Rwanda VS BBC: Le film qui dérange!

Posté par Adolphe Habimana le 14 décembre 2014

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Peter Erlinder, l’homme qui agace Kigali

Posté par Adolphe Habimana le 8 juin 2010

Peter Erlinder, professeur de droit et avocat au Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Peter Erlinder, professeur de droit et avocat au Tribunal pénal international pour le Rwanda. © William Mitchell College of Law

Malgré les pressions américaines, la justice rwandaise est restée ferme. Lundi 7 juin, le tribunal de Kigali a rejeté la demande de remise en liberté de l’Américain Peter Erlinder. Avocat de l’opposante Victoire Ingabire, il est accusé de négation du génocide et d’atteinte à la sécurité nationale.

Lorsque Peter Erlinder est arrivé au Rwanda, le mois dernier, il ne se doutait probablement pas du sort qui lui serait réservé. Habitué à défendre des accusés impopulaires, il était venu assister l’opposante Victoire Ingabire, accusée, entre autres, de négationnisme. Et il avait ignoré les conseils de ses collègues du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui lui recommandaient de ne pas se mêler à cette affaire.

Arrêté le 28 mai, celui qui préside  l’Association des avocats de la défense du TPIR – laquelle regroupe certains conseils des responsables présumés du génocide – risque jusqu’à 25 ans de prison pour négation du génocide et atteinte à la sécurité nationale. En cause : certains des ses écrits et déclarations.

Irritations de Kigali

Ce professeur de droit de l’université américaine William-Mitchell, dans le Minnesota, avait déjà sérieusement irrité Paul Kagamé en contribuant à monter une action en justice contre ce dernier devant un tribunal de l’Oklahoma, rappelle le New York Times. Il avait également fait part de sa conviction que le Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion dirigée par l’actuel président Paul Kagamé) était responsable de l’attentat qui avait causé la mort de l’ancien président, Juvénal Habyarimana, à l’aube du génocide de 1994.
Une allégation qui ne passe pas à Kigali : c’est cette même hypothèse, un temps suivie par le juge d’instruction français Jean-Louis Bruguière dans l’enquête sur l’attentat, qui avait provoqué la rupture diplomatique entre le Rwanda et la France pendant trois ans.

« Acte de justice »

Peter Erlinder est désormais au centre d’un bras de fer diplomatique entre le Rwanda et les États-Unis, alliés et bailleurs de fonds traditionnel de Kigali. Trois jours avant l’interpellation de l’avocat, l’administration américaine avait critiqué le gouvernement rwandais, responsable, selon elle, d’une « série d’actions inquiétantes […] qui constituent des tentatives de restreindre la liberté d’expression » à l’approche de la présidentielle d’août prochain.

Le gouvernement nie pourtant tout caractère politique à ce dossier. Il s’agit d’un « acte de justice », a martelé la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. « Peut-être que M. Erlinder pensait que sa nationalité, sa stature académique, son profil dans les médias le protégeraient », ajoute-t-elle dans un communiqué. « Ceux qui nient le génocide – qu’ils soient riches ou puissants – sont considérés par les Rwandais comme de grands criminels. »

Mystérieuse « tentative de suicide »

« Je réalise pour la première fois combien mes vagues écrits publiés en Amérique étaient graves et pouvaient correspondre à une négation du génocide », a déclaré Erlinder devant le tribunal de Kigali, vendredi.

Deux jours plus tôt, il avait été retrouvé affaibli dans sa cellule, conséquence d’une « tentative de suicide », selon la police rwandaise. Une version que ses proches – avec qui il dit n’avoir pas pu communiquer depuis son arrestation – contestent vivement.

Peter Erlinder a demandé une remise en liberté sous caution pour pouvoir retourner se soigner dans son pays, promettant de se plier à toutes ses obligations devant la justice rwandaise. « Je croyais que ce pays avait progressé démocratiquement. Mais si je suis détenu et poursuivi, mon procès confirmera ce qu’on en dit à l’étranger », avait-il déclaré, selon l’agence américaine Associated Press. Un couplet qui n’a visiblement pas convaincu le tribunal. Si son appel est à nouveau rejeté, il attendra son audience, prévue début juillet, au Rwanda, dans sa cellule de prison.

source: jeune afrique

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Kayumba Nyamwasa: « J’ai sauvé la vie du Président Kagame à deux reprises »

Posté par Adolphe Habimana le 3 juin 2010

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Le Général NYAMWASA règle ses comptes avec Kagame et nous livre quelques secrets que bien des gens ne connaissaient pas encore. En voici une traduction française rapide de l’article en anglais du Monitor, sorti ce Dimanche (30 mai 2010) .

Une semaine après que le président Paul Kagame du Rwanda a accusé l’ancien chef du personnel de l’armée, le Lieutenant-Général Kayumba Nyamwasa, ainsi que l’ancien patron du renseignement, le colonel Patrick Karegeya, de fuir leurs responsabilités, les deux fonctionnaires, qui vivent en exil en Afrique du Sud, dans un communiqué envoyé par courriel au Monitor du dimanche par LT. NYAMWASA GEN,  donnent leur version de l’histoire.
«Quand j’ai quitté le Rwanda, mon intention était de réunir ma famille, commencer une nouvelle vie pou oublier la politique, la vie militaire et la diplomatie, domaines où j’avais évolué auparavant. J’ai pensé que je pouvais aller dans des universités, faires des travaux de consultance ou quelque chose de différent pour vraiment prendre des vacances d’une longue durée avec le Président Kagame, avec qui j’avais servi pendant les 16 dernières années. Malheureusement, ce ne devait pas être ainsi. Mon nom reste toujours dans les médias pour toutes les mauvaises raisons possibles.

Après mon départ, le Président Kagame a réuni une conférence de presse où il a épinglé Patrick Karegeya et moi-même comme des terroristes; devant des officiers cadets de Gako, il nous qualifia des voleurs; au Parlement, il nous a appelés des mouches qui il va écraser avec un marteau, dans Jeune Afrique, Il m’a appelé un traître et avec le Monitor ,il nous qualifia  d’ officiers insouciants et irresponsables.

Pour des raisons de clarté et pour le bien de nos familles, des amis, des compatriotes et tous ceux qui ont lu votre publication, je suis forcé de répondre afin de mettre les choses au clair. Sinon, le silence signifierait notre  consentement. Dans ma présentation, je peux faire des comparaisons et des analogies, mais elles ne sont nullement faites dans l’intention d’offenser.

Le Président Kagame n’est pas honnête quand il prétend que nous nous sommes enfuis pour ne pas rendre des comptes. Nos désaccords sont centrés sur la mauvaise gouvernance, l’intolérance, l’insensibilité, l’intrigue et la trahison de nos collègues.

En outre, il est de mon avis et avec de fortes convictions que nous avons lutté pour un pays où il y aurait la liberté d’expression et d’association. Au contraire, vers la fin du siècle dernier, ces idéaux ont commencé à se déplacer et l’accent n’est plus mis sur le pays et le Parti, mais sur le Président Kagame.

Ce phénomène a été  promu et entretenu par des opportunistes et des courtisans. Je ne faisais pas attention à l’évolution des événements et méprisais la catégorie de  ces personnes impliquées. La réunion avant mon départ était méprisable et j’ai tenu pour responsables et dans un certain mépris un certain nombre de personnes pour avoir transformé le FPR en un parti où les principales préoccupations restent la poursuite de l’intrigue et de la haine.

Le Président Kagame doit vous avoir dit qu’en 2003, avec un autre collègue, nous avons demandé de quitter l’armée et le gouvernement parce que nous sentions que nous ne nous inscrivions plus dans cet ordre de l’évolution des choses. Il a refusé et a exprimé la crainte qu’en quittant, nous pourrions causer des ennuis à l’extérieur. J’ai gardé, comme  soldat, l’espoir  qu’un certain sens de la raison prévaudrait encore et que peut-être les choses pourraient changer en quelque sorte. Avec le recul, je constate que j’ai peut-être été naïf ou eu trop de confiance en persévérant dans la résignation, comme certains de mes collègues  le font actuellement.

Le Président Kagame nous accuse de fuir pour ne pas rendre des comptes. Nous croyons que rendre des comptes est une responsabilité primordiale, mais ce dont nous ne sommes pas d’accord avec et qui est inexplicable est le fait de persécuter ses adversaires au nom du contrôle des responsabilités. Quand le fait de rendre des comptes commence à être utilisé comme une arme politique pour encadrer ceux qui sont perçus comme  adversaires, dès lors il cesse d’être utile et n’a pas de signification.

La responsabilité financière et rendre des comptes devrait venir d’en haut, en commençant par le Président de la République, avant que ce soit exigé de ses subordonnés. Au Rwanda, le chef de l’Etat est la première personne à ne pas rendre des comptes et pour cela, il  n’a aucune autorité morale pour demander des comptes aux autres. Au Rwanda, le Président Kagame s’assimile aux institutions.

Je voudrais illustrer mon propos par ce qui suit: tout d’abord depuis que le président Kagame aime parler de rendre des comptes par les institutions, j’aimerais savoir s’il a comparu devant le Parlement pour parler de la propriété de deux avions  XR Jets exécutif qu’il utilise pour lui-même et fait au moins deux voyages par mois aux Etats-Unis pour recevoir des honneurs fictives comme les  doctorats, pour lui-même et sa femme, ou pour voir ses enfants.

Le coût minimum pour chaque voyage est proche de 1 million de dollars. Les deux appareils ont été achetés par l’argent du gouvernement et sont enregistrés au nom d’une pseudo-société. Il devrait comparaître devant l’Ombudsman , ensemble  avec son conseiller et un fonctionnaire de l’Ambassade afin d’expliquer d’où ils ont tiré les 100 millions de dollars pour acheter les deux avions. Le ministre des finances devrait dire au Parlement pourquoi le gouvernement doit recourir aux services de ces avions privés. Est-ce le reflet de la tolérance zéro de la corruption que le président ne cesse de parler? [Le gouvernement rwandais a dit qu'il loue des jets d'une entreprise privée dans laquelle des ressortissants rwandais privés détiennent des participations – selon l’Éditeur]. Deuxièmement, le Président Kagame devrait expliquer au Parlement qui est le propriétaire de l’immeuble de l’Ambassade du Rwanda à Londres et ses liens avec la société au nom de laquelle l’immeuble de l’ambassade est enregistré.

Troisièmement, il doit expliquer au parti et au peuple Rwandais pourquoi il dirige un parti qui n’a pas de  Trésorier et combien d’argent le FPR tire de toutes les plus grandes entreprises du pays qui lui appartiennent, ainsi que l’argent provenant des cotisations et contributions des membres du parti.

Quatrièmement, pourquoi la Societe de Construction Arab Contractors, alors qu’elle construisait le Ministère de la Défense, a simultanément fait la construction de sa résidence privée de Muhazi tout en utilisant les biens et facilités de l’Etat?  Le Ministre Bikoro a été demandé de rendre des comptes d’un conteneur de carreaux, combien d’argent le Président Kagame a-t-il payé comme impôts au Rwanda Revenue Authority pour les  matériaux de construction de ses propres maisons?

Les exigences de demande de rendre des comptes du Président Kagame sont une farce, démagogiques et ne sont là que pour amuser la galerie. Bien sûr, agissant ainsi en «crachant du feu» lui soustrait de l’œil curieux et inquisiteur. Cependant, tout le monde sait qu’il le fait pour intimider, tromper  la Communauté Internationale et faire bonne impression aux donateurs. Pour soutenir tout cela, il emploie l’intrigue, la tricherie, la manipulation et la trahison. Cela a été à la base de mon départ.

En ce qui me concerne, j’ai toujours fait en sorte que mes formulaires de déclaration d’avoirs et de propriété soient  soumis à l’Ombudsman à temps et fort heureusement je suis en possession de tous les reçus à cet effet. Je n’ai jamais figuré sur la liste des officiels du Gouvernement suspendus pour faute de déclarations de la propriété. Le Président Kagame aurait été si heureux de me faire arrêter s’il y avait eu une moindre irrégularité dans mes déclarations.

Le président Kagame dans une note m’a félicité comme un officier exemplaire, quand j’étais Chef d’Etat-major et ayant servi pendant cinq ans sans interruption en tant qu’Ambassadeur en Inde. À quand donc pouvais-je ne pas rendre des comptes et devenir terroriste? Comment peut-il se raviser pour demander des comptes après 10 ans? Le Colonel Karegeya a servi de façon ininterrompue comme Chef du Renseignement pendant 10 ans. Le Président Kagame l’a qualifié d’inutile, vaurien et maintenant terroriste! À quand le Président Kagame s’est rendu compte que le Colonel Karegeya était inutile et valait rien après toutes ces années de service? Le peuple Rwandais est habitué à ce genre de dénigrement. Le mois dernier, il a nommé le Commandant de la Force de Réserve, mais on l’a arrêté pour abus de pouvoir, juste une semaine après sa nomination. Quand est-ce que les investigations ont eu lieu? Un autre Général a été arrêté pour avoir commis des actes immoraux – mais où est le plaignant?

Pendant le régime du Président Kayibanda [1962 - 1973], les opposants politiques ont été traités de traîtres idéologiques. Plus tard, le Président Habyarimana [1973 - 1994] disait que ceux fuient  à l’exil ont peur de la paix et de la tranquillité qui règnent dans le pays. Dans les années 1980, le Président Habyarimana rappelle aux Rwandais et à la Communauté Internationale que son Gouvernement est considéré comme ayant le rang le plus élevé du PIB dans la région, ce qui dénote un havre de paix et que personne ne devrait parler qu’il existe un manque de démocratie.

Ces jours-ci le Président Kagame accuse ses adversaires de l’idéologie du génocide ou du terrorisme ainsi que de la corruption. Pour lui, tout le monde devrait chanter que Kigali est propre et que le développement est là. Peut-on développer sans conscience? Je crois que le Rwanda n’a rien changé en termes de leadership.

Le président Kagame a personnalisé la question concernant  le Général Kayumba / Col. Karegeya. Ceci en dehors d’une certaine culpabilité de conscience. Si les personnes qui ont participé à la lutte dès la première heure et ont servi aux plus hauts niveaux de l’Armée et de la Sécurité ne sont pas des collègues dans le contexte rwandais, qui peut l’être? Le Président Kagame demande pourquoi ne l’a-t-il pas arrêté tout de suite, s’il était un dictateur ?

Puisqu’il il l’a dit dans le Monitor, journal largement lu en Ouganda, permettez-moi de vous rappeler qu’avant la mort de Ben Kiwanuka [en 1972], il avait rencontré Amin comme l’a fait l’évêque Luwum. Le fait qu’Amin ait rencontré ces deux personnalités et d’autres avant de les tuer ne fait aucunement de lui un démocrate? Est-ce Kagame veut dire que ceux qui ont fui Amin en 1978 n’avaient pas de motif de justification et auraient dû rester? En outre, il a fait des allégations concernant  les personnes qui  se sont enfui de 1995 à  1996 en disant que c’était  peut-être à cause de moi. Voulait-il faire entendre qu’il n’avait pas de responsabilités en ce moment-là? Maintenant que je suis parti, attendons voir s’il y aura une rentrée massive des rapatriés de l’exil. Kagame parle comme quelqu’un d’offensé et d’affligé.

Comment peut-il justifier l’incarcération de mon épouse et de mes enfants à New Delhi, leur expulsion hors de la résidence de l’Ambassade en confisquant leurs passeports ayant des visas à entrées multiples? A quelle institution devaient-ils rendre des comptes ? S’il avait des problèmes avec moi, pour quoi s’en prendre à ma famille?

Pendant qu’il faisait cela à ma famille, il préparait un voyage très coûteux à West Point [académie militaire de New York] pour voir son fils dont la formation est financée par le Gouvernement que nous avons tous deux travaillé pour mettre au pouvoir. Mais l’ironie est qu’au Rwanda il n’ ya qu’une seule famille qui compte!

J’ai sauvé la vie du Président Kagame à deux reprises pendant la lutte quand tout le monde l’avait abandonné à  Nkana et Kanyantanga. Où étaient tous ceux qui lui disent actuellement que je suis un traître? L’histoire dira qui a trahi qui. Ceux qui ont servi avec nous connaissent la vérité, y compris ceux qui m’ont le plus vilipendé pour raison de leur opportunisme.

Le Président Kagame a déclaré qu’il ne comprend pas et ne trouve pas de raisons pour lesquelles les gens s’enfuient  à l’exil. Certes, le président doit être muni d’une mémoire très courte; toute sa famille a vécu plus de 30 ans en exil. Veut-il insinuer que ses parents étaient des aventuriers quand ils ont quitté le Rwanda et qu’ils ont en quelque sorte  recouvré leur sens après 1994?

La réponse est simple. Dans une démocratie, la population recourt aux tribunaux pour la résolution des conflits mais  dans une dictature, les gens fuient pour sauver leur chère vie. Si un Chef d’Etat ne sait pas pourquoi ses citoyens fuient le pays, c’est qu’il est incapable de gouverner. « 

source:Monitor

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MIS EN GARDE DE LA FOUINE DES AMERICAINS DANS LE JOB DE KIGALI

Posté par Adolphe Habimana le 3 juin 2010

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               Kurt P. Kerns                                                                          Professor Peter Erlinder

Au moment où le très celèbre Professor Peter Erlinder subit l’humiliation dans la prison rwandaise, son collègue Kurt P. Kerns pourrait lui rejoindre s’il n’apprend pas « la fermer ». Selon certains médiats de Kigali, le porte parole de la police met en garde cet Américain qui dénigre et insulte la police nationale en la traitant de criminelle. Les enquêtes sur les propos de Kurt P. Kerns auraient déjà commencé a-t-il souligné le porte parole de la police:Supt Eric Kayiranga

Rappelons que Kurt P. Kerns est parmis les meilleurs juristes aux USA:“2010 Super Lawyers U.S. Law School Rankings.”Pour en savoir plus sur son rang connectez vous sur:“www.warriorlawyers.com” . Il est également professeur de droit au niveau universitaire et siège dans le conseil d’administration de “Kansas Association of Criminal Defense Lawyers”.
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M Martin Ngoga Le Procurreur général du Rwanda
 

 

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Rwanda:fin de mois difficile pour la démocratie

Posté par Adolphe Habimana le 31 mai 2010

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Victoire Ingabire ngo ahagaritse gusubiza ubushinja cyaha

.Victoire Ingabire, umuyobozi wa FDU INKINGI, aravuga ko yamenyesheje ubushinja cyaha ko

ahagaritse gusubiza ibibazo bumubaza, yari yitabye ubushinja cyaha uyu munsi.

Ingabire yabwiye BBC ko ifatwa ry’umuburanira, Professor Peter Erlinder, rigamije kumwima uburenganzira ahabwa n’amategeko.

Yavuze ko yabwiye ubushinja cyaha ko nyuma y’amezi atatu afashwe bikwiye ko agezwa imbere y’urukiko akaburana aho gukomeza kubazwa.

Umuvugizi w’ubushinja cyaha, Augustin Nkusi, yabwiye BBC ko bagife ibyo bashaka kubaza Ingabire, yavuze ko Ingabire afite uburenganzira bwo guhitamo kutavuga. 

Abategetsi b’u Rwanda baravuga ko bakibaza umunyamategeko w’umunyamerika, Peter Erlinder, wafashwe mu cyumweru gishize aregwa icyaha cyo guhakana jenoside yakorewe Abatutsi.

Umuvugizi w’ubushinjacyaha yahakanye ko Erlinder yagombaga kwitaba urukiko uyu munsi.

Peter Erlinder yagiye mu Rwanda mu cyumweru gishize avuga ko agiye kuburanira Victoire Ingabire, umuyobozi wa FDU INKINGI.

Ministiri w’ububanyi n’amahanga w’u Rwanda, Louise Mushikiwabo, yavuze ko Peter Erlinder atari afite ibyagombwa bimuhesha uburenganzira bwo gukorera mu Rwanda.

 source BBC

 

 

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CAN 2015: coupe d’Afrique des nation sous la ménace d’EBOLA

Posté par Adolphe Habimana le 14 décembre 2014

La Coupe d’Afrique des nations de football 2015 est la 30e édition de la Coupe d’Afrique des nations de football. Elle se déroule du 17 janvier au 8 février 2015, en Guinée équatoriale, après le désistement du Maroc. L’équipe du Nigeria de football, tenante du titre n’étant pas qualifiée, de nombreuses équipes prétendent à la victoire finale… la suite sur le lien suivant:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Coupe_d’Afrique_des_nations_de_football_2015

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RWANDA:UBUHANUZI BWA MAGAYANE

Posté par Adolphe Habimana le 21 mai 2014

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RWANDA:UBUHANUZI BWA MAGAYANE dans ACTUALITE audio UMVA IBYO YAHANUYE.(niba usha kumva kanda hano ujye kuri link ikurikira: http://jkanya.free.fr/nyirabiyoro)
Le messager  Intumwa n° 29 du 16 / 03 / 1993.
1.MAGAYANE YAHANULIYE HABYARIMANA KW’AZAPFA AZIZE GUSOGOTWA INKOTA.
Ibinyamakuru byinshi byagiye byandika kubuhanuzi bwa Magayane, abenshi bakiyongereraho n’ibyifuzo byabo. Byinshi mubyo Magayane yahanuye byarasohoye. Ibindi turacyabiteze yombi. Hali abitwa NYIRABIYORO, MUKUNZI, MINANI, MUKABAZIGA, nabo ubuhanuzi bwabo murabusanga muliyi numero. L’ERE DE LIBERTE n° 9 mars 1993 yanditse impanuro za Magayane. Nkaba nifuza kugeza kubasomyi b’ikinyamakuru icyo mbiziho kuko nafungiwe mu Ruhengeri igihe kirekire. Magayane yanditweho byinshi, sinzinduwe no kubisubiramo, ahubwo ndagirango nunganire uliya MPAYIMANA, ngire utuntu ngenda nkosoramo n’utundi nongeraho.
2.MAGAYANE AFUNGWA
yafunzwe n’urukiko rwa kanto ya Komine Gatonde mu 1978          rumukatira amezi           atandatu (6 mois) azira ko yilirwaga abwira umuhisi n’umugenzi ati HABYARIMANA          ndamukandagiye nimitse KANYARENGWE, ageze mu Ruhengeri ntiyongeye kujya          avuga izina.          Kanyarengwe muruhame, yamwitaga RUGANZU, uzambuka AKAGERA, akazafata u               Rwanda.           aliko ntarutegeke. Ati ntazageza kumyaka ibili ategeka u Rwanda.
3.Kw’ifungwa rya Major RIZINDE yagize ati:
Hali umugabo munini wambaye amataratara uzaba ashorejwe imbunda yilindishaga,         akulikirwe     n’abandi bambaye utubuye kuntugu (inyenyeli) ; arakomeza ati:      abo nibamara kugera muli special, baliya bicwa n’inzara buli munsi, ntibazongera kwicwa n’ inzara, aliko hali intumbi aliko itishwe n’inzara (Hali igisambo gikomoka muli préfecture Butare      cyali gikatiwe imyaka 40 cyahapfiliye muli mars 1983 kizize ko umuyobozi wa gereza       SUKIRANYA   yanze kukivuza gipfa ali inyo umubili wose. Yali yarakubiswe azize   gutoroka gereza ya   Butare.
4.Yabwiye SEMBAGARE  wacungaga gereza ya Ruhengeri ati:
Sha, nawe uzafungwa kandi umusilikali uzagusimbura gutegeka iyi gereza nawe       ntamahirwe afite         kuko nawe azafungwa hanyuma igitero kizaza gufunguza abasilikali bazaba bafungiye       muli spécial,     bazahamusiga azahicirwe n’agahinda.
                       IBISOBANURO
Sembagare yabajije Magayane ati: Insinzi ni iyihe kugirango ntazafungirwa muli spécial? Ati: uzabajishe umuvuba uwushyire imbere y’ umuryango wa spécial aliko umunsi wahavuye nibwo uzafungwa. uwo muvuba wahavanywe na CYARAHANE le 23 avril 1980 uwo munsi kandi nibwo Sembagare yinjiye gereza ya Kigali, abasilikali bamuvanye ku Kabaya aho yali yalimuliwe.
CYARAHANI ntabwo yishwe na LIZINDE nkuko uliya mwanditsi abivuga.
ahubwo Inkotanyi mugufungura cachons Cyarahani yali afungiyemo, zarashe akabuno k’ingufuli, kugirango bayitulitse, Cyarahani aho yakwikinze kukibambasi cya kasho nkuko abandi babigenje, aza kurugi rwa kasho, isasu liramukomeretsa, ba Lizinde mugusohoka, babura uko batwara Cyarahani kuko yali yakomeretse cyane.Adj chef Sukiranya niwe wahorahoje Cyarahani nkaho yamuvuje. Yangaga ko Cyarahani yazashinja Habyarimana iyicwa ry’abapoliticiens bo muli Repubulika yambere.kubera ko Habyalimana aliwe wihereye Cyarahani amategeko yo kwandika ku mafishi y’amahimbano ngo abo bapoliticiens bazize indwara yitwa werewere (beliberi = avitaminose)
Magayane yarangije amezi atandatu yali yarakatiwe arataha ajya iwe; ageze iwe aza kulya inka nyabingi yali yaramubujije, nibwo imusajije; ubutegetsi bwa Komine bumufungira muli gereza ya Ruhengeri. Mbabwire ko Magayane ageze mu Ruhengeri1980 yigeze kwegera za kasho zegeranye na  spécial abwira abali bafungiyemo alibo: Dogiteri MUREGO Donat, Commandant BARIHUTA Damien, Capitaine UWABANDI,  na SEBAHUNDE Maurice ati: Bana banjye nje kubahumuliza, nimuhumure muzafungurwa, mutahe nta n’umwe uzagwa muli gereza.
Ibyerekeye transfert ya Magayane muli gereza ya Kigali:
Magayane yaravuze ati: kandi muminsi ine sinzaba ngifungiye muli iyi gereza. Abanyururu baramuseka bati: « agasaza karalindagiye » Nibwo kumunsi wa kane asimbutse ahagarara kugisoro cyali kimanitse kurukuta rutandukanya igipangu cy’abagore nicy’abagabo (akoreshejwe n’imbaraga zitali izo kuli iyi si; icyo gikuta gifite nka metero 2 z’uburebure) atangira kwicundagura, nyuma asimbukira hejuru y’amabati ya gereza agiye gusimbuka igipangu, umunyururu arulira  aramumanura. Diregiteri wa gereza Cyarahani amwohereza gufungirwa i Kigali. Kugera kuli bus yaherekejwe n’abanyururu: MWITIREHE na NTAMUHANGA. Uwo Ntamuhanga wo muli komine Karago, wali ukatiwe gufungwa burundu, yali yaligeze guteza utuyuzi kuli Magayane; Magayane ati: wowe uzafungurwa aliko uli igikenya hanze ntuzahamara kabili. Uwo Ntamuhanga yafunguwe muli 1983, akigera hanze akubitwa n’inkuba. Hali abavuga ko Magayane yishwe n’abategetsi aliko sibyo: yego Commandant BALIYANGA yaramukangaye, Magayane amaze kumubwira ati: wishe abantu aliko nawe uzafungwa, ati igihe uzaba wubakisha ibigega uzamenye ko igihe cyegereje.Ibyo bigega Baliyanga yabyubakishije mw’Ikora ku Gisenyi …abihunikamo ibirayi
Magayane yazize FALIYARA wali capita w’abasazi ukomoka i Cyangugu ali nawe wabahaga imiti, wali sergent mungabo z’u Rwanda. Faliyara yahanuje Magayane ati: ese muzehe jyewe nzakizwa n’iki ? Magayane ati: ntamukiro wundi uteze, uretse guswera abasazi. Faliyara yararakaye aha Magayane imiti myinshi iramunangura. Magayane yahanuye umunsi azapfiraho muli aya magambo: Yabwiye umwana wali umutekeye imboga, hali kuwa kabili ati: mwana wanjye ihangane sinzakurushya iminsi kuko nzapfa kuwagatanu. Koko rero yapfuye ali kuwagatanu murukerera sa kenda na mirongo ine n’itanu  z’ijoro (3 h 45 du matin) Ihene yahanuwe na Magayane ko izinjira muli gereza yinjiye muli kamena 1982, ntabwo rero ali muli 1981 nkuko byanditwe muli ERE DE LIBERTE. Biliya byanditse kuli page 3 n° 9 muli icyo kinyamakuru cya Mpayimana Eliya, ivura y’iminsi itatu ntabwo iragwa, izagwa mw’ivanwaho ry’ikinani. Ahubwo ziliya mbabazi Habyalimana yatanze igihe PAPA asura u Rwanda, Magayane yali yaravuze ko abo banyururu bazataha.
MUKABAZIGA DAFOROZA.
Uwo mukecuru yaraguliraga abategetsi bakomeye benshi halimo: Habyarimana, Lizinde; Kanyarengwe; Buregeya; Serubuga (hajyagayo umugore) n’abandi benshi tutarondoye, n’abandi… Yaraguye ko Habyarimana azasimburwa n’umuntu uturutse inyuma y’igihugu, aliko atali Kigeli, ngo kuko nta mwami uzongera gutegeka u Rwanda. Yavuze ko kuvaho kwa Habyalimana bizabimbulirwa n’umuntu uzaba   umukulikira m’ubutegetsi uzicwa. Avuga ko uzasimbura Habyalimana azagarura za chefferies; avugako mukuvaho kwa Habyarimana hazima abatutsi, aliko n’abategetsi bose bategekana na Habyarimana bazicwa ali benshi, aliko nyuma ya Habyarimana ikibazo cy’abahutu n’abatutsi kikazarangira burundu.Kandi ko u Rwanda ruzakira.
Yabwiye Lizinde ati: Nuva muli uyu mwanya wa maneko, uzagusimbura ntazigera yegulirwa uwo mwanya (ni HABIYAMBERE Joseph) ati aliko uzasimbura uwo, azaba mubazagambanira Habyarimana (uwo mugambanyi wahanuwe ni NDUWAYEZU).
Sé MUKABAZIGA Daforoza.
UMUPFUMU WO MU MUNIGI
Umupfumu wo mu MUNIGI(zaïre hafi yo mu Byahi) Muli 1981, yavuze ko HABYARIMANA bazamukanda avuye mu mahanga kandi ko icyo gihe hali invura y’amahindu izaba imaze kugwa mu RWANDA. Yanavuze ko bazarasa indege ye, akazapfana n’abagabo batatu. Ati kandi ntanva ya Habyarimana izigera ibaho. Hali umupfumu nyirasenge wa Habyalimana, witwa Kamashara(utuye i Kabare) yazaniye mwisengeneza we uwo mukecuru wali utatse amasaro umubili wose ati: Mwana wanjye bazakwica, kandi igitero kizaza hali umunsi mukuru mulimo, abazahunga bazirukanke mumasaka. Yabimuraguliye bali mugasiza kw’ivuko.
UMWANZURO.
Izo mpanuro zose zihuliza kukintu kimwe. Habyarimana azavaho yoretse abantu benshi. Aliko nawe ntazarokoka. Ngo ukwanze atiretse agutura inzoga y’amanywa, kandi ngo umuntu asiga urumwirukaho, aliko ntasiga urumwirukamo. Inkotanyi zizafata KIGALI zinjiliye mu Bugesera, kandi intambara ikazamara iminsi itatu Bikazaba ali mugihe cy’invura nyinshi. Kubaraguye imihungire ya Kigali, bavuga ko uzahunga yerekeza aho amazi aturuka, ni ukuvuga rero ko ali ukuzerekeza i Gitarama. Abo bapfumu bose bavuze ko, nta insinzi bizagenda  nk’uko byahanuwe. Izo ndagu zose Habyarimana arazizi.Buli gihe iyo Habyarimana yenda kujya mu mahanga, Yatumizaga Mukabaziga , akamara iwe I Kanombe ibyumweru bibili, agataha ali uko Habyarimana atahutse.
(ubu Mukabaziga yitabye iyo hejuru).                       ——————————————————————————————

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RWANDA/UBUCURABWENGE : INDAGU ZA NYIRABIYORO

Posté par Adolphe Habimana le 21 mai 2014

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VERSION 1
Nyirabiyoro ati : « Rukara rw’Igisunzu ruzagwa mu mibyuko, igihugu gicure imiborogo. NYIRABIYORO yari umunyakaragwekazi, akaba n’ umupfumu wari uzwiho ubuhanga busesuye. Ku ngoma ya Kigeli IV Rwabugiri, w’ari warasimbuye Mutara Il Rwogera, NYIRABIYORO yari afite imyaka 55. Icyo gihe (ahagana mu w’i1880), igihugu cyali gifite ibibazo ku nkiko, ikirwa cy’Ijwi cyarigometse, gitegekwa na NKUNDIYE wa KABEGO. Mu Ndorwa no mu Bunyabungo barigometse, imyaka itakera mu buryo bushimishije, u Rwanda ubona rwugarijwe n’akaga. KIGELI IV RWABUGIRI atumiza NYIRABIYORO ngo ahanure insinzi y’ako kaga. Kubera ko RWABUGIRI yateguraga gutera Ijwi mu Ndorwa n’Ubunyabungo akahagarura, NYIRABIYORO amuragurira ko azabatsinda.
Amubwira n’amaza, amumenyesha ko ingoma izahinduka mu gihe kitari kure, abana be RUTARINDWA na MUSINGA bakayirwanira bigacika ku Rucunshu. Koko rero ahagana mu mpera z’umwaka w’1896 MIBAMBWE RUTARINDWA yimye ingoma (RWABUGIRI amaze gutanga) bamuha KANJOGERA (nyina wa YUHI MUSINGA) ho umugabekazi, bafata izina ry’ubutegetsi NYIRAMIBAMBWE. Yari afite basaza be KABARE na RUHINANKIKO, bagambiriye kwambura ingoma MIBAMBWE RUTARINDWA,bakayiha mwishywa wabo YUHI MUSINGA. Niko byagenze rero maze bafatanyije na mushiki wabo KANJOGERA, bararikoroza ku Rucunshu, bica RUTARINDWA, YUHI MUSINGA yima ingoma, nyina aba umugabekazi ku izina rya NYIRAYUHI. NYIRABIYORO yaraguriye RWABUGILI kandi iby’umwaduko w’abazungu n’ibintu bizawukurikira: NYANGUFI uzambura ubutegetsi abanyiginya umunsi imbwa zambaye ingoro ingoma zikavugira mu Marangara. Aragura ko Nyangufi azicwa na RUKARA rw’igisunzu rugenda ruseta ikirenge, ruzateza u Rwanda akaga umunsi ruzagwa mu mibyuko, amaraso akameneka ari menshi. NYIRABIYORO abwira KIGELI ati: « Koko uli KIGELI kigera ikirenge mu cya RWOGERA ». Uragura inkiko uganza u Mulera, uragaruza mu Bushubi no mu Bishugi, uragenga u Buhoma, mu Buberuka no mu Bwanacyambwe, urahaca ibiraro, Nyaruguru no mu Buganza bagatura amahoro. Urarwagura u Rwanda nyamara urakorera ubusa.
RWABUGIRI, yireke Rusine yonke.. NYIRABIYORO Rusine rw’incike ruzima inka rutazibyarira ruzagenda hasi no hejuru, maze rukazagwa igihugu igicuri ? Dore bazaza abagabo b’urutuku rwera, bitwaje imyuko kandi bagenda bicaye. Bazakigabira umubambuzashakwe.. Zirajya hehe Cyimumugizi, Rwoga, Rwamo na Kalinga. Umunsi imbwa zambaye ingoro, ingoma zivugira mu Marangara, ku munsi wa Ngirente, ababyeyi bazifuza kuba ingumba, ubwatsi bwo mu nsi y’inzira buzahura n’ubwo haruguru. U Rwanda ruzahabwa Nyangufi. Azamugenda runono Rukara rw ‘igisunzu ruvuga rugoreka amagambo. Ruzamwirenza Rukara rwambaye utubuye ku ntugu, igihugu rukigabize umugore. Ariko urugo ruvuga umugore ruvuga umuhoro. Dore abasangirangendo bararyana ijoro n’umunsi. Bamwe bashyizwe ku ngoyi Ruganzu yambuka akagera, ashinga imiganda ishyanga, afatana urunana n’abavantara… Dore Rukara rw’igisunzu rugenda ruseta ikirenge aririwe ntaraye.
Uru rugamba mubona ararutsinda ate ? Inkiko zirugalijwe. Aragoreka amagambo ariko niyiyimbire. Dore bazamutsinda mu mibyuko igihugu gicure imiborogo. Intore zizagarura ituze intebe zizicazeho Rukirigitangwe rwa Mudatinya umugabo wambaye uruziga mu mboni. Ihumure riragaragara ariko se ko mbona bacuranwa abana bose ntibahabwe ijambo? Dore Rwego rukangura-shyamba azuye  umugara.
Ese izi mandwa ko mbona zisatiye ku Mulînzi zisakabaka umukuru-ngombwa azayobora imihango ate ? Ndabona umugabo usheshe akanguhe uvuga isi igatigita ababyeyi bakamuha impundu. Dore yegereye ku mulinzi Ruterandongozi. Ashagawe n’abaturage ibihumbi n’ibihumbagiza. Ndabona Rutuku amusanga afashe uruboho mu ntoki, afashe ijambo ahumuliza abaturage, impundu zivuga urwanaga.
Indagu igeze aha Rwabugiri wali wicaye ku gisasiro igihe Nyirabiyoro yamuhanuriraga ibi byose. Yasabye ko yabanza akibambika, yaza kwibambura umunyakaragwekazi akagumya kumubwira ibisigaye, akamubwira n’intsinzi. Nyirabiyoro abanyagikari bamujyanye kumutegurira aho aryama, Umwe muri bo asubiye gufata amategeko ku mwami, asanga uyu ameze nk’ubabaye kubera indagu Nyirabiyoro yari amaze kumugezaho. Uwo munyagikari asohoka atekereza ati uriya mugore usize arakaje umwami akoze ishyano. Amucumita ikimito mu rwano amwica atarangirije Kigeli indagu, ubucurabwenge bwari busigaye bubura butyo.
None se ko ibindi byose Nyirabiyoro yavuze twabibonye uko bingana,   ubu twizere ko amahoro yavuzwe agiye kutugera ho ?
VERSION 2
INDAGU ZA NYIRABIYORO             ————————————-
  Ku batarumva uwitwa Nyirabiyoro, umupfumu wabayeho muri za 1740, dore igice cy’amagambo yuzuye ubuhanuzi yateranye na Kigeli III Ndabarasa, Umwami w’u Rwanda wabayeho mu kinyejana cya 18; ibi byagiye bihererekanywa par tradition orale, ibi byandukuwe mu kinyamakuru CANARD ENCHAINE N° O43 (page 5) cyasohotse mbere y’intambara ya 1994. Icyo kinyamakuru cyandikwaga mu gifransa; nyiracyo yandikaga n’ikindi mu Kinyarwanda:”NYABARONGO”.  Iyi version yasohotse muli za 1993,
NYIRABIYORO NA NDABARASA (1741)
….NYIRABIYORO ati n’ubwo unyise incike ariko nawe ni nk’aho uriyo kuko wabyaye ibigina bitazagira icyo bimarira ingoma. Ati nyuma y’ingoma eshatu, niho hazaza RWAGITINYWA[1] uzarasana inkundura mu myambi n’ibishirira. Ati azaganza ariko igitero azagaba hakurya y’amazi magari kizamusama[2].
NDABARASA wari umaze umwanya ajunjamye asa nawe n’urimo kubonekerwa asubiza NYIRABIYORO ati ntacyo RUTAMU[3] azaramira ingoma.   NYIRABIYORO: Umunsi se RUTAMU yatsindiriwe kuri SINE[4] ikayitera umugeri igatora iyayo, bizagenda bite?   NDABARASA: Yireke RUSINE[5] yonke.   NYIRABIYORO: Uravuga se RUKARA mbona rurebera mw’ihembe?[6] Umunsi yacumitanye na RUTAMU ko mbona azarutera amacumu akarutwikira mu nzu nk’umugome, rukota ku manywa rugakongoka ![7]   NDABARASA: RUKARA nyirarwo azarusegasira.   NYIRABIYORO: Urankangisha se RUKARA rutwariye urumoso rutsinze umusaya? Ko mbona se ibigenzi bifite uruhu rutukura[8] nk’urw’impinja bizaza bitereye amasuka[9] ku ntugu azabikizwa n’iki? Ese ko mbona ikinyamaswa gihetse ikindi giturutse mu MUBALI wa KABEJA azagitsindisha iki?[10] Ese iriya nyamaswa izatera umurizo I Karagwe undi ikawutera I Bunyabungo wowe urayibona?[11] Biriya bigenzi bifite uruhu nk’urw’impinja ko RUKARA abirebera mw’ihembe azabigamburuza bizagenda bite? Ko mbona RUKARA rwonkereje nyina mu muraru, maze rukagwa igihugu igicuri?[12]
NDABARASA: RUKARA rw’amabuno[13] azime ingoma.   NYIRABIYORO: Urankangisha RUKARA rw’incike[14] mbona ruzagenda hasi no hejuru rukagenda mu nda y’inzovu, harimo ibuye rivuza ubuhuha, narwo ruzagwa ishyanga hakagaruka umurambo?   NDABARASA: RUKARA rundi azaramire ingoma.   NYIRABIYORO: Urankangisha RUKARA rw’igisage rutazambara ikamba rukaraza ariko ntirusamure, maze rukazagaruka mu Rwanda rushaje?[15] Dore nta kabuza u Rwanda ruzarara nze. Ndabona ba bagabo b’urutuku igihugu bakigabije umubambuzashakwe[16]. Ese zirajya he CYIMUMUGIZI, RWOGA, RWAMO na KALINGA ![17] Dore umunsi imbwa zambaye ingoro, ingoma zivugira mu Marangara, ku munsi wa Ngirente, ababyeyi bazifuza kuba ingumba.[18] Ubwatsi bwo munsi y’inzira buzahura  n’ubwo haruguru yayo maze arugenge NYANGUFI.[19] Ariko ariyimbire kuko amugenda runono RUKARA rw’igisunzu rugoreka amagambo[20].
RUKARA rw’igisunzu rwambaye utubuye tubengerana ku ntugu azirenza NYANGUFI, igihugu akigabire  umugore[21]. Ndabona abasangirangendo baryana ijoro n’umunsi bamwe bashyirwa ku ngoyi[22], RUGANZU yambuka Akagera ashinga imiganda I Karagwe yunga ubumwe n’abavantara. Ariko RUKARA rw’igisunzu rugenda rutseta ikirenge[23] aririwe ntaraye. Uru rugamba mbona ararurwana ahereye hehe?[24] Aragoreka amagambo ariko niyiyimbire ndabona aguye mu mibyuko igihugu gicura imiborogo,intore zigarura ituze, intebe ihabwa RUKIRIGITANGWE RWA MUDATINYA akarangwa n’uruziga mu mboni[25]. Ihumure riragaragara ariko ndabona bacuranwa, abana bose ntibahabwa ijambo. Ndabona RWEGO RUKANGURA-SHYAMBA afite inkoni y’icyuma mu ntoki. Ndabona imandwa zisatira ku mulinzi zisakabaka. Ese ko ntabona uyoboye imihango umukuru ngombwa arava he?
Ndabona RUKIRIGITANGWE RWA MUDATINYA ashinze icumu I Bunyabungo bavuga amacumu abakuru b’ingabo. Ndabona I Karagwe habaye ingaruzwamuheto abavuzi b’amacumu barizihirwa. Ko mbona se u Rwanda rushubijwe bene rwo ariko umwezi ntutambe? Ko mbona RUTUKU agaruye induru impundu zikabura?
Dore ubwatsi bwo mu nsi y’inzira bwongeye guhura n’ubwo haruguru yayo ariko ndabona RUGILI mu nda y’inyoni ahageze aramira ingoma bamuha ijambo atangariza bose ati u Rwanda ndarubogoye.
Maze u Rwanda rutemba amata n’ubuki.

 » Abafite amatwi nibumve ibigiye kuba ngo u Rwanda rugere ku mahoro asesuye. Uliya RUGILI uzataha munda y’inyoni agatanga ihumure ni nde??  »

Source: CANARD ENCHAINE No.43, page 5
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Ibisobanuro:
[1] RWAGITINYWA ni Kigeli IV Rwabugiri [2] Kigeli IV Rwabugiri yakomerekeye bikomeye ku rugamba rwo kw’Idjwi I Bunyabungo,     hanyuma atanga ari mu rugo rwe rw’I Rubengera.
[3] RUTAMU ni Mibambwe Rutarindwa [4] SINE ni umugabekazi Kanjogera. Rutarindwa yimitswe ari impfubyi atagira nyina.     Nta mwami rero wimaga atagira umugabekazi. Nuko bamutsindira kuri muka se Kanjogera     nyina wa Musinga.
[5] RUSINE yaba ari Musinga umuhungu wa Kanjogera.     Niwe Nyirabiyoro yita Rukara rurebera mw’ihembe.
[6] Kurebera mw’ihembe nuko Musinga yari afite amaso manini cyane,    ku buryo wabonaga asa n’ureba imirari.
[7] Aha Nyirabiyoro arashaka kuvuga ibyo ku Rucunshu,     aho ingabo za Musinga afanyije na Nyina Kanjogera na nyirarume Kabare,     bateye umwami Rutarindwa iwe bakahatwika hagahinduka umuyonga.
[8] Aha arashaka kuvuga abazungu [9] Amasuka ni imbunda. [10] Aha Nyirabiyoro arashaka kuvuga abazungu ba mbere baje bahetswe n’indogobe,      bagaturuka mu Mubali, mu burasirazuba bw’u Rwanda.
[11] Iyi nyamaswa ni umuhanda uva muri Tanzaniya ukagera I Bukavu wambukiranyije u Rwanda.      Niwo agereranya n’inyamaswa y’imirizo ibiri. Ntabona neza umutwe n’umurizo.
[12] Aha Nyirabiyoro aravuga ukuntu Abapadri bera muri 1931 bazacira Musinga I Kamembe,      hanyuma akahava ajya I Moba muri Kongo aho yaguye.
[13] RUKARA rw’amabuno ni umwami Mutara Rudahigwa [14] Rudahigwa yabaye incike kuko nta mwana yabyaye.      Yabaye umwami wa mbere w’u Rwanda wagendeye “mu nda y’inzovu” (mu ndege)      ajya I Bulayi muri 1949 no muri 1958.Ibuye rivuza ubuhuha ni moteri yayo.      Hanyuma kuwa 25 Nyakanga 1959, Rudahigwa yaguye I Bujumbura hagaruka umurambo.
[15] Uyu Rukara rw’igisage ruzagaruka mu Rwanda rushaje ni Kigeli V Ndahindurwa. [16] Nyirabiyoro aravuga ukuntu abazungu bazagabira igihugu umuhutu. [17] Aya ni amazina y’ingoma z’ibwami. [18] Aha Nyirabiyoro araragura iby’intambara ya 1959-1961 bise Muyaga,      yarangiye Kayibanda ahabwa ubutegetsi Kubera amagorwa y’ubwicanyi,      inzara, kubura aho wihisha n’aho uhisha abana, ababyeyi bifuzaga kuba ingumba.
[19] Amayira azasiba kubera intambara, hanyuma Kayibanda ategeke u Rwanda. [20] Rukara rw’igisunzu ni Habyarimana. Kugoreka amagambo nuko avuga urukiga,      avuga amagambo y’ikinyarwanda nabi.
[21] Umugore wa Habyarimana, Agata Kanziga na basaza be      nibo bicaga bagakiza muri iki gihugu.
[22] Aha Nyirabiyoro aravuga ubwumvikane buke bwavutse hagati y’abafatanyije      na Habyarimana guhirika Kayibanda, maze bamwe muri bo bagafungwa.
[23] Habyarimana yari afite igisunzu, kandi yari yaravunikiye mu myitozo ya gisirikare      akiri muri Ecole d’Officiers, ku buryo yacumbagiraga gato.      Waba utabizi ukaba utabibona kuko yashyiragamo ifiyeri.
[24] Urugamba rwo kurwana na FPR Inkotanyi. [25] Rukirigitangwe rwa Mudatinya ni Paul Kagame,      imboni ku maso zimuranga ni amadarubindi yambara.
Uwatanze ibi bisobanuro ntabwo yakomeje ngo arangize ubanza ibikurikira ubutegetsi bwa Kagame atabyifuza.

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RWANDA:L’âme du Rwanda décryptée par Colette Braeckman

Posté par Adolphe Habimana le 9 mai 2014

mediaDans sa description du nouveau Rwanda, Colette Braeckman ne porte pas de jugement, mais cherche à comprendre.Le Soir/Alain Dewez

Journaliste du quotidien belge Le Soir, spécialiste du Congo et de la région des Grands Lacs, Colette Braeckman vient de publier Rwanda : Mille collines, mille douleurs. Un condensé de ses réflexions sur le chemin parcouru depuis la colonisation et le génocide des Tutsis.

Colette Braeckman a répondu à l’appel d’un ami journaliste, Richard Werly, reporter pour le quotidien suisse Le Temps et patron de la petite maison d’édition Nevicata : raconter le Rwanda sans faire un pavé, mais en 80 pages maximum. Le format de sa collection L’âme des peuples, destinée au voyageur curieux.

Colette Braekman a relevé le défi, en allant à l’essentiel. Elle propose, sous la forme d’un récit de voyage, une réflexion personnelle tirée de ses nombreux reportages au Rwanda, avant, pendant et après le génocide. Un crime absolu qu’elle présente d’emblée comme « le prix maximal que le peuple rwandais a été obligé de payer pour sortir des chaînes de la domination coloniale et post-coloniale ».

Deux légitimités s’affrontent avant le génocide, rappelle-t-elle : celle des Hutus « forgée depuis l’indépendance et nourrie par les injustices de l’ère coloniale », les missionnaires belges ayant privilégié les Tutsis pour asseoir la domination coloniale – avant que Bruxelles ne prenne soudain parti pour les Hutus, quand les Tutsis manifestent des velléités d’indépendance.

Seconde légitimité : celle du combat des Tutsis, massacrés à plusieurs reprises et nombreux à avoir été contraints à l’exil. Ils veulent retrouver un « pays perdu et idéalisé », explique Colette Braeckman, et puisent leur détermination dans des traditions guerrières du Rwanda « d’avant », effacées de l’imaginaire collectif par le pouvoir hutu.

 

RWANDA:L’âme du Rwanda décryptée par Colette Braeckman dans ACTUALITE

La seule question valable pendant le génocide : que faire ?

Lorsque le génocide se produit, la journaliste se trouve au Rwanda. « Aucune analyse, aucun témoignage ne répond à la seule question qui comptait à l’époque. Que faire dans de telles circonstances, alors qu’un million de citoyens ont été assassinés et gisent sans sépulture et que trois millions d’autres, parmi lesquels deux millions de tueurs, ont pris le chemin de l’exil ? »

Le pays est alors une « peau de bête retournée », mais « l’âme de l’ancien Rwanda » est ramenée par le Front patriotique rwandais (FPR), qui ne va guère partager sa victoire avec les Hutus, même modérés. « Une version de l’histoire triomphe ostensiblement sur l’autre », note la journaliste. Le mémorial du génocide, édifié à Kigali sur la colline Gisozi, dénonce ainsi les facteurs extérieurs qui ont contribué au cataclysme, mais « semble minimiser la responsabilité des Rwandais eux-mêmes, mis à part celle de l’ex-président Habyarimana et de son entourage ». Une version officielle qui ne « s’interroge guère sur les causes plus profondes du basculement ».

« Un pays quadrillé, sous haute surveillance »

Dans sa description du nouveau Rwanda, Colette Braeckman ne porte pas de jugement, mais cherche à comprendre. Elle reconnaît que le FPR de Paul Kagamé a « géré l’ingérable » et explique qu’une certaine « tradition monarchique » perdure, à travers le respect du chef. « Une nouvelle société se forge, écrit-elle. A la hussarde. Car même s’ils se déclarent favorables aux nouvelles autorités – oseraient-ils nous dire le contraire ? -, tous nos interlocuteurs confirment que « les directives viennent d’en haut ». Il faut obéir. »

L’auteur démonte deux idées fausses sur le « Boss », le surnom donné par les Rwandais au président Paul Kagamé. D’abord, le fait qu’on le prenne pour un libéral, alors que l’Etat intervient lourdement dans l’essor économique du Rwanda. Ensuite, son image d’autocrate aux méthodes fortes, qui occulte sa popularité, réelle, et le fait qu’il ne se soit « pas vengé ». Des milliers de réfugiés hutus sont en effet rentrés au Rwanda, des officiers ont été réintégrés dans l’armée, et les prisons se sont vidées, les peines ayant été remplacées par des travaux d’intérêt général.

Du coup, Kagamé trouve ses pires ennemis parmi les Tutsis, souligne la journaliste. Ils ne lui pardonnent pas de les avoir empêchés de se venger ou de s’enrichir par la corruption, ou encore de refuser la contradiction dans son propre camp.

Comment se terminera l’ère Kagamé ? Colette Braeckman rappelle l’existence d’un certain Magayane, un prophète qui avait annoncé le bain de sang avant le génocide. « Après quoi, assurait-il, le pays connaîtrait une période de prospérité sans pareille, mais qui ne durerait pas et se terminerait elle aussi dans la violence. C’est seulement par la suite, après l’intervalle de la paix et à l’issue d’une nouvelle guerre, brève et violente, que la paix reviendrait pour de bon au pays d’Imana (le dieu unique des Rwandais, ndlr) ». Une conclusion lucide, comme le reste de cet excellent petit livre.

♦Colette Braeckman, Rwanda, Mille collines, mille douleurs, Nevicata, Bruxelles, avril 2014.

article complet sur le lien: http://www.rfi.fr/mfi/20140425-litterature-genocide-ame-rwanda-decryptee-colette-braeckman/

ssource: rfi.fr(Sabine Cessou  )

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Rwanda : selon un journal canadien, le gouvernement est derrière des tentatives d’assassinat d’opposants

Posté par Adolphe Habimana le 5 mai 2014

Le président rwandais Paul Kagame.                 Le président rwandais Paul Kagame.                 © AFP

Le gouvernement rwandais aurait fomenté des tentatives d’assassinat contre  des opposants au régime de Paul Kagame exilés à l’étranger, selon une  enquête du quotidien canadien The Globe and Mail.

Le journal a  parlé à des exilés basés en Afrique du Sud et en Belgique, l’ancienne  puissance coloniale, qui ont été recrutés par des agents du  renseignement militaire rwandais pour embaucher des hommes de main  chargés de tuer les adversaires du président Paul Kagame. Dans une  conversation téléphonique enregistrée en 2011, le chef du renseignement  militaire rwandais, le colonel Dan Munyuza, discute avec l’ancien major  Robert Higiro de la façon d’éliminer deux anciens collaborateurs de M.  Kagame.

« Le prix n’est pas un problème »

« Le prix n’est pas un problème », a déclaré Munyuza,  offrant un million de dollars pour l’assassinat de l’ex-général Faustin  Kayumba Nyamwasa et de l’ancien chef des services secrets Patrick  Karegeya, exilés à Johannesburg. « Ce serait formidable de se  débarrasser des deux en même temps, mais si ce n’est pas possible, avec  un seul, l’ennemi serait affaibli. (…) S’il (le tueur à gages) pouvait  tuer les deux oiseaux avec une seule pierre et éliminer tous les deux à  la fois, il pourrait gagner plus. »

Faustin Kayumba Nyamwasa a  survécu à deux tentatives d’assassinat depuis 2010. Patrick Karegeya a  été retrouvé mort le 1er janvier, étranglé dans un hôtel de luxe de  Johannesburg. Selon The Globe and Mail à chaque fois que Kigali  cherche à éliminer des opposants établis à l’étranger, « des agents  rwandais recherchent des personnes vulnérables dans les cercles sociaux  de leurs cibles et font pression sur eux ou leur offrent de l’argent en  échange de leur coopération ».

Quiconque trahit notre cause ou souhaite du mal à notre peuple deviendra  une victime.

Le gouvernement rwandais est  régulièrement accusé d’être derrière les mauvais coups frappant les  opposants de Paul Kagame qui ont demandé l’asile politique à l’étranger. Kigali a toujours nié tout lien avec ces actions, quand bien même M. Kagame ne les a pas désavouées. A  propos de l’assassinat de Patrick Karegeya, Paul Kagame a noté dans une  interview au Wall Street Journal: « Le Rwanda n’a pas tué cette  personne. Mais j’aurais bien aimé ». « Peut-être qu’il le mérite », a-t-il  dit en 2012 de Faustin Kayumba Nyamwasa, qui a survécu à une tentative  d’assassinat à Johannesburg.

« La trahison a des conséquences.  Quiconque trahit notre cause ou souhaite du mal à notre peuple deviendra  une victime. Ce qui reste à voir, c’est comment il deviendra une  victime », a  récemment déclaré l’homme fort du Rwanda.

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France/Rwanda: Après Simbikangwa, à qui le tour?

Posté par Adolphe Habimana le 28 avril 2014

Pascal Simbikangwa à l'ouverture de son procès, le 4 février 2014.                 Pascal Simbikangwa à l’ouverture de son procès, le 4 février 2014.                 © AFP

Patrick Baudouin est président d’honneur de la Fédération     internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

Le procès de Pascal Simbikangwa, qui s’est déroulé du 4 février au     14 mars 2014 devant la cour d’assises de Paris et s’est soldé par la     condamnation de l’accusé à vingt-cinq années de réclusion criminelle pour     génocide et complicité de crimes contre l’humanité, a constitué une     remarquable avancée de la justice française, allant dans le sens d’une     progression des procédures à l’encontre d’accusés de génocide se trouvant     dans l’Hexagone, en suspens depuis de nombreuses années.

Cependant, ce     procès a également mis en lumière, a contrario, le retard considérable     pris par les autorités françaises sur ces dossiers. Manque de moyens des     juges, interférences politiques, rupture diplomatique entre Paris et     Kigali : nombreux ont été les obstacles dressés sur le chemin des victimes     rwandaises et des ONG qui avaient saisi la justice française.

La création     d’un pôle spécialisé dans les crimes de génocide, les crimes contre     l’humanité et les crimes de guerre au sein du tribunal de grande instance     de Paris, en janvier 2012, a sans nul doute constitué un tournant majeur.     Elle a permis de faire en sorte que des magistrats spécialisés dans ce     type de dossiers relatifs à des crimes internationaux commis à l’étranger     se consacrent exclusivement à ces affaires.

Deux autres dossiers qui     concernent le génocide des Tutsis au Rwanda sont aujourd’hui en cours     devant les juridictions françaises, qui doivent y consacrer la même     attention afin de les mener à terme. Le premier concerne des plaintes     déposées en 2004 et 2005 par des victimes rwandaises concernant des     allégations de viols et d’autres crimes, ainsi que de complicité de     génocide, portées à l’encontre des militaires français présents au Rwanda     dans le cadre de l’opération Turquoise. Le second dossier, plus récent,     concerne une plainte déposée en juin 2013 par la Fédération internationale     des ligues des droits de l’homme (FIDH), la Ligue des droits de l’homme     (LDH) et l’association Survie à l’encontre de Paul Barril pour complicité     de génocide, pour avoir notamment signé le 28 mai 1994 et partiellement     exécuté un contrat d’assistance de fourniture d’armes et de munitions, de     formation et d’encadrement, avec le gouvernement intermédiaire rwandais,     au plus fort du génocide.

Ces deux procédures viennent utilement compléter     le panorama des affaires en cours devant la justice française concernant     le génocide des Tutsis au Rwanda. Elles sont importantes car elles peuvent     contribuer, directement ou indirectement, à éclairer davantage le rôle de     la France pendant cette période. À l’heure où nous commémorons les vingt     ans du génocide, il est essentiel que la lutte contre l’impunité pour les     crimes commis en 1994 puisse enfin progresser en France.

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Rwanda:Une histoire du génocide rwandais (#5) : quel type de missile a abattu l’avion de Habyarimana ?

Posté par Adolphe Habimana le 28 avril 2014

Un soldat rwandais devant des débris de l'avion de Juvénal Habyarimana.                 Un soldat rwandais devant des débris de l’avion de Juvénal Habyarimana.                 © Bouju/AP/Sipa

Dans ce cinquième et dernier billet consacré à l’attentat contre l’avion de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994, Laurent Touchard* fait le point sur ce que l’on sait du type de missile utilisé par les coupables.

*Laurent Touchard travaille depuis de nombreuses années sur le      terrorisme et l’histoire militaire. Il a collaboré à plusieurs ouvrages      et certains de ses travaux sont utilisés par l’université     Johns-Hopkins,  aux États-Unis.

Quel missile a été tiré contre l’avion du président Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994 ? Le sujet est polémique. Pour les uns, les FAR n’avaient aucunement besoin de ce type d’armes. En posséder est donc analysé comme la preuve de leur culpabilité. Accessoirement, l’attentat aurait été commis avec un missile Mistral français, ce qui impliquerait la France. Pour les autres, les FAR n’avaient aucun missile sol-air et ne peuvent donc avoir tiré le missile fatidique… En réalité, il apparaît qu’à la veille de l’attentat, les FAR disposent assurément de missiles sol-air à très courte portée (SATCP) et l’APR, très probablement.

>> Lire aussi les précédents billets :

Une histoire du génocide rwandais (#1) : contexte historique et intentions

Une histoire du génocide rwandais (#2) : l’attentat du 6 avril 1994

Une   histoire du génocide rwandais (#3) : attentat du 6 avril 1994,   pourquoi la thèse de la culpabilité du FPR ne tient pas la route

Une histoire du génocide rwandais (#4) : les écoutes bidons et le mythe de la guerre éclair du FPR

Défense aérienne rwandaise et force aérienne ougandaise

Les FAR n’avaient pas besoin d’une défense aérienne solide (et, notamment de SATCP) entre 1990 et 1994 ? Rien n’est plus faux en raison du contexte général de tensions avec l’Ouganda. Ainsi, dans un document du 14 mars 1990 rapportant les échanges entre des responsables militaires rwandais et Georges Martres, ambassadeur de France à Kigali, est mentionnée la demande des Rwandais quant à la fourniture de systèmes d’armes sol-air. Ils souhaitent soit une batterie de bitubes de 30 mm, soit des lance-missiles sol-air Roland. Dans le document en question, il est dit : « Ces matériels ne sont pas à la mesure de l’armée rwandaise. Il a été suggéré dans la fiche de référence de ne pas donner suite à ce vœu. » Précisons que le Roland est un système antiaérien sur châssis chenillé ou cabine tractée, avec des missiles à courte portée (susceptibles d’être lancés sur détection radar ou visuelle). Le « bitubes de 30 mm » est pour sa part un châssis de char léger AMX-13 avec deux canons antiaériens de 30 mm.

En dépit de la fin de non recevoir française, le colonel Laurent Serubuga, chef d’état-major adjoint, insiste, deux ans plus tard, dans un rapport au ministre de la Défense concernant la situation de la défense aérienne du Rwanda. Il y parle des « (…) difficultés qu’éprouve le Bataillon LAA [NDLA : le bataillon d'artillerie antiaérienne] dans l’accomplissement de la mission AA suite à son armement peu performant. » Il explique que deux détachements de l’unité expédiés à Ruhengeri et à Rusumo, avec des canons de 37 mm et des mitrailleuses de 14,5 mm, n’ont pas réussi à abattre des avions ayant violé l’espace aérien rwandais. Il conclut donc qu’il « (…) faudrait d’autres armes performantes comparables ou équivalentes au Roland français ». Mais, il évoque aussi l’achat de SATCP : « L’approche faite pendant cette guerre et connue des services du MINDEF [ministère de la Défense] consistait à acheter le système d’armes SA-16 qui se classait dans la game [sic] ‘Moyenne altitude’ et avait l’avantage d’être monté sur de petits véhicules. » tout en estimant les quantités nécessaires plus loin : « Il urge d’acquérir dans un premier temps une batterie SAM 16 comprenant 12 lanceurs et 120 missiles sachant que la plus petite unité d’emploi est un peloton qui compte 4 pièces. » En parlant de véhicules, le colonel fait référence à l’affût Strelets ; en revanche, il se trompe car le SA-16 est un système « basse altitude ».

De fait, du printemps 1990 (les rebelles de l’APR entrent en action en octobre 1990) jusqu’en 1994, les FAR n’ont de cesse d’essayer de se procurer des SATCP. C’est même une priorité militaire. Ils ne sollicitent d’ailleurs pas uniquement la France, mais également l’URSS et l’Égypte. Ainsi est-il question, en septembre 1991, de la fourniture de 20 crosses de tir et de 100 missiles fabriqués en Bulgarie et en URSS, livrables 100 jours après la commande. Cette dernière ne se concrétise finalement pas. Mais elle montre que les opportunités d’achat existent… Dès 1977, le Zaïre possède quelques SA-7 pris aux Katangais. L’Afrique du Sud capture des SA-7 et SA-16 en Namibie et en Angola, tandis qu’Israël s’empare d’importants stocks de SATCP d’origine soviétique (ou de l’est) lors de la guerre de 1973 puis des opérations au Liban… Tous ces pays sont des soutiens du régime Habyarimana et lui livrent des armes.

Cette obsession des responsables des FAR répond à la puissance aérienne locale de l’aviation ougandaise.

Cette obsession des responsables des FAR répond à la puissance aérienne locale de l’aviation ougandaise, menace bien réelle pour le Rwanda. En effet, à cette époque, Kampala aligne treize chasseurs-bombardiers (soit 5 MiG-21 et 8 MiG-17), sept avions d’entraînement capables d’effectuer des missions d’attaque (5 L-29 Delfin et 2 SF-260W) et enfin, une quinzaine d’hélicoptères de transport et d’assaut. Nous sommes loin de la rachitique aviation rwandaise qui ne se compose que de 2 Reims 235 Guerrier capables de missions d’attaque légère, de 5 Alouette et de 6 Gazelle, dont l’état opérationnel général est médiocre. Redoutant une intervention militaire de l’Ouganda avant octobre 1990, puis un appui direct de celle-ci à l’APR après octobre 1990, l’inquiétude des FAR est justifiée et la modernisation des moyens antiaériens s’impose.

Les Mistral français : hypothèse

En 1994, l’arsenal des FAR aurait également compris des Mistral 1 français. C’est du moins ce que laisse entendre la liste que nous évoquions plus haut. Ledit inventaire est présenté comme document officiel de l’ONU, ayant été (à dessein ou non) perdu dans une masse de documents et « découvert » en 2012. Son caractère exceptionnel, il est vite battu en brèche. Non seulement, la liste figure dans les documents exploités au TPIR en 2008, mais plus encore, un document de la CIA est déclassifié en mai 2001… Daté du 13 juillet 1994, le rapport du service de renseignement américain indique alors : « Quand les combats éclatèrent au début avril, les troupes hutu du régime avaient environ 35 pièces d’artillerie antiaérienne et – selon une information transmise par [le nom n'a pas été déclassifié] à l’attaché de défense US – 15 missiles sol air français Mistral. » Lignes ô combien intéressantes et assurément plus fiables que la « liste onusienne ». Si elles n’attestent pas catégoriquement de l’existence des Mistral dans l’inventaire des FAR, le doute raisonnable existe.

Pourquoi Paris aurait-elle livré des Mistral aux FAR ? Si l’on considère le contexte global, la menace d’une action de l’aviation ougandaise, la détermination de l’état-major des FAR à obtenir à tout prix des SATCP, il y a une logique qui s’inscrit dans celle de la politique menée par François Mitterrand au Rwanda. Ce dernier paraissait convaincu qu’en aidant le régime d’Habyarimana – en se rendant donc indispensable – il serait en mesure de le contrôler et de le contraindre à s’asseoir à la table des négociations avec le FPR. En livrant des missiles moins « visibles » que des Roland, d’une part, la France calmait les angoisses de l’état-major rwandais. D’autre part, elle rendait caduque l’achat de SATCP auprès d’un autre pays (synonyme d’autre influence que celle de Paris).

Complexes, les Mistral ne sont pas aussi faciles à utiliser que les SA-7, SA-14 ou SA-7. Sans opérateurs longuement formés, les FAR ne peuvent les tirer. Le cas de figure d’une livraison de Mistral avec la promesse d’entraîner des personnels à leur utilisation après la mise en place définitive des accords d’Arusha ou en cas de tension exacerbée avec l’Ouganda est-elle totalement absurde ? Quoi qu’il en soit, si l’existence de ces Mistral ne peut être rejetée catégoriquement sans pour autant être totalement avérée, il est au moins une certitude : aucun membre des FAR n’était qualifié Mistral.

Les missiles de l’APR

Le mouvement rebelle acquiert (auprès de l’Ouganda ou ailleurs) plusieurs missiles sol-air d’origine russe ; à l’évidence un mélange de SA-7, SA-14, SA-16. En octobre 1990, l’APR posséderait ainsi au moins huit de ces armes (probablement des SA-7). En témoignent la destruction en vol d’un hélicoptère SA342M Gazelle le 23 octobre 1994 à Nyakayaga et, peut-être celle d’un avion de liaison, d’évacuation sanitaire et d’observation BN2A-21 à Matimba quelques jours plus tôt, le 7 octobre 1990. « Peut-être » car d’ex-vétérans de l’APR affirment que BN2 a en réalité été « descendu » par des tirs de mitrailleuses… Plus significatif encore, le 22 mai 1991, la Mission d’assistance militaire à Kigali (MAM) transmet un rapport au sujet d’un SA-16 complet récupéré le 18 mai 1991 dans le parc de l’Akagera. L’état-major des FAR se propose de le remettre à l’attaché de défense (français). Cette arme est décrite comme neuve et, dans le document, sont donnés les numéros qui figurent sur le tube, sur le refroidisseur ainsi que sur la crosse de tir. En sus de cet exemplaire, les FAR mettent la main sur au moins sept autres tubes de missiles tirés.

Par la suite, des observateurs établiront que les FAR ont, à cette époque, pu s’emparer d’autres SATCP en parfait état de fonctionnement et qu’ils les auraient gardé secrètement. C’est un élément à ne pas écarter pour la piste de l’utilisation d’un SA-16 lors de l’attentat. En revanche, lorsque ces mêmes observateurs interprètent l’imbroglio des désignations données dans les rapports (SA-7, SA-14, SA-16) comme la volonté de travestir des faits au profit des FAR, ils oublient un élément fondamental. En effet, avec uniquement des connaissances de base il est relativement facile de confondre visuellement un SA-7 d’un SA-14 d’un SA-16… Si les marquages permettent d’établir précisément ce qu’il en est, les sources ne sont pas nécessairement érudites en désignations russes.

Attardons-nous justement sur ce missile retrouvé dans l’Akagera. Parmi les marquages, ceux de désignation sur le tube : 9II322-1-01 et 9M313-1. Le « II » cyrillique est le « P » de notre alphabet. Or, le 9P322 est le tube de fibre de verre dans lequel est contenu le missile 9M313 qui lui-même appartient au système 9K310, à savoir l’arme connue à l’Ouest (désignation OTAN) comme étant le SA-16 Gimlet. En-dessous de ces marquages est donnée (dans le deux cas) une autre indication : 4-87 qui permet de déterminer que les missiles ont été fabriqués en 1987. C’est donc bien un SA-16, fabriqué selon toute vraisemblance en URSS. Quant à établir son parcours depuis son usine, c’est une autre histoire…

Rien n’interdit de penser que l’Ouganda a pu se procurer discrètement des SA-16 avant d’en « céder » quelques-uns à l’APR/FPR.

Vient-il d’Ouganda ? Sous réserve d’identification correcte, les documents de cette époque (qu’il s’agisse de rapport déclassifiés de services de renseignement ou de publications telles que The Military Balance) ne mentionnent qu’une dizaine de lanceurs SA-7 dans l’arsenal de Kampala. SIPRI évoque « 100 missiles » ; de toute évidence du nombre de tubes et non celui des crosses de tir (= lanceur). Cependant, avec la disparition de l’URSS, la fin de la Guerre froide et avec l’explosion des trafics d’armes, rien n’interdit de penser que l’Ouganda a pu se procurer discrètement des SA-16 avant d’en « céder » quelques-uns à l’APR/FPR. À l’instar de ce qui vaut pour les FAR, les sources d’approvisionnement en armement ne manquent pas non plus pour le FPR. Au bilan et sans le moindre doute, l’APR était dotée de quelques SATCP à la veille de l’attentat.

Quel type de missile a été tiré : le Mistral « hors-jeu »

Là encore, deux camps s’affrontent : pour les uns, il s’agit clairement d’un SA-16. C’est en particulier ce qui ressort du rapport du juge Trévidic. Pour les autres, un Mistral aurait été tiré. Cette hypothèse du SATCP Mistral ne repose sur rien. Pour l’étayer ne sont avancées que des informations « perdues » qui en réalité ne l’étaient pas, quelques témoins n’ayant ni vu et encore moins entendu de départ de coup… Que savons-nous ? En premier lieu, comme nous l’avons expliqué, les FAR ont effectivement pu disposer de Mistral. Mais, ça n’est pour autant la preuve de l’usage d’un Mistral. En second lieu, les FAR n’ont aucun personnel qualifié Mistral à la veille de l’attentat. Certes, en soi, cela ne constitue pas non plus une preuve puisque des mercenaires sont probablement à la manœuvre (et qu’il s’agirait de Blancs).

>> À lire : l’avion de Habyarimana a-t-il été abattu par des étrangers ?

Cependant, le Mistral est beaucoup plus complexe à utiliser que les missiles portables originaires de l’est. Les mercenaires qualifiés Mistral ne courent pas les rues. En troisième lieu, il est un élément totalement négligé par ceux qui avancent la « théorie Mistral ». Un élément d’ordre pratique. Dans le premier billet consacré à l’attentat, nous mentionnions les propos de plusieurs témoins ayant entendu le départ de coup, au soir du 6 avril 1994. Témoins qui rapportent ces faits quelques jours après l’attentat, à l’Auditorat militaire belge. Témoins dignes de foi. Rappelons qu’ils parlent alors du bruit d’un lance-roquette antichar M72 LAW ou RPG-7. Or, avec la surprise, le départ de coup d’un RPG et celui d’un LAW peuvent être confondus. Et… de loin, l’éjection d’un 9M313 en-dehors de son tube peut être entendue comme un tir de roquette.

À l’inverse, la signature sonore de l’envol d’un Mistral est différente, considérablement plus forte que celle d’un SA-16. Bruit qui doit notamment au poids des deux missiles, respectivement 10,8 kilos pour le 9M313 contre 18,7 pour le Mistral (c’est à dire, presque le double). Son moteur à poudre fournit donc plus de poussée que le 9M313, ce d’autant plus que le Mistral est également plus rapide. Cette signature sonore bien distincte d’un départ de coup de LAW, de RPG-7 ou encore de l’éjection d’un 9M313 (SA-16), avec un envol sensiblement plus bruyant, n’aurait pas échappé aux témoins en question…

Le SA-16 s’impose comme l’arme de l’attentat

En quatrième lieu, s’ajoutent encore une considération pratique : le poids du système Mistral : 55 kilos contre une douzaine de kilos pour le SA-16 (tube + missile + système de refroidissement + crosse de tir). Cette différence tient au poids du missile, à sa poussée. Dès lors, il ne peut être tiré que depuis un trépied. D’où ces 55 kilos au total. En conséquence, le Mistral est souvent monté sur véhicule (notamment en lanceur double) afin de compenser son poids et de lui garantir plus de mobilité. Sur véhicule, l’ensemble est peu discret. Sans véhicule, il est peu adapté à un attentat comme celui du 6 avril 1994. Contrairement au SA-16, qui est lui peu encombrant et qui se tire simplement à’ épaule. Notons que cette différence fait que le Mistral est considérablement plus efficace que le SA-16. Le premier est crédité d’un taux d’efficacité de 93 %, à savoir que dans de bonnes conditions (un appareil à l’atterrissage ou au décollage, une bonne transparence atmosphérique), le missile frappe sa cible dans 93 % des cas… C’est moitié moins pour le SA-16 (voire bien en-dessous)…

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Des débris de l’avion abattu de Juvénal Habyarimana. © AFP

Dans les précédents billets, nous avons souligné combien les « indices » qui incriminent l’APR manquaient de sérieux (à moins de considérer les cadres militaires rebelles comme étant exclusivement des naïfs incompétents). Cet axiome fonctionne dans les deux sens : ceux qui ont organisé l’attentat contre le président Juvénal Habyarimana n’étaient pas non plus des idiots. En témoigne notamment leur capacité à brouiller les pistes. Dès lors, même en admettant qu’ils en disposent, l’usage de Mistral aurait été, au mieux, peu avisé. À l’inverse, le SA-16 s’achète relativement aisément, les hommes sans scrupule capables de les manier ne sont pas rares. Et surtout, cela s’inscrit dans le plan de faire porter le chapeau à l’APR… Plus encore si les missiles de l’attentat ont été précédemment capturés à l’ennemi.

Compétences des personnels qualifiés SA-16 au sein de l’APR

Terminons par un aspect du problème qui n’a encore jamais été abordé : le degré de qualification des combattants de l’APR au tir de SA-16. Dans l’esprit du profane, missile guidé = coup au but à 100 %. C’est totalement faux. La qualité technologique, les performances, varient d’une arme à une autre. Mais, plus important encore, il y a les compétences et l’expérience de ceux qui s’en servent. Truisme qu’il convient de souligner : un tireur Mistral peu qualifié et inexpérimenté sera moins bon qu’un tireur SA-16 qualifié et expérimenté… À partir de là, remarquons qu’en matière de défense sol-air, les troupes de l’APR se révèlent médiocres. Certes un ou deux aéronefs gouvernementaux rwandais sont abattus. Toutefois, dans les deux cas (voire un seul), il s’agit d’appareils extrêmement vulnérables aux SATCP car notamment lents. Le « tableau de chasse » de l’APR n’est donc pas exceptionnel si on le met en parallèle avec les « au moins » sept tubes de missiles tirés dans la zone de l’Akagera en 1991 pour aucun appareil abattu.

Par ailleurs, est signalé (et rapporté par la CIA) que le 30 juin 1994, des « SA-7″ (du moins identifiés comme tels) sont tirés par l’APR contre des avions commerciaux à plus de 15 000 pieds au-dessus de Kigali (c’est à dire, dans l’enveloppe de tir du SA-16), par chance sans en atteindre aucun. La branche armée du FPR craint alors que la France ne s’empare de l’aéroport de la capitale. Au bout du compte, en quatre ans, l’APR tire (au minimum) une dizaine de SATCP pour un ou deux coups au but, soit un taux de réussite qui va de 10 % à 20 %… On peut concéder que les statistiques seules ne suffisent pas à rendre compte de l’efficacité (ou de l’inefficacité) d’une entité combattante (État ou guérilla). Néanmoins, elles peuvent donner des indications intéressantes. C’est le cas ici. Un tir de nuit, dans les conditions de stress induites par la nature de l’opération, exige des combattants capables de beaucoup plus que des combattants avec un taux de toucher de 10 à 20 % (au mieux)…

Ceux qui ont tiré les SA-16 au soir du 6 avril 1994 n’étaient pas des amateurs.

Les « professionnels » n’ignorent pas que pour optimiser les chances de succès avec un SA-7 ou un SA-14 (voire un SA-16), il vaut mieux tirer simultanément ou en léger décalage plusieurs de ces engins. Les chances de toucher augmentent mathématiquement tandis que l’espace dans lequel évolue l’avion est « saturé » par les missiles, gênant d’autant plus les manœuvres du pilote qui tente de se dérober (surtout si l’avion n’est pas muni de dispositifs lance-leurres thermiques). Plusieurs missiles qui touchent augmentant aussi les dommages structurels causés à la cible (un seul impact de SATCP n’est pas systématiquement destructeur, en particulier contre des avions robustes ou d’une grande envergure et multiréacteurs/multimoteurs).

Ceux qui ont tiré les SA-16 au soir du 6 avril 1994 n’étaient pas des amateurs. Ils avaient davantage que quelques heures d’instruction basique sur ce système d’arme. Ils en connaissaient les atouts et les faiblesses, ils savaient comment l’optimiser. Mercenaires occidentaux, des pays de l’Est, sud-africains, israéliens à n’en pas douter. Mercenaires armés de deux SATCP SA-16 comme nous venons de l’expliquer. Quant aux commanditaires, ce premier chapitre sur l’histoire du génocide démontre qu’il ne s’agit pas de l’APR.

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RDC: Lettre ouverte d’ Honoré Ngbanda Nzambo au président Yoweri Kaguta Museveni

Posté par Adolphe Habimana le 30 janvier 2013

http://www.veritasinfo.fr/article-rdc-lettre-ouverte-d-honore-ngbanda-nzambo-au-president-yoweri-kaguta-museveni-114835170.html

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RDC: Kagame et Museveni, deux bras droits du M23

Posté par Adolphe Habimana le 3 décembre 2012

 

Soldat du M23, le 17 octobre, aux environs de Goma. Soldat du M23, le 17 octobre, aux environs de Goma. © AFP

Le Rwanda et l’Ouganda ont à nouveau été accusés de soutenir les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) en RDC. Dans une lettre datée du 26 novembre, le comité d’experts de l’ONU détaille les soutiens que Kampala et surtout Kigali auraient apportés au M23 : armes, équipements mais également troupes en territoire congolais. Selon le document, dévoilé par le « New-York Times », l’offensive de Goma aurait même été en partie commandée par des officiers de l’armée rwandaise.

Datée du 26 novembre, la lettre, émanant du coordinateur du groupe d’experts sur la RDC ne pourrait être plus claire. Selon celle-ci, « le gouvernement du Rwanda, avec le support d’alliés au sein du gouvernement ougandais, a créé, équipé, entraîné, conseillé, renforcé et directement commandé la rébellion du M23 ». Pour les experts des Nations unies, la récente offensive sur Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, a même « fortement accrédité cette conclusion ».

S’appuyant sur des témoignages d’anciens officiers des armées rwandaise et congolaise, le groupe d’experts affirme ainsi : « Quand le M23 a débuté son offensive sur Goma, il a bénéficié du support direct de l’armée rwandaise », notamment dans des combats « aux abords du village de Kibumba », le 17 novembre. Selon le document, environ 1 000 soldats rwandais, entrés en RDC par le poste-frontière de Kabuhanga, auraient assisté le M23 dans son attaque. « Les FARDC ont tué plus de 40 rebelles et soldats rwandais, la plupart d’entre eux portant des uniformes et des armes utilisés par l’armée rwandaise », ajoutent également les experts.

Commandée depuis Kigali ?

Ces derniers estiment également que, durant l’offensive vers Goma, l’équipement du M23 était en partie d’origine rwandaise. Ainsi, le document mentionne des mortiers de 120 millimètres que le colonel Makenga aurait obtenus grâce à des réseaux au Rwanda et en Ouganda.

Le commandement de l’offensive aurait même, selon les témoignages recueillis auprès d’anciens officiers rwandais, d’actuels gradés congolais et des membres du gouvernement de Kinshasa, été partagé entre le M23 et l’armée rwandaise. L’opération aurait en effet été dirigée par le colonel Makenga (M23) et le général rwandais Emmanuel Ruvusha. Celui-ci se serait personnellement rendu en RDC afin de surveiller le déroulement des ordres donnés en haut lieu par les généraux Kabarebe, Nziza et Kayonga depuis Kigali.

« Fausses allégations »

Le Rwanda a toujours fermement nié tout soutien à la rébellion du M23, accusant notamment le groupe d’experts de l’ONU d’hostilité vis-à-vis de son gouvernement. « Les fausses allégations politiquement motivées contre le Rwanda servent les intérêts de ceux qui préfèrent ignorer leurs responsabilités et ne pas affronter les problèmes de gouvernance et de sécurité qui affligent la RDC depuis des décennies », avait ainsi réagi, Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des Affaires étrangères, alors qu’un précédent rapport, de même teneur, était rendu public en pleine attaque de Goma.

La pression diplomatique ne fait toutefois que s’accentuer sur le gouvernement rwandais. La Belgique puis la Grande-Bretagne ont ainsi successivement suspendu leurs aides à destination du Rwanda, espérant pousser le pays à arrêter tout soutien au M23 et à favoriser les négociations en cours à Kampala.

> Lire ici le document du groupe d’experts de l’ONU sur la RDC.

RDC: Kagame et Museveni, deux bras droits du M23 dans ACTUALITE

Par Mathieu Olivier (@MathieuOlivier)

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : RDC : selon le groupe d’experts de l’ONU, l’offensive du M23 contre Goma était pilotée par le Rwanda | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique

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