CLIIR : Halte aux agressions contre les opposants politiques au Rwanda

Posté par Adolphe Habimana le 31 mars 2010

Le CLIIR s’insurge contre les agressions physiques, les harcèlements, les emprisonnements et les persécutions dirigés contre les opposants politiques du Rwanda.Il adresse, dans ce cadre, un mémorandum au Gouvernement et aux parlementaires britanniques, aux gouvernements américains et belges.

Mémorandum n°6/2010 adressé au Gouvernement et aux parlementaires britanniques,  aux gouvernements américains et belges sur les agressions physiques, les harcèlements, les emprisonnements et les persécutions dirigés contre les opposants politiques du Rwanda.

En tant que rescapés des génocides et des massacres perpétrés au Rwanda et en République Démocratique du Congo (RDC), nous demandons l’intervention des gouvernements britannique, américain, belge et leurs alliés occidentaux pour faire libérer les nombreux prisonniers politiques détenus dans les prisons du Rwanda.
Considérant que le Rwanda se comporte comme une colonie britannique déguisée, ce petit pays, dont le régime ne respecte aucune des valeurs démocratiques prônées par le Commonwealth, a été admis dans cette communauté qui regroupe 54 pays dont 52 sont des anciennes colonies britanniques.C’est pourquoi nous avons planifié 24 manifestations pour interpeller tous les 15 jours le gouvernement britannique et ses principaux alliés dont les Etats-Unis d’Amérique (USA) et la Belgique.
Considérant la situation sociopolitique qui prévaut au Rwanda, nous demandons 
aux gouvernements britannique, américain et belge d’exiger le respect de la démocratie, des opposants politiques et des droits humains par le régime du président rwandais, le Général Paul Kagame.

Dans ce sixième mémorandum du 24/03/2010, nous demandons l’intervention des dits gouvernements britannique, américain et belge pour :

-          Exiger une véritable ouverture démocratique, le respect des droits humains et des libertés publiques ainsi que le respect des opposants politiques en prison ou en liberté.
-         
Exiger la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques ;
-         
Imposer d’urgence le dialogue entre le président Paul Kagame et ses opposants politiques. Et cela avant les élections présidentielles prévues en août 2010 ;
-         
Exiger du président Paul Kagame l’exécution des 40 mandats d’arrêt délivrés par le juge espagnol Fernando Merelles ainsi que les 9 mandats d’arrêt délivrés par le juge antiterroriste français, Jean Louis Bruguière ;
-         
Exiger la suspension des tribunaux Gacaca qui constitue une véritable arme de destruction massive pour emprisonner arbitrairement, détruire les familles Hutues et ruiner des citoyens innocents et victimes des complots judiciaires. Nous saisissons cette occasion pour dénoncer la mise en place d’une véritable « Industrie du génocide rwandais » qui enrichit une poignée d’individus cupides à travers les Gacaca.
-         
Imposer immédiatement la mise en place d’une Commission Vérité, Justice et Réconciliation pour qualifier tous les crimes commis au Rwanda et en République Démocratique du Congo (RDC). Cette commission favorisera l’éradication de la culture du mensonge imposée au peuple rwandais comme un nouveau « mode de vie ». L’art de mentir est devenu un véritable métier, un véritable business.

L’intervention des gouvernements britannique, américain et belge pourrait débloquer l’impasse politique caractérisée par les situations inacceptables et les événements qui suivent :

L’interdiction de circuler de Madame Victoire Ingabire et le refus d’enregistrer son parti politique : Les Forces Démocratiques Unifiées (FDU) :

Mardi le 23 mars 2010, Madame Victoire Ingabire Umuhoza, présidente des Forces Démocratiques Unifiées (FDU) et candidate aux élections présidentielles prévues en août 2010 au Rwanda, a été arrêtée et empêchée de prendre l’avion à l’aéroport de Kigali par la police rwandaise. Elle n’était ni sous le coup d’un mandat d’arrêt ni en résidence surveillée. Comme toute citoyenne libre, elle voulait se rendre en Hollande pour visiter sa famille qu’elle a laissée dans ce pays. La police a trouvé un prétexte ridicule selon lequel elle était convoquée par la police le mercredi 24 mars 2010. Or elle ne connaissait pas l’existence d’une telle convocation et elle avait préparé son voyage normalement. Donc, elle n’a pas pu prendre son avion et semble se trouver en situation de « prisonnière politique » déguisée. Il y a quelques jours, les autorités rwandaises avaient déclaré qu’elle ne pouvait pas faire enregistrer son parti politique FDU sous prétexte qu’elle était accusée de « négationnisme ». Le régime de Paul Kagame lui a collé ce délit le premier jour de son arrivée au Rwanda le 16/01/2010. Parce qu’elle a osé prononcer deux discours qui ont remis en cause les politiques de discrimination et d’exclusion ethnique qui caractérisent le régime rwandais.

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La destitution de Maître Ntaganda, président du PS Imberakuri :

Mercredi le 17 mars 2010, Monsieur Bernard Ntaganda, président du Parti Social Imberakuri, a été destitué par un faux congrès complètement organisé et financé par le Front Patriotique Rwandais (FPR), parti au pouvoir présidé également par l’actuel chef de l’Etat, le général Paul Kagame. La Vice-présidente de ce parti a été kidnappée à son domicile à Kibungo et conduite de force à Kigali où elle a été forcée de participer à ce faux congrès monté par le FPR. L’objectif principal de ce faux congrès était la destitution du président légal et reconnu de ce parti. Plusieurs autres membres du Comité directeur de ce parti ont été également sollicités pour s’impliquer dans ce faux congrès mais ils ont tenu tête et on refusé de collaborer à la destruction de leur parti politique.

Madame Christine Mukabonane, vice-présidente kidnappée et forcée de collaborer, est devenue la nouvelle présidente du Parti Social Imberakuri. Elle est assistée par un comité de deux personnes suivantes : Noël Hakizimfura et Augustin Niyitegeka. C’est à ce trio que le FPR a confié la honteuse mission de détruire le Parti Social Imberakuri.

Jeudi le 18 mars 2010, Monsieur Bernard Ntaganda a dénoncé et rejeté cette destitution. Il a fait savoir que les émissaires du FPR sont allés « louer » des badauds et des personnes désœuvrées dans les marchés et dans les rues de Kigali. Ce sont ces personnes qui sont venues « jouer aux figurants politiques » dans le faux congrès attribué au Parti Social Imberakuri.

Peu après, les autorités rwandaises, qui semblaient avoir un agenda caché, ont promis, dans les médias, de régler les problèmes posés par cette destitution illégale et inacceptable.

L’emprisonnement arbitraire de M. Déogratias Mushayidi, président du PDP :

Le 5 mars 2010, Monsieur Déogratias Mushayidi, président du Pacte de Défense du Peuple (PDP-Imanzi) a été kidnappé à Bujumbura au Burundi et déporté à Kigali au Rwanda. Le régime du FPR l’avait d’abord accusé d’être impliqué dans les attaques à la grenade survenues au Rwanda depuis quelques semaines. Il a été inculpé et incarcéré à la prison centrale de Kigali. Or nous constatons que tous les prétextes sont bons pour le régime dictatorial du général Paul Kagame, président du Rwanda, pour se débarrasser de ses opposants politiques réels ou supposés.

 

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Depuis son kidnapping du 05/03/2010 jusqu’au lundi 15/03/2010, M. Mushayidi a été détenu dans un lieu tenu secret par la police rwandaise. Les autorités rwandaises avaient interdit à ses avocats de le rencontrer alors que le droit à un avocat est consacré par la constitution rwandaise. Ses avocats ont dû écrire une lettre de réclamation datée du jeudi 11/03/2010 et qu’ils ont déposée vendredi 12/03/2010. Suite à cette pression des avocats et des organisations des droits humains, ses avocats ont été autorisés à le rencontrer mardi 16/03/2010.

Jeudi 18/03/2010, Déo Mushayidi a été présenté au tribunal de première instance de Kigali. Les principaux chefs d’accusation retenus contre lui sont les suivants :

- Atteinte à la sécurité de l’Etat et association des malfaiteurs visant à renverser le régime.
- Délit de « divisionnisme » et « idéologie génocidaire » ;
- Usage de faux papiers bien que utilisés à l’étranger.
- Délit d’avoir collaboré et signé des accords avec les FDLR (Forces Démocratiques de Libération du Rwanda) considérées comme un mouvement « terroriste ».
Délit d’avoir accusé le président Paul Kagame comme commanditaire de l’attentat terroriste aérien du 6/04/1994 qui a tué deux présidents Hutus en exercice (celui du Rwanda Juvénal Habyarimana et celui du Burundi Cyprien Ntaryamira).

Toutes ces accusations constituent pourtant les droits civils et politiques de tout citoyen qui se déclare comme un opposant politique. C’est le cas de M. Déogratias Mushayidi.

M. Mushayidi est un des rares rescapés tutsis qui a osé rompre avec le FPR (Front Patriotique Rwandais) dont il a dénoncé les crimes, la corruption et les dérives antidémocratiques depuis juin 1995.

Les gouvernements britannique, américain et belge devraient intervenir pour faire libérer les opposants politiques suivants:

Nous demandons également l’intervention des gouvernements britannique, américain et belge pour faire libérer d’autres opposants politiques qui croupissent dans les prisons mouroirs du Rwanda. Il s’agit entre autres de :

Monsieur Déogratias Mushayidi, président du Pacte de Défense du Peuple (PDP-Imanzi) kidnappé le 5/03/2010 à Bujumbura au Burundi et déporté à Kigali au Rwanda.

Monsieur Joseph Ntawangundi, assistant de Mme Victoire Ingabire Umuhoza. Il a été arrêté le samedi 6 février 2010 et emprisonné depuis, sous prétexte qu’il aurait été condamné par contumace à 19 ans de prison par un tribunal Gacaca.

Dr Théoneste Niyitegeka a été condamné le 5 février 2008 à 15 ans de prison comme l’ancien président Pasteur Bizimungu. Il a été incarcéré dans la prison de Gitarama. Ancien candidat à la présidence de la République lors des élections de 2003 contre Kagame, le Dr.Niyitegeka Théoneste avait été acquitté par la juridiction Gacaca de Gihuma (Gitarama) en première instance en date du 30/10/2007. Mais il a été neutralisé et incarcéré le 05/02/2008.

Monsieur Charles Ntakirutinka, condamné à 10 ans de prison dans le même procès que Pasteur Bizimungu (gracié par le président Paul Kagame le 6 avril 2008).

Conclusions :

Depuis son arrivée au pouvoir au Rwanda, le président Paul Kagame n’a jamais cessé d’anéantir tous les opposants politiques. Il a banni toute critique d’où qu’elle vienne. Il a construit un Etat policier dont les services de sécurité sont impliqués dans de nombreux crimes politiques et crapuleux. Il a surtout écarté et fait assassiner ou emprisonner toute personne considérée comme un opposant réel ou supposé. Rappelons l’analyse faite en 2003 par une spécialiste française de l’Afrique centrale, Madame Claudine Vidal, à ce sujet : « Ce travail méthodique d’étouffement de l’opposition a été complété par la mise au pas des journaux indépendants, l’emprisonnement de journalistes et de diatribes violentes à l’encontre des organisations de défense des droits de l’homme, accusées, elle aussi, de favoriser le « divisionnisme » Aussi répressives soient-elles, ces pratiques se déroulent au grand jour et font l’objet de force discours qui les légitiment. D’autres sont plus silencieuses : les arrestations, suivies de mises au secret, les « disparitions » inexpliquées de personnalités très connues et moins connues, les assassinats, tandis que prennent la fuite ceux qui craignent de voir venir leur tour. L’atmosphère de terreur qui en découle achève de briser les velléités de résistance publique, d’autant plus que le président Paul Kagame a menacé, fin mars (2003), de « blesser » les « divisionnistes ». Personne, au Rwanda, ne pense qu’il s’agit là de vaines paroles. (Claudine Vidal in le Nouvel Observateur n°2015 du 19 au 25 juin 2003).

Le 31/03/2003, dans son discours de Bwisige (à Byumba, au nord-est Rwanda), le président Kagame menaçait de « gusya » c’est-à-dire « réduire en poudre » et de « gukomeretsa » c’est-à-dire « blesser » ses opposants (qualifiés de divisionnistes comme d’habitude). Il a proclamé publiquement son opposition contre toute critique et surtout sa colère contre ses opposants réels ou supposés qui fuient le Rwanda pour sauver leur peau. En effet, son ancien ministre de la Défense, le général Emmanuel Habyarimana et le Colonel Balthazar Ndengeyinka (député du FPR) venaient de s’exiler en Uganda d’où ils ont rejoint la Suisse en Europe. Depuis cette époque plusieurs opposants politiques ont été enlevés à Kigali et portés disparus. Il s’agit entre autres de :

- Le 07/04/2003, le Docteur Léonard Hitimana, député et membre du bureau politique du MDR (Mouvement Démocratique Républicain) a été enlevé et porté disparu à Kigali. Il devait défendre le lendemain son parti politique au Parlement. Il a disparu avec tous les documents et matériels informatiques que ses collègues avait préparé à cet effet.

- Le 23/04/2003, le regretté Lieutenant Colonel Augustin Cyiza, ancien président de la Cour de Cassation fut porté disparu à Kigali. Il avait été reçu par le président Paul Kagame une semaine plutôt et ils s’étaient disputés.

Les deux personnalités très connues dans la capitale rwandaise sont portés disparus jusqu’à ce jour. Pour Augustin Cyiza, un livre lui a été dédié et raconte comment il fut capturé.

Recommandations :

Nous recommandons instamment aux autorités rwandaises de :

-          Libérer immédiatement et sans conditions tous les autres prisonniers politiques oubliés dans les prisons mouroirs du Rwanda tels que : Monsieur Runyinya Barabwiriza, Cyubahiro Ambroise et Eugène Ngabwa (deux hommes condamnés arbitrairement par les Gacaca parce qu’ils sont des descendants de deux anciens bourgmestres Hutu), Sénateur Elisée Bisengimana, Député Béatrice Nirere, etc. Plusieurs autres députés et sénateurs, condamnés arbitrairement par les tribunaux Gacaca, doivent être libérés également, car ils sont considérés comme des prisonniers d’opinion.
-         
Garantir à tous les rwandais, sans exception, la liberté d’expression et d’association ;

Nous demandons à la Grande Bretagne et à ses alliés de l’Union Européenne et aux USA d’exercer des pressions pour faire libérer tous les prisonniers politiques et de conditionner l’aide financière et toute coopération au respect des droits humains par le régime rwandais. La Grande Bretagne, la Belgique et les USA doivent jouer un grand rôle dans la libération de tous les opposants politiques condamnés et/ou détenus arbitrairement au Rwanda.

Nous insistons auprès de toutes les organisations internationales des droits humains afin qu’elles s’efforcer d’exiger la libération de tous les opposants politiques rwandais qui croupissent dans les prisons mouroirs du Rwanda. Nous proposons à Amnesty International et Human Rights Watch d’adopter comme des prisonniers d’opinion tous les opposants politiques rwandais emprisonnés au Rwanda.

Nous demandons à la population rwandaise de ne pas céder à la terreur de la junte militaire qui l’opprime et de résister à toutes les manipulations du pouvoir visant à consolider le terrorisme d’Etat et à institutionnaliser la délation au plus haut niveau de l’Etat rwandais.

Fait à Bruxelles, le 24 mars 2010.

Pour les organisateurs de la Manifestation, Matata Joseph, Coordinateur du CLIIR.

 ___________________________________

Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)
Boulevard Léopold II, n°227

1080 BRUXELLES
Tél/Fax : 0032.81.60.11.13
GSM: 0032.476.70.15.69
Mail : cliir2004@yahoo.fr

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En RD Congo, un nouveau massacre de masse commis par la LRA

Posté par Adolphe Habimana le 28 mars 2010

RD Congo/Ouganda-Article publié le : dimanche 28 mars 2010 – Dernière modification le : dimanche 28 mars 2010 

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Des  villageois de Bangadi, dans le nord-est de la RDC, régulièrement attaqués par la LRA, organisent leur propre défense.

AFP/Lionel Healing

Par RFI

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03/01/2010 - Ouganda

L’un des chefs de la LRA tué par l’armée ougandaise

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HWR) détaille dans un rapport publié samedi 27 mars le massacre « planifié » par les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) de plus de 321 civils. Cela s’est passé mi-décembre 2009 dans des villages du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

Le chemin de la mort : atrocités commises par la LRA dans le nord-est du Congo :
le titre du rapport de quelque soixante-sept pages de Human Rights Watch (HRW) donne le ton. L’ONG de défense des droits de l’homme révèle les détails, les raids sanglants jalonnés de plus de trois cents morts perpétrés par vingt-cinq à quarante rebelles de la guérilla ougandaise de l’Armée de résistance du seigneur (LRA).

                      

   Cela s’est passé dans plusieurs villages de la région de Makombo en RDC entre le 14 et le 17 décembre dernier. Deux cents cinquante autres personnes, dont quatre-vingts enfants, ont également été enlevées. Human Rights Watch dénonce l’inertie de la Monuc (la Mission de l’ONU en RDC) qui dispose pourtant, dans la zone des atrocités, d’un millier de soldats, selon l’ONG.

La LRA a vu le jour dans le nord de l’Ouganda en 1988 et c’est en 2005 que ses combattants ont commencé à s’installer dans l’extrême nord-est de la RDC, une zone frontalière de leur pays. Leur capacité de nuisance est demeurée intacte malgré les nombreuses opérations militaires ougandaises et congolaises, explique Anneka Van Woudenberg, la responsable du pôle chercheur sur la RDC à Human Rights Watch :

« Ni l’armée ougandaise, ni l’armée congolaise n’ont vraiment parlé de ce massacre. Ils avaient des informations. Et les Nations unies, les Casques bleus, qui sont sur place au Congo, ont seulement lancé il y a deux semaines une enquête sur ce massacre. Quelques jours après le massacre, l’armée congolaise avait l’information. Ils ont lancé une petite unité de militaires congolais qui sont allés sur place. Ils ont averti l’armée ougandaise qui est toujours sur place.
En fait, les deux gouvernements disent toujours que la plupart des LRA ne sont pas en fait au Congo et ça, ce n’est pas la réalité. La réalité, c’est que leur capacité à enlever des enfants, leur capacité de tuer est toujours là, toujours aussi importante qu’il y a quelques années. La LRA est maintenant une menace pour toute la région de l’Afrique centrale. Et c’est nécessaire certainement pour les Nations unies de trouver une vraie solution. Ces gens continuent avec leurs atrocités. On doit mettre fin à ça
».

Source: rfi.fr

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SOMA UMUSESO 399

Posté par Adolphe Habimana le 27 mars 2010

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L’opposition rwandaise dans le collimateur du parti au pouvoir

Posté par Adolphe Habimana le 26 mars 2010

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Bernard Ntaganda (G) président du parti socialiste Imberakuri et Victoire Umuhoza Ingabire (D), présidente des Forces Démocratiques Unies (FDU), leaders de l’opposition rwandaise.

Montage/RFI

Par RFI

A quelques mois de l’élection présidentielle au Rwanda, aucun des trois mouvements d’opposition n’a la garantie de pouvoir participer au futur scrutin du mois d’août prochain. Jeudi 25 mars 2010, l’opposante Victoire Ingabiré a été à nouveau convoquée et interrogée par la police. Au début du mois de février l’ONG américaine de défense des droits humains, HRW, avait dénoncé des « actes graves d’intimidation » contre l’opposition.
 

Le Parti démocrate vert, qui regroupe notamment des dissidents du FPR (Front patriotique rwandais) le parti au pouvoir, n’a pas encore réussi à obtenir son agrément, même chose pour les Forces démocratiques unifiées. Quant au Parti socialiste Imberakuri qui bénéficiait d’une existence légale, il a récemment été l’objet d’une manœuvre qui a permis de limoger son président. Mais la majorité des membres étant restés solidaires, certaines sources indiquent que le mouvement pourrait être dissous par les autorités.

Ces derniers mois les opposants sont sans cesse confrontés à des menaces et à toutes sortes d’obstacles qui les empêchent de mener des activités politiques, pourtant autorisées et prévues par la constitution rwandaise. En décembre dernier, Bernard Ntaganda, le leader du parti socialiste, a été convoqué par le Sénat qui l’accuse de « révisionnisme et d’idéologie génocidaire ». L’affaire est toujours en l’examen. Victoire Ingabire, des FDU, fait elle aussi l’objet d’une enquête de police pour les mêmes accusations.

Pour les partis d’opposition, c’est la quadrature du cercle. Le gouvernement prend prétexte de ces enquêtes pour refuser la tenue de congrès constitutifs, procédure obligatoire afin que que les partis soient agréés et puissent présenter des candidats au futur scrutin. Le gouvernement contrôle déjà étroitement l’espace politique note Human rights watch. L’organisation de défense des droits humains estime que « la multiplication des attaques contre les partis d’opposition ne présage rien de bon pour l’élection présidentielle d’août prochain ». 

tags : Rwanda

source:RFI.fr

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Au Rwanda, la loi réprimant l’ »idéologie du génocide » sert à harceler l’opposition

Posté par Adolphe Habimana le 25 mars 2010

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Le Rwanda, adulé par les Occidentaux pour ses succès économiques et sa stabilité, peut-il progresser vers la démocratie seize ans après le traumatisme du génocide ? L’interpellation de Victoire Ingabire, potentielle candidate d’opposition à Paul Kagamé à la présidentielle d’août à l’aéroport de Kigali, mardi 23 mars, pose cette question largement occultée jusqu’à présent par l’ombre portée du génocide de 1994. L’interdiction de quitter le territoire notifiée à Mme Ingabire est motivée par une enquête judiciaire ouverte notamment pour « négationnisme ».

Mme Ingabire tentait de quitter le pays alors qu’elle est visée par des investigations, a déclaré Louise Mushikiwabo, porte-parole du gouvernement. Cette femme ne pense pas qu’elle doit respecter les lois qui gouvernent ce pays. »

Mercredi, l’intéressée est rentrée libre à son domicile après huit heures d’interrogatoire, explique au Monde Joseph Bukeye, dirigeant des Forces démocratiques unifiées (FDU), parti que préside Mme Ingabire. « Elle voulait simplement rendre visite à sa famille aux Pays-Bas, ajoute-t-il. Mais le gouvernement veut prouver par tous les moyens qu’elle est une criminelle pour empêcher l’enregistrement de notre parti et de sa candidate à la présidentielle. »

La présidente du FDU n’est pas la seule opposante visée. Frank Habineza, président du parti Vert, a été menacé physiquement et Bernard Ntaganda, dirigeant du Parti social idéal (PS-Imberakuri) a été accusé d’« idéologie du génocide ».

Mme Ingabire, elle, est une femme d’affaires de 41 ans, arrivée à Kigali le 16 janvier en provenance des Pays-Bas où elle vivait en exil. Depuis le discours qu’elle a prononcé ce jour-là au mémorial du génocide des Tutsi réclamant que les auteurs des crimes commis contre les Hutu soient également jugés, les autorités l’accusent de « divisionnisme ». Elles lui reprochent de contrevenir au principe qui empêche de faire référence à l’appartenance ethnique.

La vie publique rwandaise est en effet soumise à une loi de 2008 punissant de dix à vingt-cinq ans de prison « l’idéologie du génocide », un texte « rédigé en termes vagues et ambigus (…) qui muselle de manière abusive la liberté d’expression », selon Amnesty International. « Les ethnies existent au Rwanda. On ne peut pas les supprimer par une décision politique », argumente M. Bukeye

Depuis son retour, la dirigeante politique a subi une série d’attaques : victime le 3 février d’une agression probablement organisée par le pouvoir, elle a perdu son adjoint, passé à tabac puis incarcéré pour une condamnation prononcée par une gacaca (tribunal populaire jugeant les faits de génocide).

Elle est accusée régulièrement par le quotidien gouvernemental New Times d’« utiliser le même langage que les génocidaires ». Il est vrai que certains de ses propos ne manquent pas d’ambiguïté. Interrogée le 2 mars par le quotidien canadien The Globe and Mail, Mme Ingabire a affirmé ne pas savoir si le nombre de victimes tutsi en 1994 était ou non plus élevé que celui des Hutu, alors qu’il est établi que les Tutsi, visés par une campagne d’extermination systématique, ont été immensément plus nombreux à mourir.

Sur la base d’un rapport de l’ONU qu’elle conteste, l’opposante est aussi accusée d’être proche des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), rébellion créée par d’ex-soldats hutu impliqués dans le génocide et qui perpétue la guerre dans l’est du Congo voisin.

« Le génocide a eu lieu voici seize ans. A présent, l’heure est venue de la démocratie », a-t-elle rétorqué dans un entretien à l’hebdomadaire kenyan The East African, que le président rwandais a qualifié d’« insultant ». M. Kagamé estime que les critiques occidentales sous-estiment les risques d’un regain de violence ethnique. « Nous avons vécu les conséquences (des discours ethniques). Nous les connaissons mieux que quiconque dans le monde », a-t-il récemment déclaré.

En 2003, Paul Kagamé, avait recueilli officiellement plus de 95 % des suffrages lors de la première élection présidentielle de l’après génocide, dans un pays où l’« unité » est sans cesse célébrée.

Philippe Bernard

source: Le monde.fr

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L’Italie accueille un prêtre catholique acquitté par le TPIR

Posté par Adolphe Habimana le 25 mars 2010

nsengimana.pngARUSHA, 23 mars 2010 (AFP) – L’Italie accueille un prêtre catholique acquitté par le TPIR

Un prêtre rwandais, acquitté par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) faute de preuve de son implication dans le génocide de 1994 dans son pays, a été accueilli mardi matin en Italie, où il va exercer son activité, a-t-on appris mardi auprès du TPIR.

« A la suite de fructueuses tractations diplomatiques entre le TPIR et l’ambassade d’Italie en Tanzanie, le père Hormisdas Nsengimana a été autorisé à se rendre en Italie où il est arrivé ce matin en compagnie de son avocat (français) Emmanuel Altit », a indiqué à l’AFP le porte-parole du tribunal, Roland Amoussouga.

Le prêtre était en 1994 directeur du Collège Christ-Roi de Nyanza (sud), une des écoles secondaires les plus anciennes et les plus prestigieuses du Rwanda.

« Le père Nsengimana devrait participer aux activités pastorales des prêtres d’une paroisse du nord de l’Italie », a précisé le porte-parole du TPIR.

L’abbé Hormisdas Nsengimana, qui était poursuivi pour génocide, assassinats et extermination, avait été acquitté le 17 novembre 2009.

Il était accusé d’avoir supervisé, à l’époque du génocide de 1994, les tueries de Tutsi dans le collège qu’il dirigeait et dans les environs.

Il est l’un des quatre prêtres catholiques qui ont été mis en accusation par le TPIR.

Athanase Seromba, ancien vicaire de la paroisse de Nyange, dans l’ouest du Rwanda, a vu sa peine augmenter de 15 ans à la prison à vie lors de son procès en appel.

L’ancien aumônier militaire Emmanuel Rukundo a été condamné à 25 ans de prison en février 2009.

Enfin, la France s’est engagée devant le TPIR à poursuivre devant ses propres juridictions Wenceslas Munyeshyaka, ancien curé de la paroisse de la Sainte-Famille, à Kigali, interpellé en 2007 en France.

source:www.la-croix.com

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Victoire Ingabire Umuhoza est en liberté surveillée à Kigali sans que le régime le lui ait formellement signifié. (24.03.10)

Posté par Adolphe Habimana le 24 mars 2010

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  (Candidate présidentielle  rwandaise des Forces Démocratiques Unifiées  (FDU)

  

Victoire Ingabire Umuhoza est en liberté surveillée à Kigali sans que le régime le lui ait formellement signifié. (24.03.10)

Le 23 Mars 2010, Mme Victoire Ingabire Umuhoza, la Présidente des Forces démocratiques unifiées FDU-INKINGI, a été empêchée de prendre son avion à l’aéroport international de Kigali. Une convocation pour le lendemain lui a été remise sur place, sans la moindre explication, par le département des enquêtes criminelles.

Quelques minutes plus tard la radio et la télévision nationales ont diffusé la nouvelle de son arrestation, relayant les propos du ministre des affaires étrangères qui venait de déclarer à la presse internationale que la Présidente des FDU-Inkingi Madame Victoire Ingabire Umuhoza avait été arrêtée alors qu’elle tentait de fuir le pays.

Jusqu’à aujourd’hui, Madame Ingabire Umuhoza n’avait jamais été informée qu’elle était en liberté surveillée et qu’elle n’avait aucun droit de se rendre à l’étranger, fût-ce pour render visite à sa famille. Cet incident répréhensible marque un nouveau tournant dans la campagne présidentielle qui se dessine. Elle confirme, pour qui doutait encore, que le Président Paul Kagame n’est prêt à accepter aucun challenge politique et que, somme toute, tout concurrent politique a déjà un pied en prison.

Pour rappel, cette saga de la police a été déclenchée par les menaces proférées par le Président de la République à la radio nationale le 8 février 2010 où il annonçait clairement qu’il allait soumettre l’opposante politique à la « forteresse de ses lois ». Et c’est sans plus attendre que le lendemain elle a été convoquée et a subi des interrogatoires à repetition de la police criminelle dans le but de contrecarrer le processus d’enregistrement du parti FDU-Inkingi. L’on se souvient aussi qu’il y a à peine quelques jours, soit le 15 mars, que le Président Kagame, dans un interview à la CNN, accusait de révisionnisme.

En fin de compte, ces harcèlements et persécutions nous donnent plus de détermination encore à lutter pour le changement démocratique de notre pays, le Rwanda.  

Sylvain Sibomana  
Secrétaire général FDU-Inkingi

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Le monde a concédé le droit de vie et de mort à Kagame

Posté par Adolphe Habimana le 24 mars 2010

Le monde a concédé le droit de vie et de mort à Kagame

Sous Kagame les Rwandais et Congolais n’ont plus droit à la vie. Dans les faits, la communauté internationale a concédé à Kagame le droit de vie et de mort sur pratiquement tout être humain sur terre car, jusqu’à présent, Kagame et ses agents n’ont jamais été inquiétés pour les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre qu’ils ont commis – et continuent de commettre – et ce malgré une documentation abondante sur ces crimes.

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Résumé

La charte québécoise des droits et libertés de la personne affirme que :

1. Tout être humain a droit à la vie, ainsi qu’à la sûreté, à l’intégrité et à la liberté de sa personne.

2. Tout être humain dont la vie est en péril a droit au secours. Toute personne doit porter secours à celui dont la vie est en péril, personnellement ou en obtenant du secours, en lui apportant l’aide physique nécessaire et immédiate, à moins d’un risque pour elle ou pour les tiers ou d’un autre motif raisonnable.[1]

Dans les pages suivantes l’auteur expose que sous Kagame les Rwandais et Congolais n’ont plus droit à la vie. Dans les faits, la communauté internationale a concédé à Kagame le droit de vie et de mort sur pratiquement tout être humain sur terre car, jusqu’à présent, Kagame et ses agents n’ont jamais été inquiétés pour les crimes de génocide, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre qu’ils ont commis – et continuent de commettre – et ce  malgré une documentation abondante sur ces crimes.  

Par conséquent, Il faudrait d’abord restaurer le droit à la vie avant de parler d’élections libres et transparentes. En effet, il ne semble pas logique de demander aux esclaves de voter contre leur maître. 

 

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Le monde a concédé le droit de vie et de mort à Kagame

Pour une coalition internationale pour le droit à la vie au Rwanda et au Congo

Comme d’autres observateurs dont Kenneth Roth, le patron de Human Right Watch qui a qualifié le pouvoir actuel au Rwanda de « puissance de l’horreur »[2], le Juge André Denis de la Cour supérieure du Québec a constaté que « quinze ans après le génocide,  les Rwandais ont peur »[3].  La question conséquente à ce constat est : POURQUOI LES RWANDAIS ONT PEUR?

Mais avant de répondre il serait avisé de présenter comment le commun des rwandais vit cette peur au quotidien.

Récemment, Kagame s’est moqué des paysans en disant  ne pas comprendre comment une personne adulte peut souffrir de kwashiorkor, une maladie normalement infantile, causée par la malnutrition. Cette famine a été également constatée par Madame Susan Thompson de l’Université d’Ottawa: « La plupart des visiteurs étrangers ne voient pas la pauvreté abjecte et la vie misérable des rwandais ordinaires au quotidien. Pour la plupart d’entre eux, tant hutu que tutsi, la vie depuis le génocide n’est pas aussi reluisante que les autorités de Kigali prétendent. À quelques exceptions près, les paysans rwandais sont maigres, leurs yeux manquent de lustre à cause de la famine continuelle, leurs visages et leurs mains usés les font paraître plus vieux que leur âge. Certains ont des cheveux pâles, un signe évident de malnutrition[4]  Malgré ce constat, plutôt que de mettre en place des programmes pour juguler cette famine, Kagame s’est vanté par la suite que sous sa gouverne le Rwanda a atteint l’autosuffisance alimentaire.[5]  

La famine est, entre autres, causées par des programmes insensés imposés par le régime Kagame. Par exemple, les rwandais n’ont plus le droit de cultiver les cultures de leur choix. Ils sont forcés de cultiver ce que le régime leur dicte et celui qui n’obéit pas aux directives du régime voit ses cultures détruites par les local defense units. Dans certaines régions, les paysans sont forcés de cultiver des fleurs commercialisées par les favoris du pouvoir, dont Madame Janet Kagame.  Les paysans sont forcés de vendre leurs maigres récoltes, à prix dérisoire, à des coopératives contrôlées par le pouvoir, lesquelles coopératives vendent les mêmes récoltes à des prix trois, quatre, cinq fois le prix payé au producteur. Les paysans affamés sont forcés de porter des chaussures et donc d’acheter des chaussures avant d’acheter à manger. Naturellement, le monopole de la commercialisation des chaussures à bas prix est détenu par les commerçants à la solde du pouvoir. Les paysans affamés sont forcés d’être des esclaves au service de la vache: Le régime impose au paysan de posséder au moins une vache qui doit obligatoirement être parquée dans une étable où elle est nourrie et abreuvée. Ainsi le paysan, en plus des corvées quotidiennes pour  sa propre survie, doit cultiver le fourrage, couper et porter le fourrage à la vache et puiser de l’eau pour abreuver la vache. Le comble est que, une fois proche de mettre bas et produire du lait,  la vache est enlevée au paysan pour être donnée aux favoris du régime. Tous ces faits démontrent que le régime Kagame affame délibérément le menu peuple.

  rtemagiccagaculama201jpg.jpgAffamer le peuple est un crime contre l’humanité. 

Depuis la colonisation jusqu’à la prise du pouvoir par Kagame, le Rwanda avait un réseau de santé cité comme modèle en Afrique. Aujourd’hui, le menu peuple dans les villes mais surtout dans les campagnes n’a plus accès aux soins médicaux. Les ONGs œuvrant auprès de la population dans les campagnes ont été chassés par le pouvoir.  Madame Thompson écrit encore: ‘La plupart des rwandais à qui j’ai parlé se lamentaient de la dureté de la vie quotidienne depuis le génocide. Ils déploraient le manqué de nourriture, d’eau potable et de services médicaux proches et abordables.’

Par dessus de la famine et la privation de soins de santé imposées, les rwandais classés  hutus par le pouvoir n’ont pas le droit de pleurer leurs morts en public. Ils doivent souffrir en le silence et s’efforcer de sourire aux soldats de Kagame qui ont tué leurs proches. Celui qui ose dire que des rwandais réputés hutu ont été massacrés avant, pendant et après le génocide de 1994 est vite qualifié de négationniste ou de véhiculer l’idéologie génocidaire. Madame Victoire Ingabire Umuhoza, la courageuse candidate aux élections présidentielles de 2010 en fait les frais aujourd’hui pour avoir osé dire que le mémorial de Gisozi est dédié aux victimes réputés tutsis et que rien n’a encore été fait pour la mémoire de victimes réputées hutus. Depuis lors, la répression s’accroît contre l’opposition démocratique, Madame Victoire Ingabire est qualifiée d’ennemi à  emprisonner voire à abattre parce qu’elle a osé dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.

L’esclavage a été  introduit sous forme de travaux d’intérêt général (TIG). Les tribunaux Gacaca condamnent les suspects du génocide, en réalité les insoumis réels ou potentiels, à des travaux d’intérêt général où les condamnés sont forcés de travailler gratuitement pour les notables du pouvoir. Comme les tribunaux Gacaca ne jugent que ceux classés hutu par le pouvoir, toute personne classée hutu peut être faite esclave des favoris du pouvoir.

Autres exemples d’exploitation du peuple par les barons du pouvoir : Au Rwanda il est aujourd’hui interdit de construire avec des briques adobes alors que toutes les organisations d’aide recommandent la brique adobe comme matériau peu coûteux, durable, et écologique pour la construction d’habitations à faible coût. La conséquence est que la plupart des gens ne peuvent plus posséder une maison et sont forcés d’être locataires de maisons construites par les barons du régime. Ceux qui peuvent encore se construire une maison sont forcés d’utiliser soit des blocs de ciment ou des briques cuites, la cimenterie et la briqueterie étant, naturellement, contrôlées par les favoris du régime. Récemment le quartier dit Kiyovu des pauvres dans la capitale a été rasé. Des prix dérisoires ont été payés aux propriétaires des terrains. Ces mêmes terrains ont été vendus plus de dix fois le prix payé à de riches développeurs.

Les proches des prisonniers n’ont pas le droit d’apporter des repas qu’ils ont eux-mêmes préparés aux prisonniers. Ces proches doivent acheter toute provision dans des commerces installés aux abords des prisons et gérés, au profit des barons du régime, par des commerçants qui ne peuvent faire autrement sous peine d’être traités eux-mêmes de génocidaires.

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Dans un pays où le salaire du Président est de plus de 12000$ par mois, un pays qui compte plus de trente généraux gagnant plus de 10000$ par mois et où le salaire d’un enseignant à l’école primaire n’est que de 100$ par mois, les travailleurs sont forcés de verser 10% de leur salaire au parti-état FPR. C’est une condition incontournable pour continuer à travailler. Tout entrepreneur est obligé de donner gratuitement des parts dans son entreprise à des barons du régime. Autrement, impossible de faire des affaires au Rwanda.

Ceux et celles qui sont jugés pas assez serviles sont vite condamnés par les tribunaux GACACA à des peines d’emprisonnement sévères allant jusqu’à la prison à perpétuité. Cela équivaut à une condamnation à mort car, dans les prisons rwandaises baptisées « mouroirs »,  les prisonniers sont entassés dans des conditions absolument inhumaines qui rappellent  les camps de concentrations nazis[6]. Selon Amnesty International : «Les conditions de détention  dans la plupart des prisons et dans les centres de détention au Rwanda demeurent extrêmement dures et s’apparentent parfois à une forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant. D’après les informations recueillies, certaines prisons et certains centres de détention disposent de cellules souterraines».[7]  Le régime de Kagame justifie sa dictature par le génocide qui est utilisé comme une arme de destruction massive pour éliminer les adversaires politiques, réels ou potentiels. M. Gil Courtemanche, chroniqueur au journal Le Devoir, a raison de dire que : « le génocide se poursuit autrement. Il justifie la dictature du président Kagame, permet l’emprisonnement de tout ce qui peut ressembler à une idée de démocratie».[8]

À la lumière de ce qui précède, les rwandais sous Kagame sont moins que des esclaves, moins que le bétail et même moins que les animaux sauvages qui,  aujourd’hui, sont protégés par des organismes internationaux. Au moins le maître prend minimalement soins de ses esclaves et de son bétail qui sont pour lui des outils de production. Comme les richesses de la mafia qui contrôle le pouvoir au Rwanda proviennent du pillage des richesses naturelles du Congo, des fonds d’aide versés par les pays occidentaux, des prêts accordés au Rwanda pour des projets fictifs tel que la fameuse découverte du pétrole au Rwanda, …, les barons du régime Kagame n’ont pas besoin de ces paysans pour s’enrichir. Vis-à-vis de Kagame et ses favoris, les paysans rwandais ne sont donc qu’une sorte de vermine à éradiquer par tous les moyens. 

On ne peut manquer de se demander pourquoi le pouvoir contrôlé par Kagame s’acharne tant contre le menu peuple, tant ceux réputés hutu que ceux réputés tutsi? Tout simplement parce ces paysans constituent la majorité des électeurs et donc détiennent la clé du pouvoir démocratique au Rwanda. Or, Kagame et ses proches savent que dans une élection libre  et transparente, ces rwandais ordinaires ne voteront jamais pour Kagame, non pas parce que Kagame est réputé tutsi, le peuple rwandais étant prêt à se soumettre à tout dictateur bienveillant, mais parce que depuis octobre 1990, Kagame et son armée ont commis et continuent de commettre des atrocités innommables sur la population rwandaise. Dans le discours prononcé à Bwisige le 31 Mars 2003 à la veille des élections de 2003, Kagame a dit : « Ceux qui disent qu’ils ont une récolte de sorgho et de maïs, moi je leur dis que nous avons des moulins, nous allons moudre ce maïs et ce sorgho » ; Il a ajouté que : « le résultat des élections prévues prochainement, je le sais à 100%, le résultat sera ce que j’aurai planifié moi-même et conforme à la seule volonté du gouvernement »[9].

Commencée en 1990, la politique de Kagame et ses proches d’exterminer les rwandais de l’intérieur, tant réputés hutu que réputés tutsi, continue aujourd’hui, beaucoup moins par la kalachnikov mais plus par la faim, par la privation de soins de santé et par l’arme de destruction massive que sont devenus les tribunaux populaires GACACA. Le moulin de Kagame est en marche jour et nuit, de manière quasi inexorable, à moudre la population rwandaise.

Malgré l’extrême gravité de ces mauvais traitements subis par la population, peu de gens osent lutter contre cette oppression innommable. Les Rwandais aussi bien que les occidentaux ont trop peur. Tout le monde est terrorisé.

Voyons maintenant pourquoi les rwandais ont peur.

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Les Rwandais, toutes ethnies et régions confondues, ont peur parce que depuis octobre 1990, des tueurs professionnels dirigés par  Paul Kagame,  massacrent et déciment des populations entières en toute  impunité. Voici quelques faits :

En 2001, Alphonse Furuma, un ancien cadre du FPR écrivait à Paul Kagame : « Depuis le début des négociations des Accords de Paix d’Arusha, jusque fin 1996, vous (Kagame, ndlr) avez institué une politique délibérée d’extermination, par tous les moyens, de la population hutue des régions de l’Umutara, Kibungo et Bugesera ».  Dans un rapport du HCR, datée d’avril 1994 et rapportant des massacres par les soldats de Kagame dans la région de Kibungo il est dit : ‘D‘après les villageois, le FPR ne fait pas de distinction entre hutus et tutsis’. Ainsi, contrairement à l’opinion, les troupes de Kagame tuaient indistinctement hutus et tutsis. Allison Desforges de Human Right Watch (HRW) rapporte que Kagame avait infiltré des milliers de ses hommes de Kagame sur tout le territoire rwandais dont 4000 dans la seule ville de Kigali.  Il est aujourd’hui connu que ces infiltrés avaient, entre autres, mission de faire tout pour que le génocide de ceux réputés tutsi de l’intérieur ait lieu[10].

Le 22 avril 1995, les troupes de Kagame ont massacré plus de 4000 réfugiés dans le camp de Kibeho sous les yeux des forces de l’ONU. [11]

Le 11 décembre 1997, dans le camp de Mudende (Nord du Rwanda), des   réfugiés réputés  tutsis ont été massacrés par les forces de Kagame. Le crime fut faussement imputé aux extrémistes hutus pour détourner l’attention du massacre de plus de 8000 personnes dans les grottes de Kanama.

Des rapports de l’ONU estiment à plus de  300.000 réfugiés rwandais massacrés par les soldats de Kagame dans les forêts du Congo.  Ndamukunda Claire, petite sœur de l’auteur,  et ses quatre enfants sont parmi les victimes. Le mari de Claire et leur fils aîné qui avaient échappé à ce massacre et qui étaient rentrés au Rwanda ont été également tués par les soldats de Kagame en juillet 1997.  Le 3 mars 1997, les soldats de Kagame ont sauvagement tué plus de 1000 jeunes gens dans les secteurs aux alentours de la ville de Ruhengeri. Deux frères et 4 cousins de l’auteur qui participaient aux funérailles de la mère de l’auteur furent tués ce jour-là.

Conforté par l’impunité de ses crimes au Rwanda, Kagame a semé  - et sème toujours -  la mort et la désolation au Congo. Lors de son récent voyage en Afrique, la secrétaire d’État Hillary Clinton a parlé de plus cinq millions de  morts au Congo.

Malgré tous ces crimes bien documentés, Kagame sillonne le monde et est régulièrement honorés de prix dont celui de la paix. Dans les faits donc, la communauté internationale a concédé à Kagame le droit de vie et de mort sur tout Rwandais et tout congolais. Ceci rappelle les temps où le citoyen romain avait droit de vie et de mort sur sa femme, ses enfants, ses esclaves et son bétail… Nous rwandais avons donc peur parce que sous le régime Kagame, NOUS N’AVONS PLUS DROIT À LA VIE. Il va sans dire que, privés du droit à la vie, les rwandais  sont également privés du droit à la propriété privée, de la liberté d’expression, de la liberté d’association…

Mais au fait, pour quelle raison la communauté internationale a concédé à Kagame le droit de vie et de mort sur tout rwandais, voire tout étranger, car tous les crimes commis sur ordre de Kagame, même ceux contre des citoyens américains, canadiens, espagnols, belges et français, restent impunis à ce jour? Tout simplement, parce que les tueries au Rwanda en 1994 ont été présentées au public occidental, de façon partielle et partiale, comme ‘le génocide des tutsis commis par des hutus’. Du coup, Kagame, de génocidaire qu’il est en réalité a été tourné en victime et héros pour supposément avoir arrêté ce génocide. Et pourtant, le Général Emmanuel Habyarimana, Ex-Ministre de la défense de Kagame et Déo Mushyayidi, réputé tutsi et figure de proue de l’opposition, sont arrivés à la conclusion que ‘Museveni en sa qualité de Président de l’Ouganda et Kagame en tant que Commandant en chef des forces du FPR doivent répondre de la planification et de l’exécution du génocide rwandais dont ils constituent les principaux cerveaux.[12] En cela ils confirment la thèse de l’auteur que  ‘Kagame est le cerveau du génocide des tutsis de l’intérieur’[13].

En résumé, les faits  non exhaustifs relevés tout au long de cette réflexion, prouvent à suffisance que rwandais et congolais sont aujourd’hui privés des droits fondamentaux de la personne, dont le plus fondamental est évidemment LE DROIT À LA VIE. Face à cette situation toutes les femmes et tous les hommes de bien dans le monde n’ont d’autres choix que d’unir leurs forces et de lutter jour après jour jusqu’à ce que le  moulin de Kagame  cesse de  moudre rwandais et congolais. En effet, quelles qu’en soient les causes, cette situation où des êtres humains n’ont pas droit à la vieoù  certains citoyens, Kagame en tête, ont le droit de vie et de mort sur d’autres citoyens, est inadmissible, inacceptable de part les standards du 21ème siècle en matière de droits de la personne. Pour cette raison,  je lance l’appel pour une  Coalition Internationale pour le droit à la vie au Rwanda.

Guillaume Murere
Gatineau, Québec, Canada
Mars, 2010

Tout le texte ci-dessous en fichier attaché (PDF)

 

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[1] http://pages.infinit.net/histoire/charte-qc-1983.htm
[2]
http://www.hrw.org/fr/news/2009/04/11/la-puissance-de-l-horreur-au-rwanda
[3]
Voir  à ce propos le jugement de Munyaneza
http://www.jugements.qc.ca/php/decision.php?liste=43313484&doc=E1DDAA31D7594DAD68D51E9CAF787C7B911D27069A0D0419F7DA609FF45112E4&page=1
; Page 199, paragraphe [2092]

[4]
http://www.themarknews.com/articles/861-a-false-reconciliation
[5]
Ibi ni « ibimbabaza » bya Kabonero – Umuseso n° 387 (21-28 ukuboza 2009)
[6]
http://www.rwanda-chateau.org/ImagesFr/image13.html#image13
[7]
Amnesty International, Rwanda : Le cours perturbé de la justice, rapport annuel, Londres, 2000, http://www.amnesty.org/fr/library/asset/AFR47/010/2000/en/ZZ-5UW48ZfIJ
[8]
Gil COURTEMANCHE, Perspective- ce génocide qui dure depuis quinze ans, Journal, le devoir du 8 avril 2009, disponible  en format électronique sur : http://www.ledevoir.com./2009/04/08/244498.html 
[9]
Extrait du discours du Président Paul Kagame, prononcé le 31 mars 2003 à Rebero, district BWISIGE, ex-province de Byumba.
[10]
Voir par exemple, http://www.inshuti.org/ruzibiza.htm le témoignage de Ruzibiza qui ment qu’il a menti.
[11]
http://www.pbase.com/kleine/cuthbertbrown_kibeho&page=all
[12]
Voir aussi Génocide Rwandais : Le peuple crie justice, http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8283
[13]
Voir, l’analyse produite par l’auteur en 2007
http://www.inshuti.org/kagame25.htm
et qui n’a pas été contestée à ce jour, tellement les faits sont accablants et la preuve évidence.

source: musabyimana.be

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Monsieur Jean RWABAHIZI, citoyen français pris en otage au Rwanda

Posté par Adolphe Habimana le 22 mars 2010

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Le cas de Monsieur Jean RWABAHIZI, citoyen français pris en otage au Rwanda

Rwanda : La convoitise des biens d’autrui paralyse les tribunaux GACACA (Le cas de Monsieur Jean RWABAHIZI, citoyen français pris en otage au Rwanda)

Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)* dénonce et condamne la prise en otage et le maintien en prison de Monsieur Jean RWABAHIZI. Celui-ci est un citoyen français d’origine rwandaise qui a été arrêté mardi le 12/01/2010 et incarcéré le même jour à la prison de Kimironko dans la capitale rwandaise Kigali. Depuis près de 40 ans, il a travaillé comme chauffeur à l’Ambassade de France au Rwanda jusqu’à son exil en France depuis novembre 2006.

Dès la nouvelle de son arrestation, l’on a cru d’abord qu’il s’agissait d’un règlement de compte entre le Rwanda et la France. Mais, dès que la radio nationale rwandaise, Radio Rwanda, a commencé à faire un « appel à tous ceux qui sont intéressés à se faire dédommager par un certain Jean RWABAHIZI » dont le procès avait été fixé au samedi 20/02/2010, son épouse a vite compris que son mari venait d’être aussi victime de ceux qui convoitent leurs biens immobiliers. En effet, l’épouse de Jean Rwabahizi, Madame Zena MUKABUDUWE, a été, elle aussi, calomniée et emprisonnée arbitrairement à la prison de Kigali du 22/08/1994 au 22 janvier 1995. Elle fut libérée par la Commission de triage présidée par l’ancien Procureur de la République près le Parquet de Kigali, Monsieur François Xavier NSANZUWERA. Dans son attestation datée du 13/09/1998 qu’il a délivrée à Madame Zena Mukabuduwe à Bruxelles, l’ancien procureur Nsanzuwera atteste qu’elle a été victime de la convoitise de leurs biens immobiliers. Voici un extrait de cette attestation : « (…). Elle fut détenue dans la Prison centrale de Kigali directement après la fin du génocide du printemps 1994. Elle fut libérée en janvier 1995 par la Commission de triage présidée par le procureur de la République. Comme plusieurs de ses codétenus, elle (Mme Zena) avait été victime de la délation qui a frappé et qui continue de frapper des rwandaises et des rwandais qui furent détenus à cause de leurs biens immobiliers et mobiliers. …) Madame Zena avait laissé son mari et ses enfants dans la zone turquoise à Cyangugu au Sud ouest du Rwanda près de la frontière congolaise. Lorsqu’il a appris l’emprisonnement arbitraire de son épouse, M. Jean Rwabahizi a fui avec toute sa famille jusqu’à Bukavu où il est resté jusqu’au démantèlement meurtrier et criminel des camps de réfugiés rwandais au Kivu à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). M. Jean RWABAHIZI fut rapatrié parmi les premiers et il fut réintégré à son poste de chauffeur de l’Ambassade de France à Kigali au Rwanda. Il n’avait eu aucun problème d’obtenir une attestation de bonne vie et conduite pendant le génocide que le régime du Front Patriotique Rwandais (FPR) réclamait à tout réfugié Hutu rapatrié de la RDC. Entre temps son épouse Zena Mukabuduwe avait été libérée et autorisée à recouvrer tous leurs immeubles pour lesquels elle avait été calomniée et jetée en prison. Le Centre dénonce et condamne également la présence dans les tribunaux GACACA des juges « gangsters ». Ces juges sont souvent recrutés par les agents de la DMI. Dans cette tâche, ils sont appuyés par le Service National des Juridictions Gacaca (SNJG) dirigé par Madame Domitilla MUKANTAGANZWA en sa qualité de Secrétaire Exécutif du SNJG. Parmi les juges du tribunal Gacaca de Nyarugenge qui traitent le dossier de Rwabahizi se trouve Madame Christine SHAMUKIGA, rescapée Tutsi, qui semble avoir reçu la mission de condamner M. RWABAHIZI dont le dossier GACACA est tout à fait vide. Raison pour laquelle, son procès est régulièrement reporté suite aux nombreuses contradictions des témoins à charge.

Christine Shamukiga convoiterait elle-même l’immeuble de M. Jean Rwabahizi sur demande des personnes intéressées à l’acheter à vil prix. Rappelons que cet immeuble (dont nous publions la photo en fichier attaché) comprend 8 appartements répartis sur trois niveaux (deux étages et un rez de chaussée). En examinant la chronologie des nombreux reports du procès de M. Rwabahizi, le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda constate que l’accusé est victime des juges Gacaca qui se sont donnés la mission de le dépouiller de ses biens familiaux afin de les faire vendre aux enchères et d’en retirer des pots de vin. Chronologie des faits : Le samedi 9 janvier 2010, M. Rwabahizi Jean est arrivé au Rwanda en provenance de la France. Il venait s’occuper de son immeuble composé de 2 étages et d’un rez-de-chaussée. Cet immeuble, qui se trouve dans la cellule Rukiri II à Remera dans la ville de Kigali, compte 8 appartements résidentiels qui sont loués par plusieurs personnes. Pendant son séjour à Kigali, il a logé dans son immeuble jusqu’au jour de son arrestation. Le mardi 12 janvier 2010 vers 9h, des policiers sont venus l’arrêter et l’ont conduit directement à la prison de Kimironko.

Les policiers lui ont raconté qu’un tribunal Gacaca l’a condamné à 30 ans de prison pour avoir massacré les tutsis. Curieusement personne dans sa famille ou celle de son épouse n’avait jamais entendu parler d’un quelconque procès Gacaca qui aurait jugé M. RWABAHIZI Jean par contumace. Lorsqu’il a demandé des précisions sur les faits qui lui seraient reprochés, personne n’a été capable de lui présenter le moindre document lié à ce jugement. Une fois incarcéré, la direction de la prison de Kimironko lui a conseillé d’interjeter appel contre cette «prétendue» condamnation. Ce qu’il a fait immédiatement. Son procès fut fixé au 20/02/2010 par le tribunal Gacaca de Nyarugenge. Depuis le 15/02/2010 jusqu’au 20/02/2010, Radio Rwanda aurait diffusé des communiqués invitant toute personne désireuse de réclamer des dédommagements à M. Jean Rwabahizi à se présenter à son procès prévu samedi 20/02/2010. Malgré ce tapage médiatique, seules trois personnes se sont présentées. Elles se sont tellement contredites de telle sorte que le procès fut reporté.

Voici le déroulement des différentes audiences Gacaca : Samedi le 20/02/2010 eut lieu la première audition de son procès Gacaca en appel. Au lieu d’être entendu par le tribunal Gacaca de la zone REMERA qu’il habitait pendant le génocide, ce sont les juges du tribunal Gacaca de Nyarugenge qui ont été désignés pour entendre les témoins à charge que Radio Rwanda avait ameutés pendant 5 jours d’affilée. Dimanche 28/02/2010, de 9h30 à 18h eut lieu la deuxième audition Gacaca, les mêmes témoins sont revenus mais ils se sont, encore une fois, contredits dans leurs témoignages. Jeudi 04/03/2010, la troisième audience Gacaca a vu défiler quatre témoins à charge et quatre autres témoins à décharge. Parmi les témoins à charge, le premier est une ancienne copine d’un diplomate français qui a tenté de se faire dédommager une voiture sans succès. Le deuxième est une femme qui prétend que Rwabahizi les aurait terrorisé elle et son époux, M. Déo Abdulkarim qui fut tué finalement par son gendre d’après le témoignage de ses propres enfants. En effet, les enfants d’Abdulkarim ont contredit leur mère et ont témoigné en faveur de M. Rwabahizi. Le troisième témoin à charge c’est M. Saidi, ancien agent du Centre Culturel français qui a prétendu que Rwabahizi aurait tué deux filles non identifiées pendant le génocide.

Les témoins à charge ont été autorisés à s’exprimer longuement sans subir aucun contre-interrogatoire sérieux de la part des juges. Quant aux témoins à décharge, ils furent intimidés et presque muselés par les juges Gacaca qui semblaient siéger sous la domination de Madame Christine SHAMUKIGA. Le procès fut reporté au samedi 13/03/2010. Samedi le 13/03/2010 la quatrième audience Gacaca a eu lieu de 14h à 18h et fut reportée. Dimanche le 14/03/2010, la quatrième audience s’est poursuivie de 11h à 18h. L’épouse de M. Déo Abdulkarim a continué d’accuser M. Rwabahizi. Mais ses propres enfants sont venus démentir. Il s’agit de Madame MURAZA, fille de Déo Abdulkarim, qui a expliqué aux juges Gacaca que sa mère continue de calomnier M. Rwabahizi qui n’est pas responsable de la mort de son père. Elle l’a complètement innocenté en déclarant que son père a été tué par son propre gendre. Monsieur Abdu KIBWA, beau frère de Madame Muraza, fut condamné à 6 mois de prison par les juges Gacaca influencés par Madame Christine SHAMUKIGA. Parce qu’il avait confirmé le témoignage à décharge de Madame Muraza, sa belle sœur. Le procès fut encore une fois reporté au Samedi 20/03/2010. Conclusion : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda constate que les différents reports du procès de M. RWABAHIZI démontrent qu’il est victime d’un emprisonnement arbitraire destiné à le dépouiller de ses biens immobiliers et mobiliers. Exactement comme cela fut le cas lors de l’emprisonnement de son épouse Zena MUKABUDUWE en 1994. Le comportement de Madame Christine SHAMUKIGA reste très suspect. Nous continuons nos enquêtes sur ses agissements et son acharnement contre M. Jean Rwabahizi. Nous continuerons à documenter ce cas à chaque report de ce procès. Nous rappelons que plusieurs commerçants et autres propriétaires légitimes ont été condamnés arbitrairement partout au Rwanda sur base des fausses accusations inventées par ceux qui convoitent leurs biens.

Recommandations :

Le Centre recommande instamment que : – Que Monsieur Jean RWABAHIZI soit libéré immédiatement et sans conditions. – Que Madame Christine SHAMUKIGA soit surveillée ainsi que les réseaux qui semblent avoir commandité ce faux procès contre M. Jean Rwabahizi. – Que le témoin à décharge, M. Abdu KIBWA condamné arbitrairement à 6 mois de prison le 13/03/2010 par le tribunal Gacaca, soit libéré également. – Que les juges « gangsters », qui sont impliqués dans les condamnations arbitraires des propriétaires légitimes des biens, soient poursuivis pour ces crimes économiques dont ils se rendent coupables. Fait à Bruxelles, le 19 mars 2010 Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur. CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.

COMMUNIQUE n° 122/2010

CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE ET L’INJUSTICE

AU RWANDA (CLIIR)

Boulevard Léopold II, n°227 1080 BRUXELLES

Tél/Fax : 32.81.60.11.13 GSM: 32.476.70.15.69

Mail : cliir2004@yahoo.fr

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Paul Kagame serait-il entrain de perdre la main?

Posté par Adolphe Habimana le 22 mars 2010

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Celui qui dirige le Rwanda d’une main de fer depuis juillet 1994 serait entrain de perdre le contrôle de l’armée et des services de renseignement. Selon certaines sources bien informées, la fuite bien préparée du très populaire général Kayumba Nyamwasa et la récente arrestation au Burundi de l’opposant Déo Mushayidi et son extradition au Rwanda, ont accentué les dissensions au sein du parti au pouvoir, le FPR.

A Kigali, la machine à broyer celui que la presse rwandaise proche du pouvoir appelle dorénavant le « renégat général » Nyamwasa, est entrée en action. Mais l’ex-Ambassadeur du Rwanda à New Delhi aurait une longueur d’avance. Personne ne sait où il est actuellement. Afrique du Sud, Ouganda, en partance pour l’Europe, les spéculations vont bon train sur l’endroit où il se trouve. Ses réseaux ainsi que ceux de son ami, le colonel Patrick Karegeya, ancien chef du service de renseignement extérieur, seraient déjà opérationnels tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Rwanda.

Au sein des partis politiques autorisés, les choses vont mal également. Le candidat déclaré à l’élection présidentielle, l’avocat Bernard Ntaganda, président-fondateur du parti PS Imberakuri, vient d’être limogé à la tête du parti par des infiltrés du FPR pour atteinte à la sécurité de l’état et collaboration avec les opposants à l’extérieur du pays.

Des attaques ont été encore signalées le week-end dernier faisant 17 blessés au Bugesera. Les assaillants n’ont pas été identifiés et on ne sait toujours pas ceux qui sont derrière ces attaques. Le général Kayumba Nyamwasa a réfuté les accusations lancées par Kigali qui le désigne responsable de l’insécurité dans le pays.

Les élections d’août prochain s’annoncent chaudes. L’Union européenne pourrait envoyer des observateurs.

Source:www.irwanda1.com

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