André Guichaoua, sociologue, sur le rapport de l’ONU sur les exactions en RDC : «La fin de seize ans d’impunité pour les vainqueurs au Rwanda»

Posté par Adolphe Habimana le 29 août 2010

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André Guichaoua, sociologue(image d’archive)

(Liberation 29/08/2010)

Dix ans de meurtres, de viols et d’exactions en république démocratique du Congo (RDC) et une accusation d’éventuel génocide à l’encontre du Rwanda d’aujourd’hui : c’est ce que contient la version provisoire d’un rapport de 545 pages que n’a pas encore publié le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), mais dont les fuites sont parvenues jeudi à la presse. Le document revient sur ce qui s’est tramé dans l’ex-Zaïre entre mars 1993 et juin 2003. Une période qui couvre les deux guerres du Congo, qualifiées de «guerre mondiale africaine» en raison du nombre de pays impliqués – 9 selon le rapport – mais aussi de victimes, qui se comptent par millions.

Rejeté jeudi comme «balivernes» par le gouvernement rwandais, le document met Kigali dans l’embarras. Il ouvre la voie à d’éventuelles poursuites pour «crimes contre l’humanité, crimes de guerre, voire de génocide». Si tous les regards se tournent de nouveau vers le Rwanda, il ne s’agit pas, cette fois, de se souvenir du génocide de 800 000 Tutsis par des milices hutues en 1994 mais du massacre systématique et prémédité par l’armée rwandaise, en territoire congolais, de dizaines de milliers de Hutus qui avaient fui le Rwanda par crainte de représailles tutsies. Le régime de Paul Kagame dément toute exaction en RDC, et affirme n’avoir fait que poursuivre dans l’ex-Zaïre les miliciens hutus génocidaires. Or, ce rapport du HCDH change un rapport de force et une écriture de l’Histoire, que décrypte pour Libération le sociologue français André Guichaoua, spécialiste de la région des Grands Lacs.

Pourquoi des fuites de ce rapport parviennent-elles maintenant à la presse ?
En fait, le rapport est congelé depuis plusieurs mois. Ces fuites sont habituelles, sur ce type de document, mais le plus surprenant aujourd’hui, c’est la réaction indignée des autorités rwandaises, alors qu’elles font pression depuis plusieurs semaines pour bloquer le rapport !

Que pensez-vous de l’accusation de génocide formulée à demi-mots par le rapport, à l’encontre d’une armée rwandaise accusée d’avoir massacré des Hutus en RDC ?
Des actes génocidaires ont été commis, c’est indéniable. Mais de tels actes ne font pas génocide. Si toutes les fois que des actes génocidaires étaient commis, on utilisait le terme de génocide, nous en aurions dix ou vingt par an. L’utilisation du terme est d’ailleurs laissée à l’appréciation des juristes par le rapport, qui n’a pas voulu franchir ce pas.

Quoi qu’il arrive, il me paraît très difficile de mettre sur le même plan la reconnaissance d’un éventuel génocide des Hutus au Congo avec celui des Tutsis au Rwanda. Il n’y avait pas les mêmes objectifs, la même finalité. Ce qui est plus ennuyeux encore, c’est le risque de globalisation de toutes les victimes des deux guerres du Congo. Entre 1998 et 2003, la grande guerre africaine a fait entre 3 et 4 millions de victimes, essentiellement civiles, dont on ne peut pas attribuer la responsabilité au seul Rwanda. Or, l’amalgame risque d’être fait dans les comptes rendus et l’utilisation politique du rapport.

Paul Kagame va-t-il de devenir un paria sur la scène internationale ?
Son affaiblissement est déjà réel. La dernière présidentielle au Rwanda, qu’il a remportée avec 93% des voix, n’a pas été une fête, en grande partie à cause de la manière dont la campagne a été menée. Les motifs d’énervement du candidat-président tenaient déjà à l’actualité qui se profilait, avec ce rapport. Il existe par ailleurs un désenchantement des bailleurs de fonds. Le département d’Etat américain a adressé des critiques au Rwanda. Or, ce pays ne tient que grâce à deux ressources : l’aide extérieure et les minerais du Kivu, région de la RDC située à la frontière du Rwanda. C’est le fait de le dire qui pose problème aujourd’hui.

Pourquoi les autorités rwandaises se montrent-elles aussi nerveuses concernant ce rapport ?
Parce qu’il met fin à seize ans d’impunité du camp des vainqueurs au Rwanda. Si le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) avait joué son rôle et lancé des procédures sur les massacres de Hutus, des actes connus et documentés, le sentiment profond d’une incroyable injustice n’existerait pas aujourd’hui. Parce que le Rwanda a bénéficié du laxisme de la communauté internationale, il se retrouve dans une situation très complexe aujourd’hui. Des Rwandais, mais aussi des pays comme l’Espagne ou le Canada, dont des ressortissants ont été tués, et qui n’ont jamais osé porter plainte, vont pouvoir le faire.

Le rapport de forces idéologique a changé, et risque de se solder par une multiplication des procédures. Même des observateurs des Nations unies ont été assassinés par le Front patriotique rwandais [FPR, au pouvoir à Kigali, ndlr], et les dossiers ont ensuite été enterrés. Tout cela peut ressurgir. On a mis sous le boisseau un nombre incalculable de procédures, alors que tout le monde savait que des crimes importants avaient été commis. On a construit une success story rwandaise, un noyau de croyances qui s’est consolidé avec la caution tacite des Nations unies. Si le TPIR avait fait son travail, on n’en serait pas là.
Recueilli par SABINE CESSOU
 

© Copyright Liberation

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RWANDA: LE MOT « GENOCIDE » EST LACHE »: TOUS POURRIS?

Posté par Adolphe Habimana le 27 août 2010

   «Génocide» en RDC : le rapport de l’ONU provoque la colère du Rwanda 

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Un casque bleu rwandais au Darfour au Soudan.

AFP

Par RFI

Y-a-t-il eu des crimes contre l’humanité, de crimes de guerre, voire des actes de génocide en République démocratique du Congo à partir de 1993 ? C’est ce que soutient Le Monde, qui publie un pré-rapport encore confidentiel du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme. Selon le quotidien, il s’agit d’un rapport quasi-définitif. L’enquête rassemble des éléments accablants concernant les crimes commis entre 1993 et 2003 notamment par les rebelles congolais et l’armée rwandaise. Le document provoque la colère du Rwanda, et l’embarras de l’ONU.

Avec notre correspondent à New-York, Philippe Bolopion.

Le Rwanda n’a pas hésité à menacer l’ONU : si le rapport sortait ou « fuitait », avait prévenu Kigali, les casques bleus rwandais seraient retirés des opérations de maintien de la paix. Au siège de l’ONU à New York, la menace est prise au sérieux.

Il y a plus de 3 300 casques bleus rwandais au Darfour et leur départ serait difficile à combler. Ce qui irrite le plus le Rwanda dans le rapport c’est l’utilisation du mot génocide pour décrire les crimes commis par son armée et ses alliés congolais dans l’est de la République démocratique du Congo entre 1996 et 1998.

Le Front patriotique rwandais pourchassait alors dans les camps hutus d’anciens responsables du génocide de 1994 qui avait fait près de 800 000 morts principalement tutsis. Dans de nombreux villages des milliers de réfugiés hutus sont à leur tour massacrés parfois à coup de marteau ou de hache.

Selon la version que s’est procurée le quotidien Le Monde mais qui a été modifiée selon l’ONU, ces attaques systématiques et généralisées pourraient, si elles sont prouvées devant un tribunal compétent être elles-aussi qualifiées de génocide. Le terme lourd de symboles fait mal à Kigali.

Le cabinet du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, est lui dans l’embarras. Il a mis en garde les auteurs du rapport contre l’utilisation du mot génocide en leur demandant de vérifier leur base juridique.

tags: Ban Ki-moonRDCRwanda

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Un rapport de l’ONU fait l’inventaire de 10 ans de crime en RDC

Posté par Adolphe Habimana le 26 août 2010

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Un rebelle zaïrois de l’armée de Laurent-Désiré Kabila passe devant une foule de réfugiés hutus rwandais dans le camp de Biaro, près de Kisangani le 8 mai 1997.

AFP / A. Senna

Par RFI

Une radiographie de 10 années de guerre en RDC : c’est le rapport que devrait publier, en septembre 2010, le Haut-Comissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH). Un rapport dont le journal Le Monde s’est procuré une version quasi-définitive et dont il donne les grandes lignes dans son édition datée du 27 août 2010. Pas de chiffres clairs en ce qui concerne le nombre de victimes entre 1993 et 2003 mais l’enquête de 600 pages rassemble des éléments inédits et accablants concernant les crimes commis durant cette période et notamment sur des faits de génocide qui auraient pu être commis au Congo entre 1996 et 1998 par des militaires rwandais ou soutenus par le Rwanda.

Le pré-rapport baptisé projet « Mapping » lance des accusations très lourdes contre Kigali. Cité par Le Monde, il parle de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre voire de génocide. Ce document, dont la sortie est programmée en septembre et donc pas encore validée par les instances onusiennes, parle d’attaques systématiques et généralisées contre les hutus réfugiés en RDC.

A cette époque, peu après le génocide des Tutsis au Rwanda, ils sont plus d’un million de Hutus à avoir fui le pays suite à la victoire du Front Patriotique Rwandais de Paul Kagamé. Ils s’entassent dans des camps le long de la frontière. Des sites qui servent également à abriter et à recruter d’anciens génocidaires hutus.

En 1996, l’armée rwandaise entre dans l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo, une nouvelle coalition créée avec à sa tête le Congolais Laurent-Désiré Kabila, futur tombeur du maréchal Mobutu. Et sous couvert de l’alliance, les soldats rwandais auraient alors traqué les réfugiés. Attaquant les camps, bloquant l’aide humanitaire, les tuant le plus souvent à l’arme blanche.

Le pré-rapport du HCDH parle du plus grand nombre d’incidents violents de la décennie, d’attaques méthodologiques, préméditées contre les Hutus dépistés sur une vaste étendue du territoire.

Selon le journal Le Monde, Kigali aurait tenté d’étouffer le rapport. Paul Kagamé aurait même menacé Ban Ki-Moon, le secrétaire général de l’ONU, de retirer les troupes rwandaises des missions de maintien de paix. Il faut savoir que le Rwanda est l’un des plus gros contributeurs africains de casques bleus avec un déploiement de plus de 3 000 hommes, au Darfour notamment.

Mais le Rwanda n’est pas le seul Etat mis en cause dans ce rapport. Au moins huit armées nationales ont pris part à la seconde guerre de RDC entre 1998 et 2003. Et c’est sans compter les actes commis par près d’une vingtaine de groupes armés irréguliers. Le Monde évoque notamment l’Ouganda et l’Angola.

L’Angola qui est accusé d’avoir profité de la présence de ses forces armées à Kinshasa en 1997 pour exercer une répression sur les populations de l’enclave de Cabinda (située au sud de l’Angola) réfugiées au Congo. Et en 1998, Selon le rapport, les Forces armées angolaises (FAA) « procédaient systématiquement à une opération de ratissage et exécutaient tous ceux qu’elles soupçonnaient de collusion avec leurs ennemis. Les FAA en profitaient pour violer des femmes et piller des maisons ».

Un rapport où l’on ne retrouve aucun nom d’auteurs présumés de massacres. Et qui pour le HCDH n’a pas vocation à incriminer directement mais à servir de base pour d’éventuelles poursuites judiciaires. Mais la question est de savoir quelle structure pourrait par la suite enquêter sur ces révélations ? Probablement pas la Cour pénale internationale puisque ces crimes ont été commis avant sa création, en juillet 2002, et échappent ainsi à sa compétence.

Suite à la publication du Monde, l’ONU a réagi. Expliquant qu’il ne s’agissait encore que d’un projet et que certains éléments rendus publics étaient « faux » sans pour autant les détailler.

source:rfi

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RWANDA:Nouvelle arrestation d’un officier à Kigali

Posté par Adolphe Habimana le 23 août 2010

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Le général Faustin Nyamwasa (g), frère de l’officier arrêté à Kigali et ex-allié du président Paul Kagame (d), en 2000.

Reuters

Par RFI

Un lieutenant-colonel de l’armée rwandaise, frère d’un ancien chef d’état-major en exil, a été arrêté à Kigali vendredi 20 août 2010. Ngabo Rugigana est accusé de « déstabilisation » alors que la capitale rwandaise a été frappée par plusieurs attaques à la grenade, depuis février dernier. Kigali a affirmé que son arrestation n’est pas liée à ses liens familiaux. 

Le lieutenant-colonel Rugigana a été arrêté vendredi et est désormais sous les verrous. Les autorités rwandaises affirment qu’il est accusé pour son implication dans « des actes de déstabilisation de la sécurité du pays » et que « les investigations se poursuivent ». Y aurait-il un lien avec les derniers attentats à la grenade dans la capitale Kigali ? Il y a quelques jours, les responsables rwandais affirmaient avoir découvert le groupe qui serait à l’origine de ces attaques du 11 août.

L’officier arrêté est le frère de l’ex chef d’état-major

Mais le suspect est surtout, et avant tout, le frère du général Faustin Kayumba Nyamwasa. Officiellement accusé d’être l’un des cerveaux de ces attaques à la grenade, l’ancien chef d’état-major de l’armée rwandaise, ancien proche du président Paul Kagame, vit en exil en Afrique du Sud depuis février dernier. Le Rwanda a demandé officiellement son extradition.

Enquête en cours en Afrique du Sud

Le 19 juin dernier, le général Nyamwasa a été victime d’une tentative d’assassinat devant son domicile de Johannesburg. Il aurait également échappé à un complot vivant à l’éliminer sur son lit d’hôpital. L’enquête est toujours en cours en Afrique du Sud. Plusieurs personnes devraient être bientôt auditionnées. Ce week-end, le porte-parole de l’armée rwandaise, Jill Rutaremera, s’est empressé de déclarer que l’arrestation du lieutenant-colonel Rugigana n’était pas liée à ses liens familiaux.

source:RFI

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Rwanda: ces anciens frères d’armes qui défient le « dictateur » Kagame

Posté par Adolphe Habimana le 23 août 2010

NAIROBI (AFP) – 23.08.2010 09:37

Les armes à la main au côté du guérillero Paul Kagame, ils ont chassé le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide au Rwanda. De leur exil, ces ex-figures du Front patriotique rwandais (FPR) appellent aujourd’hui à « renverser le président-dictateur ».

Le président rwandais Paul Kagame fête sa réélection à Kigali, le 10 août 2010. Les armes à la main au côté du guérillero Paul Kagame, ils ont chassé le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide au Rwanda. De leur exil, ces ex-figures du Front patriotique rwandais (FPR) appellent aujourd’hui à renverser le président-dictateur . AFP/Archives – Simon Maina » class= »thickbox »> dancekagame.jpg          

Le président rwandais Paul Kagame fête sa réélection à Kigali, le 10 août 2010.

Les armes à la main au côté du guérillero Paul Kagame, ils ont chassé le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide au Rwanda. De leur exil, ces ex-figures du Front patriotique rwandais (FPR) appellent aujourd’hui à « renverser le président-dictateur ».

AFP/Archives – Simon Maina

Photo prise le 4 janvier 2001 à Kigali du général Faustin Kayumba Nyamwasa, chef d’état-major de l’armée rwandaise Début 2010, c’est le général Faustin Kayumba Nyamwasa, chef d’état-major de l’armée jusqu’en 2001, qui quitte clandestinement le pays, également pour l’Afrique du Sud. Héros de la guerre de libération , l’homme est un poids lourd du FPR, un personnage clé du régime et de son armée. AFP/Archives – Marco Longari » class= »thickbox »>

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Photo prise le 4 janvier 2001 à Kigali du général Faustin Kayumba Nyamwasa, chef d’état-major de l’armée rwandaise

Début 2010, c’est le général Faustin Kayumba Nyamwasa, chef d’état-major de l’armée jusqu’en 2001, qui quitte clandestinement le pays, également pour l’Afrique du Sud. Héros de la guerre de « libération », l’homme est un poids lourd du FPR, un personnage clé du régime et de son armée.

AFP/Archives – Marco Longari

Les armes à la main au côté du guérillero Paul Kagame, ils ont chassé le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide au Rwanda. De leur exil, ces ex-figures du Front patriotique rwandais (FPR) appellent aujourd’hui à « renverser le président-dictateur ».

Loin de la présidentielle sans enjeu, triomphalement remportée le 9 août par Kagame, une impitoyable lutte politique se livre en coulisses à la tête du régime rwandais.

Cette bataille de l’ombre met aux prises quelques dizaines d’individus, presque tous Tutsi anglophones issus de la diaspora ougandaise. Chefs militaires dans le maquis, ils ont monopolisé la hiérarchie de l’appareil sécuritaire et étaient les véritables maîtres du pays.

En seize ans de pouvoir, Kagame a cependant fait le vide autour de lui et la plupart de ces « anciens » ont été écartés, sont morts ou ont fui à l’étranger.

Les premières défections commencent fin 90, d’abord des personnalités hutus sans réelle influence. Elles se multiplient discrètement au fil des années, toujours plus proche de la tête du régime.

En 2005, le colonel Patrick Karegeya, tout-puissant chef des services des renseignements extérieurs, est emprisonné pour « insubordination ». Il parvient à s’enfuir deux ans plus tard pour l’Ouganda puis l’Afrique du Sud.

Début 2010, c’est le général Faustin Kayumba Nyamwasa, chef d’état-major de l’armée jusqu’en 2001, qui quitte clandestinement le pays, également pour l’Afrique du Sud. Héros de la guerre de « libération », l’homme est un poids lourd du FPR, un personnage clé du régime et de son armée.

Dans les mois suivant, quatre officiers de haut rang sont arrêtés pour « indiscipline » ou encore « actes immoraux », dont le très influent général Karenzi Karake.

Kayumba et Karegeya, eux, sont taxés de « criminels » et « terroristes », accusés d’être responsables d’une série d’attaques à la grenade à Kigali.

« Avec la fuite de Kayumba, la crise a éclaté au grand jour », observe l’universitaire André Guichaoua.

« Tous ceux qui ne faisaient pas partie du noyau ougandais ont été progressivement éliminés. Les dissensions ont lieu maintenant au sein de ce noyau central », explique-t-il.

Kayumba est la plus sérieuse défection, « car susceptible d’incarner une alternative à Kagame ». Le 19 juin, il a été victime d’une mystérieuse tentative d’assassinat à Johannesburg.

Ces affaires de famille remettent en cause tout le système, fondé sur un FPR uni et efficace, alors que le pouvoir se resserre autour du seul président Kagame, « de plus en plus isolé au sein de l’armée ».

Le chef de l’Etat règne désormais en s’appuyant sur un cercle de très proches, plus jeunes en 1994, comme le ministre de la Défense James Kabarebe, ancien chef de ses gardes du corps.

C’est « la conséquence de l’élargissement du pouvoir, avec l’émergence d’une nouvelle génération », assure un membre du FPR pour qui « les +historiques+ mécontents n’ont pas su s’adapter au changement ».

De son exil sud-africain, le général Kayumba qui rappelle avoir sauvé la vie de Kagame à deux reprises dans le maquis, dénonce la dérive « dictatoriale » d’un président n’usant plus que de « l’intrigue » et de la « trahison ».

Exemples à l’appui, il fustige la corruption de celui qui « n’a plus aucune autorité morale » pour demander à ses concitoyens « de rendre des comptes ».

Karegeya quant à lui appelle les Rwandais à se « soulever contre la dictature » et se dit prêt à soutenir une nouvelle « lutte de libération ».

Les deux hommes partagent les plus lourds secrets du régime. Mais leur marge de manoeuvre internationale est cependant limitée, du fait des soupçons de crimes de guerre qui pèsent contre eux.

En interne comme à l’échelle régionale, ils n’en posent pas moins un redoutable défi à Kagame, en particulier s’ils obtiennent un soutien de l’Ouganda souvent bienveillant envers les dissidents rwandais, ou se rapprochent d’autres opposants dans l’est de la République démocratique du Congo voisine.

© 2010 AFP

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Le Rwanda lâche le français et passe à l’anglais

Posté par Adolphe Habimana le 21 août 2010

Décrété en 2008 par le président Kagamé, en pleine fâcherie avec Paris, le changement de langueentrera en vigueur dans les écoles, à la rentrée de septembre.

De notre correspondanten Afrique de l’Est. 

Les dictionnaires d’anglais, arrivés de Grande-Bretagne, trônent sur les bureaux des professeurs. Comme dans le centre de Kigali, où le futur joyau architectural du Rwanda a été baptisé Kigali City Tower, le pays tout entier a pris le virage de l’anglais. De la publicité aux adresses électroniques des fonctionnaires.

C’est en octobre 2008, en pleine rupture des relations diplomatiques avec la France, que l’ancienne colonie belge (et donc francophone) a annoncé le passage à l’anglais dans l’enseignement public comme dans l’administration. Le président Paul Kagamé ¯ un anglophone formé en Ouganda et couvé par les États-Unis ¯ a décrété ce changement pour « donner la priorité à la langue qui rendra nos enfants plus compétents ».

Un véritable bouleversement. « Les enseignants les plus vieux, qui ont fait leurs études en français, et les anciens fonctionnaires, qui ont toujours travaillé en français, ont du mal à s’adapter », rapporte Albert-Baudoin Twizeyimana, journaliste rwandais de l’agence de presse Syfia Grands lacs.

Les enseignants à la peine

Introduit en 1994 dans l’enseignement et, en 2003, comme seconde langue officielle, l’anglais supplantera complètement le français, à la rentrée de septembre, depuis le primaire jusqu’à l’université. Un véritable défi pour les enseignants. L’un d’eux, la quarantaine et francophone, ne cache pas les conséquences : « Il arrivera que les élèves passent une semaine sans rien apprendre car les professeurs doivent, apprendre en anglais ce qu’ils vont enseigner. »

Ces derniers mois, les enseignants ont suivi des formations, animées par des Anglais venus spécialement au Rwanda. Mais ça ne suffit pas, comme le confirme John Simpson, un formateur. « Certains enseignants connaissent un peu de grammaire, mais beaucoup n’ont pas confiance en eux car ils savent qu’ils font des erreurs. »

Au Rwanda, ce changement est critiqué, notamment pour sa radicalité. « C’est impensable qu’un système éducatif à plus de 98 % francophone soit subitement transformé pour devenir anglophone », n’en finit plus d’enrager Jean-Baptiste, un étudiant.

Les parents qui le peuvent ont préféré inscrire leurs enfants en Ouganda, ancienne colonie britannique, où l’enseignement en anglais est bien meilleur. D’autres ont choisi le Burundi et la République démocratique du Congo pour que leurs enfants terminent leur scolarité en français.

Mais, au ministère rwandais de l’Éducation, on reste ferme : « Ceux des professeurs qui ne pourront pas s’adapter n’auront pas la permission de continuer à enseigner. »

 

Arnaud BEBIEN.

source:ouest france

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Soma umuvugizi Vol 77: Amatora, ibibazo bya politique

Posté par Adolphe Habimana le 17 août 2010

Kanda wihere ijisho!

http://www.umuvugizi.com/artviewer.php?ArtID=0000000154

source:umuvugizi.com

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Rwanda : la milice « Intore » bientôt officiellement implantée en Belgique ?

Posté par Adolphe Habimana le 16 août 2010

Dans le Rwanda ancien, les « Intore » étaient des danseurs sélectionnés à travers tout le pays et entraînés à la cour royale. Ils étaient regroupés en phalanges appelée «  Itorero » (pluriel : amatorero). « C’est au sein des amatorero que les jeunes nobles du Rwanda précolonial s’initiaient au maniement des armes et développaient leurs talents d’orateur, de stratège et de meneur d’hommes » (Wikipédia).

Depuis quelques années, le régime du FPR a repris ces termes de la période féodale pour les intégrer dans son vocabulaire politique. Ainsi les « Intore » des temps modernes sont des miliciens destinées à encadrer la population, espionner leurs voisins, harceler les opposants et s’il le faut se transformer en commandos pour enlever ou assassiner les opposants au régime. Ces miliciens reçoivent un endoctrinement dans des camps d’entraînement appelés « Ingando ». Chaque session ou promotion est appelée « Itorero ». Dans ces camps, les jeunes reçoivent un endoctrinement idéologique mais surtout un entraînement militaire (maniement des armes, tir aux balles réelles, marche au pas, …).

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Tous les prétextes sont bons pour organiser une session d’ « Itorero ». Certaines phalanges sont ainsi constituées sur base d’activités professionnelles. Les enseignants seront entraînés ensemble, le personnel médical aura aussi son « Itorero » ainsi de suite… Pour les élèves et les étudiants, la période des vacances est propice pour former le maximum de miliciens et de les organiser en phalanges selon les établissements ou les campus. Une particularité en ce qui concerne les étudiants de l’enseignement supérieur : ceux qui poursuivent les études dans les pays étrangers principalement en Occident subissent les séances d’endoctrinement au Camp Militaire de Gako, au sud-est du Rwanda. Ceux qui étudient au Rwanda sont regroupés dans des camps improvisés. Quand on sait que ce sont presque exclusivement des jeunes tutsi qui sont envoyés aux études à l’étranger, on est en droit de penser qu’ils reçoivent aussi au camp militaire de Gako une toute autre formation d’Intore que leurs collègues restés au pays ou tout au moins des « cours supplémentaires » secrets.

Une fois sur le terrain, les miliciens « Intore » se distinguent par leur cruauté et leur zèle à harceler les opposants. A Kigali, ce sont les « Intore » qui ont à plusieurs reprises empêchées la tenue du congrès constitutif du parti de Frank Habineza, le Green Party. Ceux qui ont agressé Madame Victoire Ingabire présidente des FDU-Inkingi en février 2010 au secteur administratif de Kinyinya sont des « Intore ». Ceux qui sont à la base du putsch qui a chassé Maître Bernard Ntaganda du parti dont il est fondateur, le PS Imberakuri, ne sont autres que des « Intore ». L’espionnage conduisant aux enlèvements ou aux assassinats des opposants hors du Rwanda est l’œuvre des « Intore » qui sont d’ailleurs souvent des militaires démobilisés. La milice « Intore » s’avère plus dangereuse et plus difficile à échapper qu’elle opère en toute discrétion contrairement à la milice officielle du régime la Local Defense Force (LDF) dont les miliciens tout puissants patrouillent  les collines l’arme en bandoulière mais sont connus de la population. En plus la milice Intore se bâtit sur le principe que seule la jeunesse instruite doit être en priorité endoctrinée aux dogmes du parti.

En Belgique, certains observateurs ont toujours attiré l’attention sur le fait que la forte communauté rwandaise vivant dans ce pays est infiltrée d’innombrables « Intore », souvent exilés de fraîche date. On vient d’en avoir la confirmation avec l’arrestation en Afrique du Sud d’un certain KANYANDEKWE Pascal dans le cadre de l’affaire de la tentative d’assassinat du général Kayumba-Nyamwasa. Il aurait en effet quitté la Belgique avec un visa de touriste pour aller tuer Kayumba-Nyamwasa dans son exil sud-africain. Kanyandekwe Pascal avait à peine été naturalisé belge en 2008 comme l’indique l’Arrêté Royal promulgué et publié dans le Moniteur belge le 20/8/2008.

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Et voilà que le régime du FPR annonce officiellement la mise sur pied imminente d’une phalange (« Itorero ») de la milice « Intore » en Belgique ! Depuis quelques semaines, l’Ambassade du Rwanda à Bruxelles fait circuler une invitation dont le titre donne de la chaire de poule à ceux qui savent ce qu’est vraiment « Itorero ».

 

L’invitation est titrée : Premier « Itorero » de la jeunesse en Belgique.

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Celle-ci se déroulera du 01 au 05 septembre 2010 au Centre européen de la Foresta. 

Ainsi donc la Belgique va accueillir sur son sol la première session de formation de la milice du FPR en Europe. L’ « Itorero » que va organiser le régime rwandais en Belgique pour former ces miliciens dénommés « Intore » n’a pourtant ni statuts ni programme connus. Au vue de leurs exploits au Rwanda même et dans certains pays africains, qu’est ce qui permet de ne pas s’inquiéter de cette implantation de la milice « Intore » en Belgique ? La Belgique qui a supprimé le service militaire obligatoire pour tous les jeunes permettra-t-elle qu’une catégorie de jeunes reçoit une formation militaire sur son territoire en dehors des structures des forces régulières sous le prétexte que ces jeunes sont d’origine rwandaise ? La constitution, l’endoctrinement ainsi que la formation militaire des miliciens ne peuvent-ils pas constituer un trouble à l’ordre public ? Quelle garantie les responsables de l’ordre et de la sécurité en Belgique ont-ils reçu du Rwanda comme quoi le pays ne va pas devenir un champ de manœuvre des milices contrôlées de l’étranger et menant des actes criminels sur son territoire ?

Quelle protection les autorités belges entendent assurer à certains citoyens qui se sentiraient menacés par les miliciens « Intore » ?

Autant de questions auxquelles plusieurs habitants de la Belgique souhaiteraient-ils avoir des réponses.

Emmanuel Neretse et Gaspard Musabyimana
13/08/2010

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La claque du Commonwealth

Posté par Adolphe Habimana le 16 août 2010

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Les résultats provisoires de l’élection présidentielle rwandaise donnent une victoire, avec un score stalinien (93% des voix), de Paul Kagamé. Cela est connu et était d’ailleurs prévisible pour les observateurs.

Ce n’est donc pas un évènement. Par contre, la sortie des observateurs du Commonwealth s’inscrit dans le registre événementiel. Dans leur rapport préliminaire, ces observateurs, conduits par l’ancien Premier ministre tanzanien, Salim Ahmed Salim, ont indiqué que les élections se sont certes bien passées en général, mais qu’il n’ y a malheureusement pas eu de voix critiques.

En effet, ces observateurs relèvent que « plusieurs partis d’opposition avaient auparavant annoncé leur intention de participer (au scrutin), mais ont dû faire face à un certain nombre de problèmes administratifs ou légaux, qui ont eu pour conséquence leur non-participation.

 » Une façon diplomatique de relativiser la bonne tenue de cette élection du moment où le maître de Kigali a pris le soin de museler et d’écarter au préalable l’opposition considérée « radicale ». En effet, les trois autres candidats qui se sont présentés contre lui sont considérés juste comme des « accompagnateurs » devant lui permettre de légitimer un tant soit peu sa réélection.

Le fait que ces candidats aient soutenu Kagamé lors de la précédente élection présidentielle et que deux d’entre eux aient même été dans le gouvernement qu’il avait mis en place donne de l’eau au moulin de ceux qui pensent que ce ne sont pas des voix vraiment critiques et des critiques vraiment crédibles.

Les observateurs du Commonwealth ont ainsi le mérite de soulever quelque chose d’essentiel dans une élection : la qualité d’un scrutin ne saurait se limiter au jour de l’élection seulement quand bien même on est d’avis que ce jour est crucial.

Tous les préparatifs en amont doivent être entourés de toutes les conditions de transparence, d’équité, de fair-play, bref, de tout ce qui est requis pour un scrutin vraiment démocratique. C’est un processus et tous les maillons ont leur importance.

Les conditions de transparence sont-elles vraiment réunies dans une élection quand on prend le soin d’écarter au préalable, d’une manière ou d’une autre, les concurrents les plus crédibles même si on fait preuve de la transparence la plus éclatante le jour du scrutin ? Une réponse par la négative coule de souche.

Les observateurs du Commonwealth ont donc mis le doigt sur la plaie et M. Kagamé, qui semble avoir horreur de la moindre critique, a dû sans doute ressentir cela comme une claque.

Le Commonwealth a produit ce rapport critique au moment où les missions d’observation de l’Union africaine et de la Conférence internationale des Grands lacs se contentent de dire que tout s’est passé dans le calme et la transparence.

Cette organisation fait là, acte de courage et de pragmatisme, ce trait de comportement qui a toujours caractérisé plus ou moins l’esprit anglo-saxon, l’a toujours différenciée de la francophonie et fait le lit de la grandeur des Etats qui s’inscrivent dans sa logique.

De toute façon, le passé douloureux du peuple rwandais témoigne du caractère explosif de l’intolérance, des extrémismes de toutes sortes et de tout bord et de l’absence d’un dialogue inclusif, libre et transparent dans un Etat .

Croisons fort les doigts pour que le maître de Kigali mesure à sa juste portée l’extrême dangerosité de ces exclusions et autres brimades inutiles dont l’opposition et les médias sont régulièrement l’objet.

Allafrica:Relwendé Auguste Sawadogo

11 Août 2010

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Victoire Ingabire rejette la victoire de Paul Kagamé

Posté par Adolphe Habimana le 16 août 2010

12/08/2010 à 15h:25 Par La rédaction web de Jeune Afrique

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Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), le 7 avril 2010 à Kigali.

Victoire Ingabire, présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU), le 7 avril 2010 à Kigali. © AFP

Sous contrôle judiciaire, l’opposante la plus médiatique du Rwanda dénonce les résultats de l’élection présidentielle du 9 août dernier qui a vu la réélection de Paul Kagamé à plus de 93 % des voix. Elle réclame un nouveau scrutin.

L’opposante rwandaise Victoire Ingabire n’y va pas par quatre chemins. Dans un communiqué en anglais, la présidente des Forces démocratiques unifiées (FDU, parti non encore reconnu) a appelé jeudi les bailleurs de fonds du Rwanda à ignorer les résultats de la présidentielle de lundi, remportée par le chef de l’État sortant Paul Kagamé avec 93 % des voix.

« Nous appelons la communauté internationale, les partenaires bilatéraux et les donateurs à rejeter cette farce électorale et ses résultats », écrit l’opposante.

Accusée, entre autres, de « divisionnisme ethnique » et placée sous contrôle judiciaire, Victoire Ingabire voulait se présenter au scrutin. Mais toute l’opposition en a été de facto exclue. Elle a donc exigé « de nouvelles élections libres, équitables et transparentes ».

Disparition d’une militante

« Reconnaître les résultats de cette mascarade reviendrait à récompenser la violence comme moyen d’accéder au pouvoir et le maintenir au Rwanda », juge-t-elle. Le président réélu manque, selon elle, de « légitimité politique ».

« Le peuple rwandais ne peut pas être otage et privé de ses droits politiques et civils au nom de prétendus miracles économiques », poursuit-elle. Avant d’indiquer qu’un membre de son parti, Béatrice Uwimana, est portée disparue depuis le 24 juin.

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