ont un nom : les extrémistes tutsi du Rwanda.

En effet, Charles Onana fait remarquer qu’il faut bien différencier les extrémistes tutsi aux autres citoyens du Rwanda qui ne sont pas tous tueurs, mais sont instrumentalisés par les criminels précités et marginalisés également par le régime de Kigali.

Albert Ntare, président de la diaspora rwandaise demandant pardon au peuple congolais.

Fait marquant, le représentant de la communauté rwandaise venu de Bruxelles a pris la parole en demandant pardon au peuple congolais. « Je viens ici pour demander pardon au peuple congolais qui nous tellement aidé, dans notre malheur. Kagamé est l’un de plus grands criminels que l’humanité a connu. Et nous continuerons toujours à le dire tant que nous serons vivant avec l’aide de Dieu.»
Le président de la société civile de la communauté rwandaise de Belgique, Albert Ntare qui sort d’une détention à Bruxelles pour avoir manifesté le jour de la commémoration du génocide rwandais, a insisté que la communauté internationale arrête de gratifier Paul Kagame de ses crimes.

Il a été grandement ovationné par l’assistance qui le connaît pour ses prises de position à l’égard de tueurs tutsi.

Pour sa part, la presse de la diaspora africaine et le public ont suffisamment accompagné l’action de Charles Onana. Pour minorer ses dépenses, l’auteur a écoulé plus de deux cartons de cet ouvrage, rien que ce soir là. Certains ont acheté plusieurs dizaines, le cas d’Albert Ntare et Jean-Pierre Bolefa qui en ont offert quelques exemplaires aux amis.

Que peut-on tirer comme leçon après la publication de ce livre ? Cette question revient fréquemment lors des ce genre des débats. Après Honoré Ngbanda, Carla Del Ponte et Charles Onana pour ne citer que ceux-là, que faut-il encore faire pour trouver des solutions à la situation congolaise ?

C’est la question posée souvent par les congolais. Certes l’ouvrage s’ajoute aux nombreux livres écrits par quelques personnalités qui veulent rétablir la vérité sur les crimes dont sont victimes les congolais et rwandais.

Il faut rendre hommage à ces gens qui affrontent les fauves dans leur rage.

Pour que leur travail soit utile et intéressant, il appartient aux Congolais, aux dirigeants africains et aux peuples humiliés à travers le monde, d’agir avec courage. Surtout, il faut que les Congolais se réveillent.

Si les Congolais se mobilisent et mesurent l’humiliation qui leur est infligée, il se passera quelque chose. Sinon, les tueurs et les amis continueront à dire « Gloria Victis », « Gloire aux vaincus » !

Réaction de Warry Matingu :

« Mr. Charles ONANA vient

d’émouvoir la sensibilité des RD Congolais,
d’exciter l’imagination des RD Congolais,
de rencontrer l’intelligence des RD Congolais.

Si vous êtes RD Congolais, AGISSEZ.
Levez-vous et Agissez !
Levez-vous et Agissez !
Levez-vous et Agissez !
A bon entendeur, Gare à vous ! »

Source: Le Potentiel

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France/Rwanda:Meurtre d’Habyarimana : fin de mission à Kigali pour les juges français

Posté par Adolphe Habimana le 19 septembre 2010

 

Marc Trévidic (4e à D) et Nathalie Poux, à Rutongo Hill au Rwanda le 15 septembre 2010.

Marc Trévidic (4e à D) et Nathalie Poux, à Rutongo Hill au Rwanda le 15 septembre 2010. © AFP

Les juges français ont achevé vendredi à Kigali une semaine d’auditions de témoins et de déplacements sur le terrain. Objectif de leur mission : déterminer l’origine des tirs contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994.

Les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux, accompagnés notamment d’experts géomètres, en balistique, explosifs et incendie, devaient regagner Paris samedi, a expliqué à l’AFP Me Léon-Lef Forster, avocat de la défense lui-même présent à Kigali.

Depuis dimanche dernier, le groupe de Français a multiplié les déplacements sur le terrain et les relevés scientifiques pour tenter de déterminer avec précision l’origine des tirs de missiles, cruciale dans l’enquête.

Vendredi matin, une cérémonie a été organisée au ministère de la Justice Rwandais avec la délégation française. Il s’agissait, selon Me Forster, de « remercier le Rwanda pour sa coopération (…) ainsi que les juges français qui ont eu la démarche objective après 16 ans de se déplacer et de faire faire cette expertise qui permet enfin d’avoir des données techniques plus précises que de simples supputations orientées ».

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Le juge français Marc Trévidic pendant son enquête, dans la banlieue de Kigali au Rwanda le 16 septembre 2010.

Crédit : AFP

Rapport remis avant mars 2011

Le soir du 6 avril 1994, l’avion transportant notamment le président Habyarimana, un Hutu, et son homologue burundais Cyprien Ntaryamir avait été abattu en phase d’atterrissage à Kigali par au moins un missile antiaérien. Cet attentat est considéré comme le signal déclencheur du génocide qui fit 800.000 morts selon l’ONU, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Deux thèses s’affrontent dans cette enquête: la première met en cause l’ex-rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, actuellement au pouvoir. La seconde impute l’attentat aux extrémistes « Hutu Power » des Forces armées rwandaises qui auraient voulu se débarrasser du président Habyarimana, jugé trop modéré.

La commission d’enquête rwandaise sur l’attentat a défendu cette thèse, s’appuyant notamment sur les conclusions d’une expertise balistique britannique. « Il y a eu une réunion entre les experts britanniques et les experts français pour un échange de points de vue, d’informations, de réflexions », a rapporté Me Forster.

Les experts français doivent à présent exploiter leurs données et sont censés rendre leur rapport aux deux juges avant mars 2011.

Source:rfi

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Rwanda:Le destin de Rose Kabuye

Posté par Adolphe Habimana le 19 septembre 2010

Rose Kabuye, ancienne chef du protocole de la présidence rwandaise.

Rose Kabuye, ancienne chef du protocole de la présidence rwandaise. © AFP

Le limogeage Rose Kabuye du poste de directrice du protocole de la présidence rwandaise a suscité son lot de rumeurs fantaisistes.

C’est pour « incompétence » et « fautes professionnelles » commises dans l’exercice de ses fonctions que Rose Kabuye (49 ans), la directrice du protocole de la présidence rwandaise, a été officiellement limogée à la mi-septembre, après plusieurs semaines de mise à l’écart. De novembre 2008 à avril 2009, l’intéressée avait été assignée à résidence par la justice française dans le cadre d’une enquête sur l’assassinat de Juvénal Habyarimana, avant d’être remise en liberté, faute de preuves. Cette mésaventure lui avait valu dans son pays un statut de star, qui, dit-on à Kigali, lui avait quelque peu « tourné la tête ».

Depuis plusieurs mois, le président Paul Kagamé ne cachait pas son agacement devant les bourdes à répétition de sa collaboratrice. Ce limogeage, qui n’a rien à voir avec la sécurité du chef de l’État (domaine auquel la directrice du protocole était totalement étrangère), a suscité quelques explications fantaisistes. Selon ces rumeurs, Kabuye aurait exigé de Kagamé un poste de ministre, voire une ouverture du régime en direction de l’opposition ! Ceux qui la connaissent – et qui connaissent le mode de fonctionnement du pouvoir en place à Kigali – en sourient encore…

source:rfi

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